Le Journal de Michel Perdrial
Le Journal de Michel Perdrial



Loïc Boyer
Je suis l’auteur de textes courts qui furent publiés depuis mil neuf cent quatre-vingt-quinze dans des revues littéraires en France (Supérieur Inconnu, Supplément d’Ame, Nouvelle Donne, Le Bord de l’Eau, Pris de Peur, l’Art du Bref, Sol’Air, Gros Textes, Salmigondis, Verso, Décharge, Bulle, Filigranes, Diérèse, Martobre, Comme ça et Autrement, (Cahier d’) Ecritures, La Nef des Fous), en Belgique (Traversées, Ecrits Vains, L’Arbre à Plumes, Inédit Nouveau, Bleu d’Encre), au Canada (Les Saisons Littéraires) et en Italie (Les Cahiers du Ru).
Les courageuses Editions du Chardon ont publié en mil neuf cent quatre-vingt-dix-neuf Erotica, un recueil de vingt-huit de ces textes, illustré par Isabelle Pio et Antoine Lopez et préfacé par Sarane Alexandrian, toujours disponible auprès de moi.
Je suis également l’auteur d’une pièce de théâtre et de plusieurs romans ou récits à ce jour inédits.
Depuis le onze novembre deux mille six, je publie mon Journal via Internet, un temps sous-titré Persiflages, moquages et autres énervages mâtinés de complimentages et de contentages. Sa première partie est lisible chez Eklablog, la deuxième ici.
Je vis au centre de Rouen dans un ancien monastère où autrefois les Sœurs de la Miséricorde se vouaient à l’éducation des jeunes filles.







Rss

En lisant les Lettres de Maurice Sachs

6 février 2020


Autre indéfendable, Maurice Sachs, dont j’ai lu les Lettres publié en mil neuf cent soixante-huit par les Editions du Bélier. Mon exemplaire, payé dix euros, est sur vélin d’Annonay. Il porte le numéro cent trente-quatre.
Treize septembre mil neuf cent trente-neuf, à madame Alice Bizet (Ma chérie) : Si tu veux tricoter des chaussettes, compte du 42 pour moi, poil de chameau si possible. Hélas, je ne peux envoyer la  laine.
Mil neuf cent quarante-deux, Hambourg, en captivité volontaire, à Maitre Moncorgé : On ne sait pas ce que c’est que d’être ouvrier dans la métallurgie avant d’y avoir passé.
Quatorze janvier mil neuf cent quarante-trois, Hambourg, à Maître Moncorgé : Ce qu’il y a d’inouï ici c’est le quartier des amusements, une rue où les femmes sont en vitrine derrière leurs vitres assises comme des poupées. La rue est barrée de portes d’acier cadenassées ouvertes aux hommes seuls.
Vingt et un janvier mil neuf cent quarante-trois, Hambourg, à Madame Jean Alley (Chère Alice) : La majorité des hommes présents au camp français est d’une sottise, d’une vulgarité affligeantes. On remarque en eux tous une dégénérescence de la volonté terrible. Ce ne sont que plaintes et revendications très vaines. Leur esprit ne fonctionne que sur le sujet de la nourriture. Quand on pense qu’ils votaient grâce au suffrage universel, on est évidemment atterré. (…)
Je me dis souvent que l’esprit de l’homme a plus évolué que son instinct et qu’il se pourrait bien que la part instinctive du moi soit incapable d’évoluer.
                                                             *
L’écrivain Maurice Sachs, né Maurice Ettinghausen, juif gestapiste, sera abattu par un soldat nazi le quatorze avril mil neuf cent quarante-cinq. Il avait trente-huit ans.
                                                             *
Dans ma bibliothèque : Défendre les indéfendables de Walter Block (Les Belles Lettres).