Le Journal de Michel Perdrial
Le Journal de Michel Perdrial



Loïc Boyer
Je suis l’auteur de textes courts qui furent publiés depuis mil neuf cent quatre-vingt-quinze dans des revues littéraires en France (Supérieur Inconnu, Supplément d’Ame, Nouvelle Donne, Le Bord de l’Eau, Pris de Peur, l’Art du Bref, Sol’Air, Gros Textes, Salmigondis, Verso, Décharge, Bulle, Filigranes, Diérèse, Martobre, Comme ça et Autrement, (Cahier d’) Ecritures, La Nef des Fous), en Belgique (Traversées, Ecrits Vains, L’Arbre à Plumes, Inédit Nouveau, Bleu d’Encre), au Canada (Les Saisons Littéraires) et en Italie (Les Cahiers du Ru).
Les courageuses Editions du Chardon ont publié en mil neuf cent quatre-vingt-dix-neuf Erotica, un recueil de vingt-huit de ces textes, illustré par Isabelle Pio et Antoine Lopez et préfacé par Sarane Alexandrian, toujours disponible auprès de moi.
Je suis également l’auteur d’une pièce de théâtre et de plusieurs romans ou récits à ce jour inédits.
Depuis le onze novembre deux mille six, je publie mon Journal via Internet, un temps sous-titré Persiflages, moquages et autres énervages mâtinés de complimentages et de contentages. Sa première partie est lisible chez Eklablog, la deuxième ici.
Je vis au centre de Rouen dans un ancien monastère où autrefois les Sœurs de la Miséricorde se vouaient à l’éducation des jeunes filles.







Rss

En lisant Correspondance Henri Calet Raymond Guérin (trois)

2 avril 2019


Les années cinquante ne sont pas plus favorables aux deux hommes. Cette fois, c’est la maladie. Le grand Guérin mourra le premier le douze septembre mil neuf cent cinquante-cinq à cinquante ans. Le petit Calet suivra le quatorze juillet mil neuf cent cinquante-six à cinquante-deux ans.
Au mois de septembre, j’ai été frappé par la maladie : le cœur, les artères. Et depuis lors, je vis à un nouveau régime. Ce n’est d’ailleurs pas vivre. Je vais d’un médecin à l’autre, sans beaucoup d'espoir de guérison. Puis Marthe est revenue à Paris (elle repart pour New York dans quelques jours). Puis, ma mère a été longuement et terriblement malade. Elle est morte à l’hôpital Beaujon il n’y a pas dix jours. Nous l’avons enterrée la veille de Noël. Et hier, mon père s’est fait renverser par un camion. Rien de grave. Il est cependant à l’hôpital. Voilà, en gros, les nouvelles. Henri Calet à Raymond Guérin, Paris, le premier janvier mil neuf cent cinquante-quatre
Cher Ami, j’allais justement vous écrire, ayant appris par les journaux la mort de votre mère, quand j’ai reçu votre lettre. Raymond Guérin à Henri Calet, Bordeaux, le six janvier mil neuf cent cinquante-quatre
Qu’est-ce que j’apprends – bien tardivement ? Que vous êtes « assez gravement malade ». Est-ce vrai ? Henri Calet à Raymond Guérin, le neuf octobre mil neuf cent cinquante-quatre
C’est Sonia Guérin, femme de Raymond, qui répond à Henri Calet :
Il est malade depuis le 25 juin, est entré en clinique le 19 juillet et y est toujours. Ça a commencé par une pleurésie, qui s’est révélée purulente après quelques jours. (…) Il a fallu faire une lobectomie, c’est à dire l’exérèse du lobe inférieur de son poumon gauche, lobe qui était plein d’abcès et qui était à l’origine de cette suppuration chronique. Le mardi douze octobre mil neuf cent cinquante-quatre
Enfin Henri Calet écrit à Sonia Guérin :
J’ai appris la triste nouvelle, presque par hasard, en lisant un journal. Et ça ne me parait pas croyable. Je viens à vous tout bouleversé ; je vous serre les mains pour vous dire toute mon affection ; je pense à vous, à lui…
Plus tard, si vous le voulez bien, nous reparlerons de lui. Vence, le quatorze septembre mil neuf cent cinquante-cinq
                                                                        *
Mon exemplaire m’a été offert par mes Super Points Rakuten. Je suis allé le chercher un matin à la station-service Avia, place Saint-Paul, une véritable expédition pour le piéton que je suis, avec moult détours pour traverser en sécurité le flot des automobiles. D’autres plus pratiques ayant fermé, cet endroit qui sent l’essence est devenu le Point Relais le plus proche de mon domicile,