Le Journal de Michel Perdrial
Le Journal de Michel Perdrial



Loïc Boyer
Je suis l’auteur de textes courts qui furent publiés depuis mil neuf cent quatre-vingt-quinze dans des revues littéraires en France (Supérieur Inconnu, Supplément d’Ame, Nouvelle Donne, Le Bord de l’Eau, Pris de Peur, l’Art du Bref, Sol’Air, Gros Textes, Salmigondis, Verso, Décharge, Bulle, Filigranes, Diérèse, Martobre, Comme ça et Autrement, (Cahier d’) Ecritures, La Nef des Fous), en Belgique (Traversées, Ecrits Vains, L’Arbre à Plumes, Inédit Nouveau, Bleu d’Encre), au Canada (Les Saisons Littéraires) et en Italie (Les Cahiers du Ru).
Les courageuses Editions du Chardon ont publié en mil neuf cent quatre-vingt-dix-neuf Erotica, un recueil de vingt-huit de ces textes, illustré par Isabelle Pio et Antoine Lopez et préfacé par Sarane Alexandrian, toujours disponible auprès de moi.
Je suis également l’auteur d’une pièce de théâtre et de plusieurs romans ou récits à ce jour inédits.
Depuis le onze novembre deux mille six, je publie mon Journal via Internet, un temps sous-titré Persiflages, moquages et autres énervages mâtinés de complimentages et de contentages. Sa première partie est lisible chez Eklablog, la deuxième ici.
Je vis au centre de Rouen dans un ancien monastère où autrefois les Sœurs de la Miséricorde se vouaient à l’éducation des jeunes filles.







Rss

En lisant Correspondance (1944-1959) d’Albert Camus et Maria Casarès (trois)

8 février 2019


Suite et fin des notes prises lors de ma lecture de la Correspondance (1944-1959) d’Albert Camus et Maria Casarès (Gallimard), en commençant par un post-scriptum qui montre qu’un problème présenté comme actuel se posait déjà il y a soixante ans :
PS – Léone, à la place de Gilles Quéant malade, fait une enquête sur les dangers ou les problèmes posés par la multiplication des festivals en France.  Maria Casarès à Albert Camus, dimanche de Pâques six avril mil neuf cent cinquante-huit
Quant aux flics, c’est comme les escargots sous la pluie, ils pullulent, faut voir, et le pire, c’est la mitraillette antédiluvienne qu’ils serrent contre leur ventre, avec des airs de délice et de peur. Chaque fois que je tourne la rue de Varennes direction Vanneau, il y en a un qui me pointe sa seringue au nombril. Et tu sais comme c’est fragile ces instruments-là, avec une gâchette toute huilée et comme défaillante, qui s’effondre à la moindre brise, et immédiatement, c’est l’arrosage, bref, je prends un air sévère et je menace le flic du doigt, mais rien n’y fait, 
L’autre jour le père Char, soupe au lait comme toujours, a morigéné le même. « Dites donc, jeune homme, a-t-il dit, j’ai manié ces trombones avant vous. Rengainez-moi ça, c’est dangereux. » L’autre a rengainé et le père Char a propagé ses cent dix kilos sans regarder le coupable. (C’est le moment du référendum sur la constitution de la Cinquième République)
(…)
A propos, garde ça pour toi,, mais ton ami Gérard dont le parti avait fait la publicité sur les murs de Paris (votez non comme Gérard Philipe) je l’ai rencontré le jour du vote à la mairie du VIe : il avait oublié de se faire inscrire. Ça s’est passé devant moi et il se tortillait, tout gêné, à côté de son affreuse (bon Dieu qu’elle est laide !) –Ah ! les frivoles ! Albert Camus à Maria Casarès, samedi quatre octobre mil neuf cent cinquante-huit
Enfin, cet extrait qui montre la fascination de Camus pour la vitesse en automobile :
Quant à la méditation et aux projets, ils se sont succédé à cent vingt kilomètres à l’heure, à la même vitesse à laquelle nous avalions les platanes du bord de la route. Albert Camus à Maria Casarès, le soir du trente juin mil neuf cent cinquante-neuf
Et la dernière lettre, prémonitoire :
Bon. Dernière lettre. Juste pour te dire que j’arrive mardi, par la route, remontant avec les Gallimard lundi… Albert Camus à Maria Casarès, trente décembre mil neuf cent cinquante-neuf. Albert Camus sera tué sur le coup dans l’accident de la voiture de Michel Gallimard le quatre janvier mil neuf cent soixante à Villeblevin, près de Montereau (Yonne). Michel Gallimard mourra à l’hôpital cinq jours plus tard.
                                                              *
Je ne relirai pas les mille trois cents pages de la Correspondance (1944-1959) d’Albert Camus et Maria Casarès (Gallimard), Un lycéen la cherchant, elle deviendra sienne ce dimanche.