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  <title>Le Journal de Michel Perdrial</title>
  <description><![CDATA[Depuis le onze novembre deux mille six, je publie mon Journal via Internet, un temps sous-titré Persiflages, moquages et autres énervages mâtinés de complimentages et de contentages. Sa première partie est lisible chez Eklablog, la deuxième ici. ]]></description>
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  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-07-22T09:51:10+02:00</dc:date>
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   <title>Le Journal de Michel Perdrial</title>
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   <title>Retour à Collioure avec Jim Harrison</title>
   <pubDate>Mon, 20 Jul 2026 06:47:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Michel Perdrial</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Textes]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
   20 juillet 2026     <div>
      Me voici de nouveau à Collioure en lisant <strong><em>Un sacré gueuleton</em></strong> de Jim Harrison, un livre qui groupe les chroniques qu’il écrivit pour la revue <strong><em>Brick</em></strong>. Il y parle cuisine, vins et restaurants, mais aussi de sa vie dissolue, de ses maladies (un zona de quarante-neuf jours, un diabète de type deux), de ses voyages en France, le pays où il a des lecteurs qui le font vivre, et donc, à plusieurs reprises, de Collioure : <br />  <em>Comme Dante, le jeune Machado est tombé amoureux d’une fille de treize ans. Pour l’épouser, il attendit qu’elle eût atteint l’âge plus convenable de seize ans, mais elle mourut de la tuberculose à dix-huit. Au cours des derniers mois de sa jeune épouse, le poète la promenait en fauteuil roulant parmi les collines ocres de Castille. Machado mourut à Collioure et j’espérais localiser ses manuscrits dans un grenier ou une cabane. Machado était l’un de ces très rares poètes capables de combler les lacunes de l’antique manuscrit de la Terre. Bien sûr, ma mission avait autant de chance de réussir que si j’avais décidé de marcher sur la Lune. Très simplement, j’étais tenu de l’accomplir. Car Machado m’avait découvert au cœur de ma maladie l’hiver dernier et donné le courage de survivre. Ce n’est pas moi qui l’ai découvert, il a trébuché sur mon lit de camp dans une chambre austère et froide, avant de me sommer, dans mon profond inconfort, d’au moins promener les chiens le matin. La vie est faite de petits riens. (…)</em> <br />  <em>Les splendides vins de la région produits par le Domaine la Tour Vieille ont réduit à néant les douleurs de la goutte et atténué ma détresse, incapable que j’étais de mettre la main sur la valise des poèmes de Machado. Je me suis agenouillé devant sa tombe sous une pluie froide et je lui ai dit que je faisais de mon mieux. La tombe était jonchée de fleurs fraîches et de poèmes dont la pluie diluait l’encre, si bien que les mots liquéfiés imprégnaient la terre, atteignant peut-être les os du poète enterré dessous.</em> <br />  Quand Jim Harrison découvre qu’il est atteint d’un diabète de type deux, il le soigne en marchant une heure par bouteille de vin bue : <br />  <em>Depuis un certain temps déjà, je m’entraîne à la fois physiquement et mentalement en vue d’une nouvelle tentative pour gravir les montagnes proches de Collioure, en France, à la recherche de la fameuse valise de poèmes perdus par Antonio Machado, même si récemment de nombreux événements de ma vie ont comploté contre cette noble mission.</em> <br />  D’<strong><em>Un sacré gueuleton</em></strong>, je retiens aussi ceci : <br />  <em>Un monde entièrement nouveau s’est ouvert à moi un après-midi où il n’y avait pas école, lorsqu’un ami m’a montré comment faire l’amour à une génisse en montant sur un tabouret de laitière. </em> <br />  <em>Comme l’a dit Emily Dickinson, « vivre est si stupéfiant que cela laisse peu de temps pour autre chose ».</em> <br />  <em>Voilà des années que je procède à une enquête informelle mais ambitieuse parmi les jeunes, me demandant pourquoi ils écoutent durant des dizaines de milliers d’heures du rock bruyant surtout du genre </em>heavy metal<em>. Mes conclusions tombent sous le sens : cette musique est un anesthésiant efficace qui aide à faire disparaître la réalité. Elle ressemble en ce sens à la consommation de fast-food, qui revient à enfourner la pompe à essence dans votre bouche pour un plein express.</em> <br />  <em>Les hommes qui apprennent à cuisiner commencent souvent par le barbecue, peut-être parce qu’ils font griller de la viande sur le feu depuis deux ou trois cent mille ans. Bien sûr, les femmes en sont tout aussi capables, mais elles doivent se dire : Laissons ce gros con se débrouiller tout seul, j’en ai marre de faire tout le temps la cuisine.</em> <br />  Enfin cet extrait de son poème <strong><em>Le temps </em></strong>: <br />  <em>Je pensais que le problème </em> <br />  <em>c’était l’espace, la distance infinie </em> <br />  <em>qui me sépare de la jolie serveuse </em> <br />  <em>qui s’étire au-dessus du comptoir du </em>diner <br />  <em>pour remplir d’eau la machine à café, </em> <br />  <em>mais je sais maintenant que c’est le temps </em> <br />  <em>dont à chaque instant </em> <br />  <em>le sourire galactique </em> <br />  <em>m’atrophie.</em>
     </div>
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   <title>Un jeudi à Dieppe</title>
   <pubDate>Fri, 17 Jul 2026 07:29:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Michel Perdrial</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Textes]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   17 juillet 2026     <div>
      Tôt chassé du lit par un moustique, j’ai le temps de m’organiser pour aller passer la dernière journée de la troisième canicule à Dieppe où elle ne sévit pas. Combien de temps durera le sursis avant la quatrième&nbsp;? C’est ce que je me demande en entrant dans une Gare de Rouen surchauffée qui mettra bien du temps avant de retrouver une température supportable. <br />  Le train Nomad de sept heures dix-huit est heureusement climatisé. Il emporte un peu plus de monde que mercredi dernier. Devant moi est assise une jeune femme vêtue d’une jupe courte qui dévoile ses jolies jambes dans l’interstice entre les deux sièges. Dans ce même train pour Dieppe, il y a quelques années, j’ai fait une photo de semblable situation. Aujourd’hui, je ne m’y risque pas, craignant d’être mis en cause par l’un des voyageurs. C’est devenu un délit en ce siècle de la vertu et de surchauffe généralisée. <br />  À l’arrivée, je mets le cap sur le Pollet et grimpe l’escalier qui mène à la chapelle Notre-Dame de Bonsecours mais je ne vais pas plus loin que le haut de la falaise. Pour atteindre cette chapelle, il faut traverser par ses rues un petit quartier résidentiel et je n’en ai pas envie. Je me contente de regarder Dieppe de haut. <br />  Redescendu, j’attends comme d’autres que le Mieux Ici Qu’En Face ouvre, c’est-à-dire qu’il soit 9neuf heures. Les cinq tables de la terrasse sont à l’ombre. Vue sur en face où l’on est au soleil. À bâbord, le pont tournant Colbert tout rénové. À tribord, le chenal d’entrée du Port au bout duquel est amarré le ferry pour New Heaven. Je commence là la lecture de <strong><em>Ma mère, musicienne, est morte de maladie maligne à minuit, mardi à mercredi, au milieu du mois de mai</em></strong> <strong><em>mille977 au mouroir Memorial à Manhattan</em></strong> de Louis Wolfson. En épigraphe, cette citation de lui-même&nbsp;: <em>Les Grecs disaient que le plus grand bonheur qui puisse échoir à un homme, c’est de ne pas être né. - Nous avons eu la poisse.</em> Je vois sortir en mer quelques voiliers et deux bateaux de pêche et un seul voilier entrer. Il souffle un petit vent frisquet. Je suis content quand vers dix heures quarante-cinq le soleil atteint mon dos. Toujours un euro, le café au Mieux Ici Qu’En Face, je n’en reviens pas. <br />  La patronne de L’Espérance a gardé son joli visage. Je lui réserve une table avec vue sur le pont levant pour midi. Sur un banc, près du départ des bateaux «&nbsp;Promenade en mer&nbsp;» et «&nbsp;Pêche en mer&nbsp;» et du petit train jaune de promenade en ville, je reprends ma lecture de ce livre au long titre, écrit en français par Louis Wolfson, schizophrène, haïssant sa langue natale, joueur addictif aux courses hippiques, devenu millionnaire après la mort de sa mère grâce à un jeu de hasard. Sa façon de narrer sa vie à lui et la mort de cette mère, dans une langue aussi incorrecte grammaticalement que politiquement, est délectable. <br />  Dans le menu à dix-sept euros quatre-vingt-quinze de L’Espérance, où le buffet d’entrées a disparu, je choisis les moules marinières, le pavé de julienne frites et la coupe glacée vanille. «&nbsp;L’Espérance, les meilleures frites de Dieppe&nbsp;», commente un de mes voisins. Une famille s’installe à ma gauche. La grand-mère à sa petite-fille dans les sept huit ans&nbsp;: «&nbsp;T’as qu’à prendre un hamburgeure. Non&nbsp;? Aimes-tu les nuguets&nbsp;?&nbsp;» «&nbsp;Nuggets&nbsp;!&nbsp;», se réécrie le tonton. Beaucoup n’arrivent qu’à treize heures lorsque j’en suis à mon dessert. Comme il n’y a plus la serveuse pour seconder la patronne, ils ne sont pas sortis de l’auberge. <br />  Après ce repas à ma convenance, je rejoins Le Brazza. Je m’installe à l’ombre pour continuer la lecture de <strong><em>Ma mère etc</em></strong> de Louis Wolfson, à propos duquel la quatrième de couverture évoque Sade, Lautréamont et Raymond Roussel. À ma gauche, un trio familial ne cesse de gratter. «&nbsp;J’ai perdu quatre-vingts balles&nbsp;», déclare, furieux, l’un d’eux au moment du départ sous les ricanements des goélands. <br />  Dans le train Nomad de seize heures zéro une, j’évite les voitures où sont les centres de loisirs. Devant moi est assis un jeune homme qui, par l’interstice, me montre qu’il lit <strong><em>Je suis légion</em></strong>, une bande dessinée qui ne m’incite pas à la photo. À Clères, deux gendarmes font monter un simplet. «&nbsp;Rouen, c’est le terminus. C’est là qu’il faut descendre. De toute façon, il ira pas plus loin. Maintenant, il faut trouver le contrôleur.&nbsp;» L’homme va s’asseoir à l’autre bout de la voiture sans chercher qui que ce soit. Il aurait du mal à le trouver. Comme à l’aller et comme la semaine dernière, il n’y en a pas. Ce qui montre que contrairement à ce que l’on entend souvent, un train peut circuler sans contrôleur.
     </div>
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   <title>Le lundi du transfert</title>
   <pubDate>Wed, 15 Jul 2026 06:21:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Michel Perdrial</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Textes]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   15 juillet 2026     <div>
      Après avoir envisagé de prendre lui-même en charge la gestion de ma location, mon nouveau propriétaire (gendre de la regrettée précédente) a décidé, n’étant pas sur place, de la confier à une autre agence immobilière. Ce lundi, est le jour du transfert. <br />  À neuf heures, je suis chez Cegimmo afin d’y récupérer l’attestation d’assurance que j’ai fournie au début d’année. J’en profite pour remercier la patronne et ses employées qui ont toujours fait au mieux quand j’avais besoin de leurs services pour des travaux à exécuter dans l’appartement et pour leur dire que je ne suis pour rien dans ce changement, bien au contraire. <br />  Je traverse ensuite une bonne partie de la rive droite de la ville pour rejoindre la nouvelle agence qui, je l’espère, fera aussi bien. La jeune femme qui m’accueille me demande si j’ai rendez-vous. «&nbsp;Non, mais il est convenu avec la personne qui s’occupe de la comptabilité que je passe en début de semaine pour remplir le mandat de prélèvement Sepa.&nbsp;» Elle va voir, revient et me conduit dans un bureau où m’accueille une jolie blonde. <br />  -Vous êtes Madame B&nbsp;? <br />  -Oui et on se connaît déjà Monsieur Perdrial. <br />  J’ai beau bien la regarder aucune lumière ne s’allume dans mon cerveau. <br />  -Je travaillais à l’Agence Cegimmo. C’est ma collègue qui s’occupait de vous mais quand elle était absente, je prenais le relais. <br />  Au diable mon peu de mémoire visuelle. C’était au temps de l’ancienne équipe, remplacée il y a quatre ou cinq ans par l’actuelle. Elle imprime le formulaire Sepa pour que je le complète à l’aide de mon relevé d’identité bancaire sur un coin du bureau. Je me rends compte que j’ai oublié de prendre mes lunettes, ce qui est fort embêtant quand il s’agit de reporter des chiffres. «&nbsp;Je vais le faire pour vous&nbsp;», me propose-t-elle. Quand elle a terminé, je lui remets mon attestation d'assurance et la remercie bien. Malheureusement, ce n’est pas à elle que j’aurai affaire lorsque des travaux seront nécessaires. <br />  &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; * <br />  Au Son du Cor ce lundi, à peine midi a-t-il sonné qu’un autre son se fait entendre&nbsp;par la fenêtre ouverte d’un immeuble en face : celui du corps d’une femme qui jouit. «&nbsp;J’ai bien entendu&nbsp;?&nbsp;» demandais-je à Sylvain, le maître des lieux. «&nbsp;Oui, il y a de la vie ici&nbsp;», me répond-il. Une belle illustration de la contrepèterie chantée par Charles Trenet. Je lis <strong><em>Un sacré gueuleton</em></strong> de Jim Harrison. <em>Il est bien naturel de se demander comment on a fait pour vieillir autant mais ce faisant vous ignorez la réponse qui tombe sous le sens&nbsp;: ça s’est passé derrière votre dos par petites touches incessantes.</em> <br />  De contrepèterie, il est aussi question, un peu plus tard, dans la conversation de mes deux voisines aux Floralies avec l’éculée «&nbsp;Les canicules s’emballent&nbsp;». Je suis encore avec Jim Harrison&nbsp;: <br />  <em>En proie à la lassitude vaporeuse de la mi-juillet, j’ai lu ce poème et aussitôt entrepris de préparer une casserole de haricots Anasazi malgré une chaleur inappropriée pour ce plat. </em> <br />  <em>Le vacarme assourdissant des singes hurleurs signifiait qu’ils étaient de toute évidence des écrivains réincarnés. </em> <br />  &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;* <br />  Quatorze Juillet, après avoir annulé mes billets de train du lendemain pour Paris et retour, je lis au jardin. Presque personne dans la copropriété, le silence serait parfait s’il n’y avait les deux gars, là-haut, qui tapent dans l’échafaudage de la flèche de la Cathédrale. Pour travailler un jour férié, il faut vraiment que l’on soit pressé de faire avancer ce chantier qui dure depuis des années et durera encore des années. Si le jour férié l’était pour cause religieuse, cela n’aurait pas lieu. L’Archevêque s’y opposerait.
     </div>
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   <title>Après ma lecture d’Hollie McNish pendant la canicule</title>
   <pubDate>Tue, 14 Jul 2026 07:08:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Michel Perdrial</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Textes]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
   14 juillet 2026     <div>
      Sur <strong><em>France Culture</em></strong>, le samedi vingt-trois septembre deux mille vingt-trois, Manou Farine a dialogué en français pendant une demi-heure avec Hollie McNish dans <strong><em>Poésie et ainsi de suite</em>, </strong>une émission titrée <strong><em>Hollie McNish, sa vie mode d'emploi</em></strong> puis le samedi vingt-sept septembre deux mille vingt-cinq, dans <strong><em>Samedi fiction</em>,</strong> des comédiennes ont lu des textes d’elle pendant une heure, textes tirés de <strong><em>Je souhaite seulement que tu fasses quelque chose de toi</em></strong>. Deux émissions que j’ai mises à disposition des oreilles de mes ami(e)s du réseau social Effe Bé (dans l’indifférence générale). Si j’avais été à l’écoute, j’aurais découvert Hollie avant que le hasard ne me propose son livre à un euro chez Book-Off. <br />  Quelques prélèvements&nbsp;: <br />  <strong><em>dans le bureau du dirlo </em></strong> <br />  <em>il a dit / que ma jupe / déconcentrait&nbsp;/ les gars / portez-là / sous le genou / longueur légale / comme une nonne / j’ai dit&nbsp;: / certains / garçons / ont des&nbsp;/ pantalons / si moulants / monsieur / que je vois / presque / la forme / de leur / bite / et pourtant j’arrive quand même à obtenir de bonnes notes.</em> <br />  <strong><em>mise à jour de la honte </em></strong> <br />  <em>si nous voulons sauver la planète </em> <br />  <em>peut-être faudrait-il nous demander&nbsp;:</em> <br />  <em>la vierge qui se rafraîchit </em> <br />  <em>avec de l’eau en bouteille </em> <br />  <em>est-elle toujours plus sainte </em> <br />  <em>que la pute </em> <br />  <em>qui remplit une gourde&nbsp;?</em> <br />  <strong><em>quand je serai morte est-ce que vous allez enfin fermer vos gueules&nbsp;?</em></strong> (court extrait) <br />  <em>quand j’étais jeune fille</em> <br />  <em>mon ami a dit à tout le monde qu’il </em> <br />  <em>m’avait niquée avec ses doigts dans le jardin </em> <br />  <em>pendant une fête à la maison ce week-end </em> <br />  <em>alors qu’en réalité il pleurait </em> <br />  <em>à cause d’un problème dans sa famille </em> <br />  <em>il s’est excusé au lycée </em> <br />  <em>j’ai accepté de ne pas dire la vérité </em> <br />  <em>nous sommes restés des amis proches</em> <br />  <strong><em>conte d’hiver </em></strong> <br />  <em>(à tous ceux qui adorent quand il neige) </em> <br />  <em>comme les empreintes des doigts </em> <br />  <em>et l’apparence des chattes </em> <br />  <em>il n’y a pas deux flocons de neige qui soient les mêmes</em> <br />  <strong><em>S’habiller</em></strong> (court extrait) <br />  <em>Le monde animal, m’a fait remarquer Helen Mort, mon éditrice, a été divisé selon une classification binaire qui vaut pour l’habillement humain&nbsp;: les prédateurs pour les petites personnes ayant un pénis, les proies pour les petites personnes ayant une vulve.</em> <br />  <strong><em>À propos des enfants qui vous demandent de marcher trois mètres devant eux</em></strong> (court extrait) <br />  <em>À présent, me voilà debout devant les portes de l’école, à regarder les enfants rejoindre leurs mères - principalement des mères avec quelques pères et grands-parents et gardes d’enfants, mais surtout des mères. Je les observe&nbsp;: des mères qui ont couru, je le sais, sortant tout juste d’un énième examen de l’utérus&nbsp;; des mères qui ont passé la matinée à se faire rabaisser par leur patron parce qu’elles bossent à temps partiel&nbsp;; des mères qui prennent leur courage à deux mains pour demander à bénéficier d’horaires à la carte&nbsp;; des mères qui ont abandonné leurs projets de carrière, leur indépendance financière et leur corps, ces corps qui fonctionnaient bien mieux avant que maintenant&nbsp;; des mères qui dans certains cas semblent avoir oublié que personne ne leur interdit de laisser leurs enfants de temps à autre pour sortir&nbsp;; des mères qui semblent ne plus avoir de prénom.</em> <br />  <strong><em>Devenir une femme</em></strong> (court extrait) <br />  <em>Quand j’ai commencé à lire des poèmes en public, à l’orée de ma trentaine, le premier article en ligne qui a parlé de moi m’a qualifiée de poète féministe. J’ai failli vomir. Je leur ai demandé de retirer ce mot.&nbsp; (…) </em> <br />  <em>Cela m’a pris quelques années de plus, et l’amitié de Sabrina Mahfouz et Deanna Rodger en particulier, pour réaliser que je devais me débarrasser de cette honte. Donc oui, ça passe si quelqu’un me qualifie de féministe.</em> <br />  &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;* <br />  Je n’ai pas lu Hollie au lit.
     </div>
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   <link>https://www.limprimante.com/journalperdrial/Apres-ma-lecture-d-Hollie-McNish-pendant-la-canicule_a3499.html</link>
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   <title>Victime comme tout le monde du productivisme punitif</title>
   <pubDate>Mon, 13 Jul 2026 06:28:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Michel Perdrial</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Textes]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
   13 juillet 2026     <div>
      La punition est sévère et générale, en trois temps jusqu’à présent et nous ne sommes qu’à la mi-juillet&nbsp;: première canicule, deuxième canicule, troisième canicule. Maisons brûlées, trains supprimés, feux d’artifice reportés, musées fermés, courses à pied annulées, forêts en feu ou interdites, câbles électriques enterrés qui fondent, il y a en a pour tout le monde. Chacun semble abasourdi. Nul ne cherche de noise aux coupables&nbsp;: les chantres du productivisme, de la croissance, de la consommation. Cet été est le modèle de ceux qui suivront. Finie la belle vie durant les vacances estivales. J’ai l’impression que beaucoup n’ont pas encore compris. <br />  Je fais comme les autres, je subis en silence, annule certaines activités, en reporte d’autres. J’ai la chance qu’au rez-de-chaussée de mon logis rouennais, la température ne dépasse pas vingt-cinq degrés et qu’à l’étage, le silence régnant dans le quartier me permette d’ouvrir la fenêtre la nuit. Pourtant, vu mon âge et mon état de santé (comme on dit), je ne suis pas à l’abri d’un coup de chaud et de faire partie de celles et ceux dont on découvre le corps quinze jours après leur mort. <br />  &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; * <br />  Des nouvelles, via <strong><em>La Dépêche de Louviers</em></strong>, de la copropriété rolivaloise La Garancière. J’y étais propriétaire d’un appartement que j’ai réussi à vendre en mil neuf cent quatre-vingt-dix-neuf à un Algérien qui cherchait un pied-à-terre en France pour ses affaires. Il était temps. Le nombre de copropriétaires ne payant pas leurs charges augmentait d’année en année. <br />  Peu après mon départ,&nbsp;La Garancière reçut le titre de «&nbsp;copropriété dégradée&nbsp;». Un plan de sauvegarde fut voté. Les travaux n’ont jamais pu commencer faute d’un recouvrement suffisant des charges. <br />  En cette année deux mille vingt-six, l'Agglo Seine-Eure lance un deuxième plan de sauvegarde. Objectif : exproprier les mauvais payeurs et enfin lancer les travaux à cinq millions d'euros. <br />  Bon courage, Agglo Seine-Eure&nbsp;!
     </div>
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   <link>https://www.limprimante.com/journalperdrial/Victime-comme-tout-le-monde-du-productivisme-punitif_a3498.html</link>
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