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  <title>Le blog de Loïc</title>
  <description><![CDATA[—  Chaque jour, la vie passionnante de votre serviteur]]></description>
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  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-10-07T12:10:12+02:00</dc:date>
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   <title>de l’innocence à l’expérience: dernier jour</title>
   <pubDate>Sat, 08 Sep 2018 16:50:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Loïc Boyer</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[action]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
        <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.limprimante.com/Boyer/photo/art/default/25303130-26653831.jpg?v=1536423370" alt="de l’innocence à l’expérience: dernier jour" title="de l’innocence à l’expérience: dernier jour" />
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      Tout a une fin et le FLAI 2018 n’échappe pas à la règle. Le matin de ce dernier jour a été à nouveau consacré aux ateliers et j’ai pu raconter mes histoires de l’album jeunesse français à de nouveaux groupes d’élèves, toujours secondé par l’indispensable Raquel.       <br />
              <br />
       Après le déjeuner (jarret de porc braisé - pas le souvenir d’avoir eu de légumes) nous avons pu entendre la conférence de la bibliothécaire Angelina Delgado qui nous a parlé de ses expériences dans les camps de migrants dans divers pays d’Europe où elle va depuis 2015 pour monter des bibliothèques et lire des albums aux enfants.       <br />
       Car évidemment les choses ne sont pas simples dans ce genre de situation où les enfants ont a priori plus besoin d’avoir chaud la nuit que d’histoires, j’ai bien écrit a priori.       <br />
       Forte de son expérience elle a également formé des gens qui souhaitaient pratiquer ce genre d’intervention mais qui se posent beaucoup de questions au sujet du type de livre à proposer, qui s’interdisaient certains ouvrages. Son travail consiste alors à rassurer ces médiateurs (dont une femme qui ne lisait même pas <span style="font-style:italic">Max et les Maximonstres</span> à son fils parce qu’elle craignait de l’effrayer — en 2018, amazing!). Bref, un éclairage très intéressant sur un rôle peu connu des albums que certains d’entre nous côtoyons quotidiennement.       <br />
              <br />
       Et puisqu’il a fallu conclure, tout le monde s’est réuni dans la salle de conférences pour faire un genre de bilan où l’émotion était à son comble, comme on dit, mais où personne n’a pleuré. On m’a rapporté qu’après la remise des diplômes une participante est allé remercier Ellen en souriant et a enchainé avec ces mots «…et maintenant je vais pleurer». ce qu’elle fit aussitôt.       <br />
              <br />
       Pour nous remettre de nos émotions nous avons décidés de boire du champagne sur la terrasse de l’hôtel (vous savez les petites bouteilles offertes le premier jour…) en petit comité, ce qui a été l’occasion pour Nell Leyshon de me renommer <span style="font-style:italic">Loïc the French Bastard</span>, avec beaucoup d’affection mais à mon grand étonnement tout de même, avant que je comprenne, ou plutôt que je me souvienne, que les Anglais gardent une certaine aversion assez comique pour notre peuple hexagonal. J’avais oublié ça. Je n’ai rien dit sur le Brexit, car après tout ne suis-je pas un gentleman?       <br />
              <br />
       Retour au restau de la veille où nous avons pris possession de toutes les tables à l'exception de celle de deux jeunes tourtereaux absolument noyés par l’exubérance orale des participants à cette fin de FLAI. Le jeune homme dit alors à sa compagne que ce qu’il avait à lui annoncer ne pouvait l’être dans un tel contexte et qu’ils iraient ensuite boire un verre dans un bar un peu plus bas dans la rue pour retrouver un peu d’intimité. Ce que ce malheureux ignorait c’est que nous avions prévu de faire la <span style="font-style:italic">Fiesta fin de curso</span> dans ce même bar.       <br />
       Ceci dit, il était déjà 23 heures que nous finissions à peine nos trois entrées…       <br />
              <br />
       Enfin, vous l’aurez compris je crois, le FLAI c’est génial et s’il y a des hispanophones parmi vous qui s’intéressent aux rapports entre art, philosophie et littérature pour enfants, il faut absolument participer à ce cours annuel, d’autant que grâce l’aide de la Province de Teruel, il est proposé à quelques dizaines d’euros, hébergement et couvert inclus.       <br />
       Je mets ici le lien <a class="link" href="https://www.flaialbarracin.com">flaialbarracin.com</a> et salue bien bas Ellen Duthie, Daniela Martagón et Raquel Martínez Uña.
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   </description>
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   <link>https://www.limprimante.com/Boyer/de-l-innocence-a-l-experience-dernier-jour_a302.html</link>
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   <title>de l’innocence à l’expérience: troisième jour</title>
   <pubDate>Fri, 10 Aug 2018 10:00:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Loïc donc</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[action]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
        <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.limprimante.com/Boyer/photo/art/default/24461401-26289592.jpg?v=1533894056" alt="de l’innocence à l’expérience: troisième jour" title="de l’innocence à l’expérience: troisième jour" />
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      Nell Leyshon ayant repris des forces, c’est donc elle qui va ouvrir la journée. Sa conférence est plutôt une performance: elle dit son texte dans une semi-obscurité, évoquant la petite fille de Glastonbury qu’elle fut, celle qui grandit entre le Roi Arthur et Joseph d’Arimathie. La manière dont cette enfant fut perdue puis retrouvée par celle qu’elle est devenue fut magistralement narrée par cette autrice qui ne manque pas de prix littéraires (un seul texte traduit en français mais aussitôt primé ici aussi).       <br />
              <br />
       Pour nous remettre de nos émotions le bâtiment historique qui nous accueille pour l’ensemble de nos travaux révèle une nouvelle surprise: un bar creusé dans la falaise attenant à une nouvelle série de terrasses arborées, en aplomb de la rivière. Pendant ce temps, dans le ciel d’Albarracín des oiseaux qui ressemblent à de petites corneilles laissent éclater leur plaisir d’être en vie en jouant contre le vent.       <br />
              <br />
       Retour à la salle de conférence, cette fois c’est Lucas Ramada, chercheur à l’université de Barcelone qui nous entretient des fictions numériques pour les enfants, exemples à l’appui. La narration passe souvent par le jeu et ce qui en découle est qu’il faut avoir la même exigence lorsqu’on achète un jeu vidéo que celle que l’on peut avoir quand il s’agit d’acheter de la littérature, car il y a au moins la même diversité et le même écart qualitatif. Mais les propositions réellement intéressantes dans le domaine numérique ayant simplement plus de mal à se faire connaître face à certaines productions qui ne font que stimuler l’habileté digitale (au sens premier du terme).       <br />
              <br />
       Alors que quatorze heures sonnent, arrive le moment du passage à table, pendant lequel la sagesse recommande de ne plus s’étonner de rien. Après la traditionnelle salade composée collective qui ouvre tous les repas, nous avons été servi d’une délicieuse assiette de spaghettis au champignons. Sitôt ce plat débarrassé le voilà remplacé par une nouvelle assiette, pleine d’un gros morceau de poisson blanc seulement accompagné d’une cuiller de coulis de tomate car les pâtes n’étaient en réalité qu’une entrée. Bref, après le dessert la plupart des convives verse le plus naturellement du monde sa tasse de café dans un grand verre plein d’énormes glaçons avant de le boire…       <br />
              <br />
       À seize heures trente et jusqu’à vingt heures commencent alors les ateliers, par petits groupes tournants, ce qui fait que chacun des quatre intervenants répètera ce moment quatre fois entre ce jour et le lendemain.       <br />
       J’ai intitulé le mien <span style="font-style:italic">¿Quién está al otro lado de la página?</span> Encore assisté de la précieuse Raquel pour la traduction, je vais esquisser un panorama historique de l’édition française pour la jeunesse dans la première moitié du XXe siècle pour ensuite m’attarder sur des albums décisifs des années 1968 et suivantes. Le fil rouge restant les contradictions entre les acteurs rattachés à l’innocence (illustrateurs, auteurs) et ceux qui se placent du côté de l’expérience (éditeurs).       <br />
       M’appuyant sur la valise de livres que j’ai transportée avec moi ainsi que sur certains titres de la collection de Raquel, je détaille les différentes approches formelles, lis quelques extraits, compare les versions d’un même album et saupoudre l’ensemble d’anecdotes.       <br />
              <br />
       Après un passage dans un autre restaurant «Non mais celui-là est vraiment bon, tu verras.» où je mesure 78 décibels à table, une nouvelle projection est organisée Plaza Mayor: une sélection de dessins de William Steig relatifs à l’enfance, des photographies, des autoportraits d’enfants. Tout ça fait que je ne me couche guère tôt mais avec la petite sieste d’après déjeuner ça va très bien. On dirait que je commence à me faire à cette vie, qu’elle me plait, même.       <br />
              <br />
       PS: Les photographies sont toujours du grand Rubén Vicente.
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   <title>de l’innocence à l’expérience: deuxième jour</title>
   <pubDate>Thu, 09 Aug 2018 12:55:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Loïc donc</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[action]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
        <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.limprimante.com/Boyer/photo/art/default/24432553-26275446.jpg?v=1533807013" alt="de l’innocence à l’expérience: deuxième jour" title="de l’innocence à l’expérience: deuxième jour" />
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      Cette journée commence avec un petit déjeuner traditionnel: tomates sur du pain arrosé d’huile d’olive (comme il y avait des croissants j’en ai pris aussi, il ne s’agissait pas d’être totalement désorienté).       <br />
       Après ça j’ai retrouvé Raquel qui, en plus d’être l’une des trois organisatrices de l’évènement, sera ma traductrice pendant ces journées, moi j’ai fait allemand deuxième langue. De fait nous travaillons sur la terrasse de l’hôtel à la mise au point de ma conférence du lendemain qu’elle a déjà traduite mais il reste toujours des éléments à préciser, des images à caler comme il faut.       <br />
       Parlant d’images, je précise qu’à partir de ce billet, toutes les photographies que vous verrez sont de Rubén Vicente, l’excellent photographe officiel de la Fundación.       <br />
              <br />
       Le déjeuner sera l’occasion de retrouver Nell Leyson qui doit intervenir en fin d’après-midi. Elle est accompagnée de son compagnon Dominic, peintre de son état «I don’t paint landscapes. Too difficult.», je n’en saurai pas plus.       <br />
       Après la sieste le FLAI 2018 va pouvoir commencer et à 17h30, après quelques présentations d’usage, Ellen Duthie va ouvrir les conférences en expliquant les raisons qui les ont poussées, elle est ses deux camarades, à choisir comme thème <span style="font-style:italic">¿De la inocencia a la experiencia?</span> en lien bien sûr avec William Blake mais également avec Maurice Sendak, après tout n’est-elle pas la traductrice en espagnol de <span style="font-style:italic">Quand Papa était loin</span>?       <br />
       La pause qui suit est l’occasion de découvrir la librairie éphémère où j’achète précisément deux volumes de textes illustrés de William Blake.       <br />
              <br />
       Lorsque soudain, patatras, Nell étant tombée fort malade à cette heure, nous prenons la décision d’intervertir nos interventions — puisqu’après tout la mienne est prête depuis le matin — et c’est parti pour une heure et demie à raconter le contexte social, éditorial de mai 68 et leurs heureuses conséquences sur l’édition pour la jeunesse française. Très intéressant exercice de s’adresser à des gens qui n’ont pas la culture de l’album français.       <br />
              <br />
       Le public — les élèves devrais-je écrire — est très chaleureux, enthousiaste au point que les techniciens, ne croyant pas être entendus, s’interrogent, se demandent pourquoi tous ces gens sont-ils si gentils?       <br />
       Une anecdote qui enrichira la conversation anglo-franco-espagnole du dîner durant lequel je note que décidément ces gens gardent à l’endroit des légumes une certaine rancune dont j’ignore l’origine et que les entrées viennent par trois, successivement mais systématiquement. Ceci dit les glaces sont bonnes.       <br />
              <br />
       Vers 23 heures est prévue une rencontre entre tous les participants sur la Plaza Mayor, c’est habituellement l’heure ou je me couche mais en Espagne fais comme les Espagnols et j’assiste à ce raout où se mêlent des gens de tous âges alors que commencent les projections qu’accompagne une excellente bande-son discoïde. Je découvre alors une autre particularité hispanique: passez un peu de musique, qu’elle soit triste ou gaie, les citoyens vont immédiatement bouger; jamais d’écoute statique, distante ou réservée et d’ailleurs le terme de distance s’applique assez peu aux relations humaines avec des gens qui posent la main sur toi en souriant dès qu’il le peuvent. En France je trouverais ça déplacé, ici c’est parfait! Vamos a bailar!       <br />
       
     </div>
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   <title>de l’innocence à l’expérience: premier jour</title>
   <pubDate>Tue, 31 Jul 2018 12:14:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Loïc Boyer</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[action]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
        <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.limprimante.com/Boyer/photo/art/default/24168174-26109568.jpg?v=1533040629" alt="de l’innocence à l’expérience: premier jour" title="de l’innocence à l’expérience: premier jour" />
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      Il faut que je vous raconte ces premiers jours de juillet dans les montagnes de l’Aragon où se tenait la deuxième édition du FLAI. Le FLAI est un cours international qui dure trois jours et porte sur la philosophie, la littérature, l’art et l’enfance. Il est organisé par <a class="link" href="http://www.ellenduthie.com">Ellen Duthie</a>, <a class="link" href="http://www.danielamartagon.com">Daniela Martagón</a> et <a class="link" href="http://billardeletras.com/raquel-martinez-una">Raquel Martínez Uña</a>, par ailleurs éditrices du projet <a class="link" href="http://www.wonderponderonline.com">Wonder Ponder</a>.       <br />
       À chaque édition du cours quatre personnes sont invitées à donner une conférence ainsi qu’une série d’ateliers et, vous vous en doutez, cette année j’étais du lot, aux côtés de la bibliothécaire Angelina Delgado, la femme de lettres <a class="link" href="https://www.nellleyshon.com">Nell Leyshon</a> et le chercheur <a class="link" href="http://www.gretel.cat/es/miembros/lucas-ramada/">Lucas Ramada</a>.       <br />
       Très impressionné par la quantité de choses que les organisatrices savaient de mes activités (alors que parfois moi-même…)! Elles souhaitaient que je fasse découvrir à leurs élèves la révolution éditoriale pour la jeunesse qui s’est produite en France dans le contexte de 1968, tout en sachant que le peuple Espagnol a une vision assez lointaine de ces évènements, étant lui-même fort occupé par une dictature depuis les années 1930.       <br />
              <br />
       Bref, après un train, un RER, un avion et un taxi, j’ai été accueilli par mes hôtesses dans l’incroyable village médiéval d’Albarracín, chargé d’un petit sac à dos contenant mes effets personnels et dix kilos de livres dans une valise à roulettes. Accueilli comme un prince dois-je dire, avec du champagne et une chambre d’hôtel qui surplombe la vallée et fait face aux montagnes d’un côté, au village de l’autre, avec vue sur la muraille construite par les Arabes.       <br />
       Avant le dîner prévu dans l’un des nombreux restaurants familiaux, je suis sorti dessiner sous le soleil et…       <br />
       Comment? Quels livres? Ces dix kilos, c’était quoi? Haha, j’y viens, j’y viens, ça sera pour un prochain billet…
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