Michel Perdrial




Loïc Boyer
On trouvera ici de mes textes courts publiés depuis mil neuf cent quatre-vingt-quinze dans des revues littéraires en France (Supérieur Inconnu, Supplément d’Ame, Nouvelle Donne, Le Bord de l’Eau, Pris de Peur, l’Art du Bref, Sol’Air, Gros Textes, Salmigondis, Verso, Décharge, Bulle, Filigranes, Diérèse, Martobre, Comme ça et Autrement, (Cahier d’) Ecritures, La Nef des Fous), en Belgique (Traversées, Ecrits Vains, L’Arbre à Plumes, Inédit Nouveau, Bleu d’Encre), au Canada (Les Saisons Littéraires) et en Italie (Les Cahiers du Ru).

Les courageuses Editions du Chardon ont publié en mil neuf cent quatre-vingt-dix-neuf Erotica, un recueil de vingt-huit de ces textes, illustré par Isabelle Pio et Antoine Lopez et préfacé par Sarane Alexandrian, toujours disponible auprès de moi.

Je suis également l’auteur d’une pièce de théâtre et de plusieurs romans ou récits à ce jour inédits.

Depuis le onze novembre deux mille six, je publie mon Journal via Internet, un temps sous-titré Persiflages, moquages et autres énervages mâtinés de complimentages et de contentages. Sa première partie est lisible chez Eklablog, la deuxième chez L’Imprimante.

Je vis au centre de Rouen dans un ancien monastère où autrefois les Sœurs de la Miséricorde se vouaient à l’éducation des jeunes filles.








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        -Alors ça s’est passé comment avec Sébastien ?
        -Génial… Je lui ai fait une de ces fellations. Il va se souvenir de moi.
        -Tu dis fellation toi ? Moi, je dis tailler une pipe.
        -Tailler une pipe… Sucer la bite… Faire une fellation… Je dis l’un ou l’autre, ça dépend des jours.
        -Tu sais, j’avais treize ans quand j’ai entendu pour la première fois un garçon parler de ça… Tailler une pipe. J’ai demandé à la sœur d’une copine, une fille de dix-sept ans, de m’expliquer.
        -Et alors ?
        -Alors, elle m’a expliqué. Et je me suis dit : tiens, on fait ça aussi !
        -Moi, c’est anal que j’ai eu du mal à comprendre. Je croyais que ça avait rapport avec le nez.
        -Ah ah… Et Sébastien, tu l’as emballé facilement ?
        -Ça, tu peux me croire. Je lui ai fait le grand jeu. Les mecs, ils sont vraiment cons pour ça. Ils se laissent avoir par le moindre truc physique.
        -Ah ça oui, je sais. Dès que tu mets une petite robe moulante hyper ouverte, le mec il est cuit. Tu lui passes devant… Tu fais exprès… Excuse-moi et tout… Déjà la culotte, elle se voit et le mec, il est fou.
        -Oh moi, de culotte, j’en mets pas. Je me démerde toujours pour que le mec le découvre. Genre, il met sa main sur ta taille et puis, tout à coup, il glisse, il te touche et il sent qu’il n’y a rien et ça c’est fantastique parce qu’il sait qu’il peut te faire ça n’importe où, mine de rien.
        -Tu as raison. Le mec, quand il voit une nana comme ça, y a même pas besoin de lui sortir un mot, quoi… Tu mets une minijupe ras la moule, le truc soutien machins et tout… et le mec, il est complètement allumé. Je trouve ça un peu idiot. Moi jamais je serai allumé par un beau petit cul moulé dans un jean.
        -Moi, c’est pareil. Le mec, c’est à partir du moment où il va ouvrir la bouche, où il va dire quelque chose d’intelligent qu’il risque de m’exciter… et si, en plus, il a un petit cul moulé dans un jean fantastique…
        -J’imagine… A part ça, tu fais quoi ce soir ? Tu ne veux pas aller voir le dernier Wenders au ciné avec moi ?
        -Non, je préfère rester ici à bouquiner.
        -Tu lis quoi ?
        -Une petite robe de fête de Christian Bobin… C’est super bien.
        -On va à la piscine ensemble demain alors ?
        -Okay, on se retrouve après les cours.
                                                                                Michel Perdrial
(Ce texte a paru au Québec dans la revue Les Saisons Littéraires n°18 en été 2000)

 


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