Le Journal de Michel Perdrial
Le Journal de Michel Perdrial



Loïc Boyer
Je suis l’auteur de textes courts qui furent publiés depuis mil neuf cent quatre-vingt-quinze dans des revues littéraires en France (Supérieur Inconnu, Supplément d’Ame, Nouvelle Donne, Le Bord de l’Eau, Pris de Peur, l’Art du Bref, Sol’Air, Gros Textes, Salmigondis, Verso, Décharge, Bulle, Filigranes, Diérèse, Martobre, Comme ça et Autrement, (Cahier d’) Ecritures, La Nef des Fous), en Belgique (Traversées, Ecrits Vains, L’Arbre à Plumes, Inédit Nouveau, Bleu d’Encre), au Canada (Les Saisons Littéraires) et en Italie (Les Cahiers du Ru).
Les courageuses Editions du Chardon ont publié en mil neuf cent quatre-vingt-dix-neuf Erotica, un recueil de vingt-huit de ces textes, illustré par Isabelle Pio et Antoine Lopez et préfacé par Sarane Alexandrian, toujours disponible auprès de moi.
Je suis également l’auteur d’une pièce de théâtre et de plusieurs romans ou récits à ce jour inédits.
Depuis le onze novembre deux mille six, je publie mon Journal via Internet, un temps sous-titré Persiflages, moquages et autres énervages mâtinés de complimentages et de contentages. Sa première partie est lisible chez Eklablog, la deuxième ici.
Je vis au centre de Rouen dans un ancien monastère où autrefois les Sœurs de la Miséricorde se vouaient à l’éducation des jeunes filles.







Rss

En lisant Shakespeare n’a jamais fait ça de Charles Bukowski (deux)

9 décembre 2019


Au fil de ma lecture dieppoise de Shakespeare n’a jamais fait ça de Charles Bukowski (Points 13e Note Editions), quelques considérations sociologiques ont retenu mon attention :
Le train s’avançait peinard, on voyait se succéder les petits villages et, tout comme en Allemagne, ils avaient l’air curieusement proprets, on aurait dit des trucs sortis d’un conte de fées, avec leurs étroites rues pavées et leurs toits élevés, mais on devinait autre chose : souffrance, luxure, meurtre, folie, trahison, futilité, peur, ennui, faux dieux, viol, ivrognerie, drogue, chiens, chats, enfants, télé, journaux, toilettes bouchées, canaris aveugles, solitude…
Qu’on pense aux millions de gens qui vivent ensemble à contre cœur, qui détestent leur boulot mais craignent de le perdre, pas étonnant qu’ils aient des tronches pareilles. Il est presque impossible de contempler une physionomie ordinaire sans devoir détourner les yeux vers autre chose, une orange, un caillou, une bouteille de térébenthine, le cul d’un chien.
Par la fenêtre, j’ai jeté un œil à l’immeuble d’en face. Des gens se déplaçaient dans des dizaines de bureaux équipés de tables de travail, de téléphones ; ça semblait hyper-sérieux, rassurant, j’étais ravi de ne pas être mêlé au fonctionnement de cet immeuble.
Aucun doute, la vie est insupportable, même si la plupart des gens ont appris à faire mine de rien. De temps en temps il y a un suicide, ou quelqu'un se fait interner, mais en général la foule continue à se comporter comme si tout se passait bien.
                                                                   *
Pas emballé en revanche par les quatre-vingts photos de son ami Michael Montfort que le suit dans ses pérégrinations. Leur intérêt n’est que documentaire. De plus, le papier sur lequel elles sont reproduites n’est pas d’une qualité suffisante.