Le Journal de Michel Perdrial
Le Journal de Michel Perdrial



Loïc Boyer
Je suis l’auteur de textes courts qui furent publiés depuis mil neuf cent quatre-vingt-quinze dans des revues littéraires en France (Supérieur Inconnu, Supplément d’Ame, Nouvelle Donne, Le Bord de l’Eau, Pris de Peur, l’Art du Bref, Sol’Air, Gros Textes, Salmigondis, Verso, Décharge, Bulle, Filigranes, Diérèse, Martobre, Comme ça et Autrement, (Cahier d’) Ecritures, La Nef des Fous), en Belgique (Traversées, Ecrits Vains, L’Arbre à Plumes, Inédit Nouveau, Bleu d’Encre), au Canada (Les Saisons Littéraires) et en Italie (Les Cahiers du Ru).
Les courageuses Editions du Chardon ont publié en mil neuf cent quatre-vingt-dix-neuf Erotica, un recueil de vingt-huit de ces textes, illustré par Isabelle Pio et Antoine Lopez et préfacé par Sarane Alexandrian, toujours disponible auprès de moi.
Je suis également l’auteur d’une pièce de théâtre et de plusieurs romans ou récits à ce jour inédits.
Depuis le onze novembre deux mille six, je publie mon Journal via Internet, un temps sous-titré Persiflages, moquages et autres énervages mâtinés de complimentages et de contentages. Sa première partie est lisible chez Eklablog, la deuxième ici.
Je vis au centre de Rouen dans un ancien monastère où autrefois les Sœurs de la Miséricorde se vouaient à l’éducation des jeunes filles.







Rss

En lisant Lettres de Gertrud Kollmar

30 janvier 2020


Pendant la Première Guerre mondiale, Gertrud fait la connaissance d’un homme et de l’amour – ses parents l’obligent à avorter. Elle se retire, selon l’expression d’Adalbert de Chamisso, dans son fort le plus intérieur ». écrit joliment Hanns Zischler dans sa préface aux Lettres de Gertrud Kollmar.
Ces lettres, envoyées à sa sœur Hilde refugiée en Suisse depuis l’arrivée au pouvoir des nazis, sont publiées chez Christian Bourgois. Je les ai lues dans la collection de poche Titres avant de les trouver pour le même prix (un euro) en édition grand format illustrée par la photo de l’auteure dont voici le résumé de la vie.
Gertrud Chodziesner naît en mil huit cent quatre-vingt-quatorze dans une famille de la grande bourgeoisie juive. Elle a pour cousin Walter Benjamin. Elle publie son premier recueil de poésies en mil neuf cent dix-sept sous le nom de Gertrud Kolmar, puis, après la mort de sa mère en mil neuf cent trente, La Mère juive Ses sœurs et ses frères, émigrés à l’étranger, veulent lui faire quitter l’Allemagne mais elle refuse d’abandonner son père. Il sera déporté en septembre mil neuf cent quarante-deux et elle-même envoyée à Auschwitz en février mil neuf cent quarante-trois.
De ma lecture, ces trois extraits :
Vois-tu, ce travail collectif, c’est quelque chose que je n’ai jamais vraiment pu comprendre. Je pourrais à la rigueur m’imaginer la chose chez des gens de médiocre talent, mais je suis absolument incapable de me figurer la façon dont les frères Goncourt par ex. ont pu travailler ensemble à leurs romans. A Hilde, Berlin, le quinze janvier mil neuf cent quarante
Certes, je me méfie toujours un peu de l’éloge boiteux des amis, mais aucun de nous ne souffre de coquetterie mentale, nous disons franchement quand quelque chose ne nous plaît pas et nous tolérons les objections, ce qui nous préserve de devenir, comme feu le maréchal Lyautey nommait l’état-major français, « une société d’admiration mutuelle ». A Hilde, Berlin, le quatorze juillet mil neuf cent quarante
Oui, je me souviens qu’un jour, à Döberitz, un camarade m’avait dit : « Vous parlez comme Martin Luther. » Parce que j’avais dit : « L’essuie-main est sale outre mesure. » A Hilde, le seize décembre mil neuf cent quarante et un
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Surprise d’apprendre que l’expression « société d’admiration mutuelle » qu’il m’est arrivé d’employer, notamment pour qualifier les artistes plasticiens locaux issus de ce qu’on appelait autrefois l’Ecole des Beaux-Arts, était due à ce militaire.