Wolfgang Schmidt pour Vitsœ
La bonne nouvelle de la semaine vient de chez Apple, c’est la reprise en main de l’interface utilisateur par Jonathan Ive. Pour les gens qui comme moi passent des heures face au système d’exploitation du Mac, la nouvelle est d’importance.
Scott Forstall, son prédécesseur à ce poste, n’était pas pour rien dans la vague de skeuomorphisme qui engloutissait mon écran, depuis le simple reflet idiot sur les icônes jusqu’aux fenêtres en cuir pleine fleur, en passant par les papiers déchirés.
Un choix esthétique à l’exact opposé de celui appliqué aux machines (signé Ive, donc) qui tend vers l’ascèse et la simplicité.
Reprenant le travail de Dieter Rams là où Braun l’avait laissé à la fin des années 1990, Jonathan Ive a su l’adapter à Apple et à le faire évoluer avec le monde contemporain, en dessinant des objets calmes et peu envahissants.
Alors si cette réorganisation de l’organigramme permettait que cette évolution s’étende à l’interface graphique de mon ordinateur, ou pour le dire autrement, qu’Apple trouve son Wolfgang Schmidt, alors je serais bien content.

PS: La mauvaise nouvelle de la semaine c’est que Disney va
poursuivre l’exploitation de La guerre des étoiles, mais c’est
un autre sujet…

réflexion

halo click
Samedi matin en fouillant parmi les chiffons des brocanteurs, j’ai emporté cette lampe d’Ettore Sottssas pour 5 €.
Je n’ai pas marchandé mais réclamé en plus une boîte Polaroïd de la fin des années 50 - vide mais dessinée par Paul Giambara.

Cette lampe faisait partie d’une petite gamme (3 modèles, 4 coloris) d’halogènes dessinées pour Philips en 1988.
Vendues uniquement aux Pays-Bas, ces lampes furent conçues de manière à être peu coûteuses (le même système électrique à la base, pour simplifier la production et en réduire les coûts).
En bref, un objet (discrètement) signé d’un designer très connu, mais accessible au plus grand nombre de bourses.
Il est amusant/agaçant de noter qu’aujourd’hui ces lampes sont vendues principalement en salles des ventes ou auprès d’antiquaires qui vous garantissent un bel investissement.
Le prix n’est communiqué que sur demande - ou comment la bourgeoisie s’accapare un patrimoine qui ne lui était pas destiné.
À la limite mais vraiment à la limite, on peut arguer de la rareté de l’objet (petite série, petit marché) associée au prestige de son auteur, qui font que forcément à un moment donné on arrive à cette trahison du geste initial.

Mais il y a pire: que penser des prix aberrants auxquels sont aujourd’hui vendus les meubles conçus par Jean Prouvé ou Charles et Ray Eames?
Je ne parle plus maintenant d’objets rares, anciens, mais d’articles régulièrement réédités et disponibles dans des magasins tout autour du globe.
Les recherches de Prouvé autour de l’industrialisation du mobilier avaient comme but d’équiper facilement et économiquement les familles modestes de l’après-guerre, les étudiants, etc.
La logique de création et d’innovation des Eames était davantage tournée vers une consommation de masse, mais là encore, précisément, nombre de ces meubles étaient conçus pour être accessibles à un large pan de la société américaine.
On peut se demander quelles sont les forces qui motivent aujourd’hui l’attrait des CSP++ pour ces objets dont les valeurs de simplicité, de pauvreté des matériaux, sont à priori si éloignés de leurs univers et qui, par ricochet, en maintiennent à distance les destinataires originaux.
Probablement ces mêmes forces mystérieuses permettent-elles à certaines marques de vendre très cher des produits conçus précisément pour être peu coûteux à la fabrication (peu d’éléments, des matériaux courants).

Mais il y a un espoir: aujourd’hui les plans des meubles dessinés par ces progressistes illustres sont tombés dans le domaine public.
Ils sont donc fabriqués et diffusés à des prix parfois plus proche de ceux d’Ikéa que de ceux des antiquaires - au grand dam des héritiers et autres ayants-droits.
Vous pouvez donc à nouveau meubler votre PME avec des chaises DSW à un prix correct.

Sinon le marchand avait aussi une intégrale d’Agatha Christie dans de magnifiques couvertures de Pierre Faucheux, mais v’là l’engin!
Ça aurait pris une place folle sur mes étagères, ça n’est pas à moi d’acheter ça mais à plutôt à un conservateur de musée, pendant qu’il est encore temps.
Allez, il les aura peut-être encore samedi prochain…
taro gomi est au moins devin
Si ce n’est météorologue. Voilà exactement ce que je vois de ma fenêtre. Ce type est très fort.

réflexion

SEE ROCK CITY today
Rock city est une attraction naturelle, un genre de grosse falaise dans les terres de Georgie (aux États-Unis), surtout intéressante pour la pub réalisée sur les granges le long des routes par Clark Byers (1915-2004).
Le plan était de proposer aux propriétaires desdites granges un coup de peinture gratuit et des petits souvenirs.
C.B. a ainsi peint à main levée plus de 900 bâtisses, adaptant message et typographie à la forme du bâtiment.
Aujourd’hui les produits dérivés Rock City représentent des cabanes couvertes du fameux slogan: le medium a dépassé le message!

réflexion

sous-titre
Pourquoi, pourquoi, pourquoi?

réflexion

Click to enlarge.


death of the future
D’après le texte After the end of music de Mark Fischer, paru dans Under/current n°3.
1 2 3 4