Le Journal de Michel Perdrial
Le Journal de Michel Perdrial



Loïc Boyer
Je suis l’auteur de textes courts qui furent publiés depuis mil neuf cent quatre-vingt-quinze dans des revues littéraires en France (Supérieur Inconnu, Supplément d’Ame, Nouvelle Donne, Le Bord de l’Eau, Pris de Peur, l’Art du Bref, Sol’Air, Gros Textes, Salmigondis, Verso, Décharge, Bulle, Filigranes, Diérèse, Martobre, Comme ça et Autrement, (Cahier d’) Ecritures, La Nef des Fous), en Belgique (Traversées, Ecrits Vains, L’Arbre à Plumes, Inédit Nouveau, Bleu d’Encre), au Canada (Les Saisons Littéraires) et en Italie (Les Cahiers du Ru).
Les courageuses Editions du Chardon ont publié en mil neuf cent quatre-vingt-dix-neuf Erotica, un recueil de vingt-huit de ces textes, illustré par Isabelle Pio et Antoine Lopez et préfacé par Sarane Alexandrian, toujours disponible auprès de moi.
Je suis également l’auteur d’une pièce de théâtre et de plusieurs romans ou récits à ce jour inédits.
Depuis le onze novembre deux mille six, je publie mon Journal via Internet, un temps sous-titré Persiflages, moquages et autres énervages mâtinés de complimentages et de contentages. Sa première partie est lisible chez Eklablog, la deuxième ici.
Je vis au centre de Rouen dans un ancien monastère où autrefois les Sœurs de la Miséricorde se vouaient à l’éducation des jeunes filles.







Rss

En lisant Les carnets du coursier, Journal 1990-1999 de Paul Nizon

18 février 2020


Du temps que je lisais des romans j’ai aimé L’Année de l’amour et Stolz de Paul Nizon mais la lecture de son Journal des années mil neuf cent quatre-vingt-dix/quatre-vingt-dix-neuf publié par Actes Sud sous le titre Les Carnets du coursier ne m’a point emballé. Ce pourquoi sitôt lu déjà vendu. Avant son départ, je prends note du seul passage ayant retenu mon attention.
Il concerne les Etats-Unis où vit l’un des fils de l’écrivain :
On est à Portland, Oregon, USA, et en même temps au fin fond de la province ou dans un cloître universitaire. et à la périphérie de la ville, comme dans un no man’s land, voilà qu’on tombe sur des boîtes à strip-tease immenses où, autour de cinq bars à la fois, suant dans leur maillot de corps, des barbares, des pionniers – je parierais pour des camionneurs – éclusent leurs bières en regardant des gamines à poil d’une beauté vraiment inouïe, qui non seulement dansent, mais s’étalent sur le comptoir pour servir à ces messieurs toute leur intimité, vagin, sein, cul, trou du cul, à une distance microscopique, ici tu en as vraiment pour ton argent, pour ces dollars que tu allonges de temps en temps sur le comptoir et que les belles danseuses ramassent après coup, c’est-à-dire après chaque tournée ; tout ça d’une asepsie clinique, aussi éloignée de l’érotisme que l’Europe est éloignée de l’Amérique. Je me sentais complètement perdu, enfin, fourvoyé et sidéré. Boris voulait en mettre plein les yeux à son père. (vingt trois avril mil neuf cent quatre-vingt-quinze)
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Autre ouvrage lu, trouvé dans la boîte à livres du square Verdrel, où la dépose de ce genre d’œuvre est officiellement interdite, L’étreinte, autoédité en mil neuf cent soixante douze, sans nom d’auteur sur la couverture bleue, celui-ci ne figurant qu’en page de titre, une mystérieuse Virginie Prévost.
Petit extrait :
Un rayon de soleil frappa la queue courbée de Louis. Laure se mit à genoux, enlaça les cuisses de son frère, les baisa avec ferveur.
Doucement elle glissa son visage sur le ventre, baisant la peau odorante, progressant lentement vers l’objet de sa convoitise.
Bon celui-là, je le garde.