<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"  xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:photo="http://www.pheed.com/pheed/">
 <channel>
  <title>Michel Perdrial . Textes en revues</title>
  <description><![CDATA[Textes en revues]]></description>
  <link>https://www.limprimante.com/perdrial/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-08-11T03:37:11+02:00</dc:date>
  <atom10:link xmlns:atom10="http://www.w3.org/2005/Atom" rel="alternate" href="https://www.limprimante.com/perdrial/xml/atom.xml" type="text/xml" />
  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.limprimante.com/perdrial,2026:rss-97570898</guid>
   <title>Hippopotame</title>
   <pubDate>Mon, 03 Aug 2026 17:33:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Michel Perdrial</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Uncategorized]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Texte paru dans la revue Martobre n°10 en juin 2001     <div>
      Six heures d’interrogatoire, sans boire, sans manger, sans pouvoir téléphoner. Laura s’en souviendrait de son travail de caissière à l’hypermarché HIPPOPOTAME. Surtout de sa dernière matinée. A midi, la voilà dans le bureau du directeur : <br />  -Il manquait de l’argent dans votre caisse hier soir. Avouez que vous l’avez volé et nous n’appellerons pas la police. <br />  Laura a nié et tenu tête. Qui avait bien pu lui faire un coup pareil ? Une première caissière jalouse de sa jeunesse et de sa beauté ou excédée par son impertinence et ses plaisanteries ? Le patron de l’HIPPOPOTAME a téléphoné et les gendarmes ont rappliqué au petit trot, zélés serviteurs. <br />  A la gendarmerie, ils ont joué les héros de téléfilm. On laisse un peu mariner la gamine dans un bureau, on lui envoie le méchant puis le gentil et de nouveau le méchant. Encore un peu le gentil : <br />  -Avouez et vous serez tranquille. <br />  Et pas le droit de téléphoner, pas à manger, pas à boire. A six heures, les képis bleus ont craqué. Le gendarme qui sait taper à la machine a pris la déposition. Pas d’aveux. Laura a pu sortir et se jeter à l’eau. Sous la douche. <br />  Puis elle est venue frapper à ma porte et je lui ai ouvert en faisant un peu la tête parce que nous devions aller à Cabourg et que je l’avais attendue en vain toute l’après-midi. Quand j’ai su ce qui lui était arrivé, je me suis senti tout con et j’ai essayé de la rassurer tandis qu’elle pleurait dans ma chemise. <br />  Laura, je l’avais rencontrée assise à sa caisse maniant la douchette sur mes achats. Tout m’avait plu en elle : sa jeunesse, son espièglerie, son sourire, sa bonne humeur, son joli minois. <br />  Bientôt, je faisais des détours et m’infligeais des attentes interminables pour passer à sa caisse. Parfois, je m’inventais même des courses à faire, juste pour un sourire d’elle. J’ai fini par oser, quelle hardiesse !, lui glisser une enveloppe avec mes nom, adresse et téléphone et elle l’a cachée sous sa caisse. <br />  Le lendemain, je l’ai croisée dans la rue montée sur son vélo tout terrain comme sur un coursier et elle m’a dit qu’elle allait venir. <br />  Je l’ai attendue longtemps. C’est quand je ne l’espérais plus qu’un dimanche soir, je l’ai découverte en ouvrant ma porte après qu’elle y eut sonné. Elle avait un ami et elle avait hésité longuement, m'a-t-elle dit. <br />  Elle est revenue comme cela de jour en jour quand son copain était à son sale boulot pire que celui de militaire, de policier ou de gangster. Gardien de prison, la dernière des professions. <br />  J’ai demandé à Laura ce qu’elle pouvait bien faire avec un mec pareil et qui la rendait malheureuse. Elle m’a répondu qu’elle voulait le quitter. Je lui ai proposé de venir habiter chez moi. Elle m’a demandé si je pourrais l’aider à repasser son bac. Je lui ai dit oui. <br />  Et maintenant, j’essuyais ses larmes et mouchais son nez tandis qu’elle me disait que sa vie était foutue, qu’elle attirait le malheur et qu’elle ne s’en sortirait jamais. Je l’ai consolée et j’ai mis en branle mon réseau d’anciens amis gauchistes pour la sortir de là. Avocat, conseiller prud’homal, journaliste, syndicaliste, j’ai sonné tout le monde et on a passé les journées suivantes à cavaler, à écrire, à photocopier, à rencontrer, à se débattre. On l’aura, Laura, le sale patron de l’HIPPOPOTAME qui écrase ses caissières. Et on l’a eu. Il a retiré sa plainte. <br />  C’est alors que tout s’est gâté. Son copain a appris mon existence et je me suis retrouvé nez à nez avec lui dans la rue alors que je revenais de la Poste avec elle. <br />  Ma fille m’avait prévenu : <br />  -Tu sais, il craint. Il me fait peur. Tu vas te faire casser la figure. Tu devrais arrêter de faire des conneries à ton âge. On dirait que tu as quatorze ans. <br />  On devrait toujours écouter sa fille. <br />  Ça m’a fait vraiment mal de voir Laura avec un mec comme ça, qui lui a aboyé après dans la rue, qui s’est collé à elle comme une limace, qui est venu me tourner autour comme une puce excitée. <br />  J’ai préféré disparaître. <br />  Le soir même, elle est passée me voir. Elle m’a raconté qu’elle avait eu la grande explication avec son gardien de prison et elle a choisi de rester avec lui. <br />  Quand elle est partie, j’ai eu l’impression que sur mon cœur s’asseyait un hippopotame. Cela n’a pas duré longtemps heureusement, je ne suis pas du genre inconsolable.&nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.limprimante.com/perdrial/Hippopotame_a285.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.limprimante.com/perdrial,2026:rss-96805782</guid>
   <title>Comédienne</title>
   <pubDate>Mon, 01 Jun 2026 18:41:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Michel Perdrial</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Uncategorized]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Texte paru dans la revue Diérèse n°14 en juin 2001     <div>
      Tout avait été très vite pour Calice. Un matin où elle se dorait sur la plage de Nice en feuilletant un magazine féminin, un homme s’était approché d’elle: <br />  -Je suis producteur dans une maison de disques et je cherche une jeune femme dans votre genre pour interpréter les textes d’un de mes amis; savez-vous chanter&nbsp;? <br />  Elle avait dit oui. Pas question de laisser passer une telle chance. Elle s’ennuyait tant depuis qu’elle partageait la vie d’un homme trop occupé par son travail. <br />  Sa réussite avait été fulgurante. Son premier disque était resté accroché à la première place du classement des succès pendant huit semaines. Les chansons suivantes s’étaient toutes classées dans les cinq premières. <br />  La vie de Calice en fut bouleversée. Elle perdit son mari travailleur, le remplaça par un amant beaucoup plus disponible et entra dans la course folle des invitations, des réceptions, des interviews, toujours poursuivie par des admirateurs qui, à chacune de ses apparitions, déchiraient l’air de son nom. <br />  Calice ne savait pas si elle était heureuse mais le mouvement incessant lui en donnait l’illusion. Un soir, un célèbre metteur en scène lui offrit le rôle principal de son prochain film. Elle dit oui. <br />  Maintenant, elle était nue sur un lit sous le regard de cinq hommes. C’était la scène la plus difficile du film. Elle avait demandé au metteur en scène de la modifier mais il lui avait répliqué que c’était un moment déterminant de l’histoire, que ce n’était pas sans raison sérieuse qu’il la faisait se déshabiller et se montrer ainsi. <br />  Le moment était donc venu, et le trouble qui la saisissait lui était étrange. Elle se sentait tiraillée entre le désir de fuite et celui de jouer le jeu en s’oubliant totalement. <br />  Calice était nue. Le héros du film devait entrer par erreur dans sa chambre et la vision de ce corps abandonné sur un lit le plongerait dans un amour fou qui le mènerait à sa perte. <br />  Le metteur en scène semblait réfléchir. <br />  -Calice, ma chérie, il faut que tu sois plus décontractée… Je veux que l’on voie ta toison… Ta jambe plus en dehors… Non pas comme cela… Attends je vais te montrer. <br />  Il s’avança vers elle, lui écarta doucement les cuisses. Calice frissonna. Les mains sur sa peau, de cet homme grisonnant qu’elle connaissait si peu, amplifiaient son malaise. Elle ne savait plus ce qu’elle désirait et ce qu’elle redoutait. <br />  -Voilà c’est beaucoup mieux… Maintenant cambre bien les reins et gonfle la poitrine que je voie bien tes seins. C’est parfait. Tu pourras tenir ainsi le temps de la prise&nbsp;? <br />  Oui, elle pourrait. <br />  Le metteur en scène était satisfait. Jamais elle ne serait plus impudique. Les spectateurs auraient le plaisir de découvrir non seulement les poils de la chanteuse mais aussi sa fente si finement dessinée. <br />  Pour les derniers préparatifs techniques, l’éclairagiste s’accroupit devant elle à la hauteur de son sexe; il avait besoin de jouer avec les ombres. Le cameraman régla sa caméra en explorant son corps à coups de zoom. Jamais elle ne s’était sentie aussi vulnérable et aussi protégée. Elle écarta un peu plus les jambes. <br />  -On y va, cria le metteur en scène. Première prise… <br />  Le mot résonna étrangement à son oreille. Elle souleva les seins, creusa son dos et donna son intimité à la pellicule. <br />  -Tu vois, ce n’était rien, ma chérie, lui dit le metteur en scène tandis qu’elle se rhabillait. D’ailleurs, la scène ne durera que quelques secondes à l’écran. Ils ne verront rien, tu sais… <br />  Calice sourit. Elle n’était pas si naïve. Elle savait bien que lorsque le film sortirait en cassettes, l’image sur certains magnétoscopes se figerait au moment propice. Et sans doute se trouverait-il quelque projectionniste de cinéma pour tirer des photos et les vendre à ses admirateurs. <br />  Elle pensait à tout cela et s’étonnait de presque le désirer. <br />  Elle regagna son hôtel où, à peine dans sa chambre, elle se déshabilla de nouveau. L’image de son corps dans le miroir lui semblait toute renouvelée. Son amant allait arriver bientôt. Elle s’allongea sur le lit moelleux et s’appliqua à reproduire la pose exigée par le metteur en scène. <br />  Elle entendit des pas dans le couloir de l’hôtel. Il était à l’heure pour une fois. Lui qui lui reprochait toujours d’être trop pudique allait être bien surpris de la découvrir ainsi, disponible et offerte, lascive et ouverte. Les reins bien cambrés. <br />  -Et si ce n’était pas lui&nbsp;? se dit soudain Calice. <br />  La porte s’ouvrit brusquement.&nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.limprimante.com/perdrial/Comedienne_a284.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.limprimante.com/perdrial,2026:rss-96631174</guid>
   <title>Jeu de rôles</title>
   <pubDate>Tue, 19 May 2026 12:02:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Michel Perdrial</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Uncategorized]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Texte paru dans la revue Diérèse n°14 en juin 2001     <div>
      <span style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;">Lui ne peut marcher dans les rues de Rouen qu’il connaît trop bien, sans imaginer qu’il est un autre que lui-même. Touriste non francophone égaré dans la rue des Bons-Enfants, il cherche en vain comment rejoindre la place de la Pucelle. Les maisons se déglinguent et les artisans résistent mais aucun ne parle anglais. Le voilà, sans domicile, exclu du clan des travailleurs. Il cherche un endroit où dormir car ses nuits sont trop souvent blanches et noires. Il se berce du dernier poème qui lui reste en tête et se promet d’aller, dès demain, demander comment faire pour vendre des journaux de pauvres dans la rue, des journaux que presque personne n’achète, sauf s’il se trouve une caméra de télévision à proximité. Oui, il sera vendeur ambulant de prose déprimée avec, sur sa veste chiffonnée, un badge à son nom avec sa photo, comme en porte sa sœur qui travaille dans une usine d’armement et qui nourrit ses filles avec des missiles qui tueront d’autres enfants, mais si loin. Demandez&nbsp;</span><em style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;">Faim de siècle,&nbsp;</em><span style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;">demandez&nbsp;</span><em style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;">La Rue</em><span style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;">, demandez&nbsp;</span><em style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;">Lampadaire,</em><span style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;">&nbsp;demandez&nbsp;</span><em style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;">Macadam&nbsp;</em><span style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;">et il arrive, comment a-t-il fait&nbsp;?, rue Jeanne-d’Arc. Il vient de quitter la prison Bonne-Nouvelle et guette les petites vieilles qui sortent des banques. Il cherche la plus vulnérable et s’élance sur elle qui hurle lorsqu’il lui arrache son sac mais il est déjà très loin. Il franchit la Seine au milieu des explosions. Depuis plus d’un an, la ville est coupée en deux. Les séparatistes de la rive gauche bombardent la rive droite. Il sait qu’il ne court plus assez vite, qu’il est fatigué, qu’il vieillit, qu’une balle pourrait faire un trou rouge dans son corps et pourtant il s’en sort et se réfugie chez lui, essoufflé et apeuré. Il ouvre la lettre qui gisait sur le sol à son arrivée. Il reconnaît l’écriture de Fawzia, l’exotique étudiante à qui il a fait découvrir le musée des Beaux-Arts, la semaine passée. J’ai quelque chose à te dire et je pense que la ligne droite est la meilleure. J’ai bien aimé discuter avec toi, mais je pense que nous n’avons pas grand-chose en commun. Sincèrement, je préfère ne pas te revoir. Je te souhaite plein de bonnes choses, lui écrit-elle. Aucun doute, celui qu’on laisse tomber est vraiment son meilleur rôle.</span><br style="margin: 0px; padding: 0px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;" />  <span style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp;</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.limprimante.com/perdrial/Jeu-de-roles_a283.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.limprimante.com/perdrial,2026:rss-96506880</guid>
   <title>Du don de soi</title>
   <pubDate>Mon, 11 May 2026 16:36:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Michel Perdrial</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Uncategorized]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Texte paru dans la revue Diérèse n°14 en juin 2001 et au Canada (Québec) dans la revue Les Saisons Littéraires n°20, vernal/estival 2001     <div>
      <span style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;">Trouver un café avec terrasse ouvert le dimanche vers le milieu du mois d’août, alors que les Rouennais ont déserté la ville, que celle-ci est livrée aux visiteurs pantois qui s’extasient devant les maisons de guingois, n’est pas une mince affaire. Ne pas s’en faire déloger rapidement sitôt le café bu par un barman soucieux de faire gagner de l’argent à son patron (vous prendrez autre chose?), qui fait disparaître votre tasse et vous laisse devant une table nue sans autre perspective qu’un départ prochain, est une deuxième difficulté. Que j’avais surmontée ce jour-là où l’on me laissait tranquille devant une tasse vide.</span><br style="margin: 0px; padding: 0px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;" />  <span style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;">J’étais en train d’écrire, songeur et appliqué, à la terrasse du Leffe, entouré de touristes dont, à ma droite, deux jeunes filles brunes, cheveux tirés en arrière et noués en un sage chignon. Elles parlaient de la science en général et de la biologie en particulier. Cela faisait à mes oreilles un constant bruit de fond propice à la concentration.</span><br style="margin: 0px; padding: 0px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;" />  <span style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;">Mais voilà que l’une d’elles soudain s’en est mêlé me demandant&nbsp;:</span><br style="margin: 0px; padding: 0px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;" />  <span style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;">-Vous écrivez quoi&nbsp;?</span><br style="margin: 0px; padding: 0px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;" />  <span style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;">Je me suis fait un peu prier.</span><br style="margin: 0px; padding: 0px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;" />  <span style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;">-Vous voulez vraiment savoir?</span><br style="margin: 0px; padding: 0px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;" />  <span style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;">Oui, elles le voulaient vraiment.</span><br style="margin: 0px; padding: 0px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;" />  <span style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;">-J’écris l’histoire de deux filles qui sont assises dans un bar à côté d’un mec qui écrit. Comme elles sont curieuses, elles s’interrogent sur ses écritures, visiblement cela ne ressemble pas à une lettre.</span><br style="margin: 0px; padding: 0px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;" />  <span style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;">-Ça alors, quel curieux hasard! Et elles lui posent la question&nbsp;? m’ont-elles demandé en choeur.</span><br style="margin: 0px; padding: 0px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;" />  <span style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;">Justement je n’en savais rien et maintenant qu’elles avaient brisé mon élan, je ne le saurais peut-être jamais, ce serait une histoire dont je ne connaîtrais pas la fin.</span><br style="margin: 0px; padding: 0px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;" />  <span style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;">Elles ont alors disserté sur les raisons qui faisaient de certains des scientifiques et d’autres des littéraires.</span><br style="margin: 0px; padding: 0px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;" />  <span style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;">-Ce qui est sûr, leur ai-je dit, c’est que je n’ai pas donné mon esprit à la science.</span><br style="margin: 0px; padding: 0px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;" />  <span style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;">-Votre esprit peut-être, a dit l’une soudainement rêveuse, mais votre corps vous ne le donneriez pas à la science?</span><br style="margin: 0px; padding: 0px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;" />  <span style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;">Elles avaient une chambre à l’hôtel des Carmes juste à côté. Je les y ai suivies et sans me laisser le temps d’apprécier le charme un peu désuet de l’endroit, elles m’ont déshabillé. Je me suis retrouvé nu, objet de toutes leurs observations. Pour la science, je me suis offert en silence. Ma bite, bien sûr, a retenu leur attention. Elles n’en avaient jamais vue une si grande, m’ont-elles dit et l’une d’elles est descendue à la réception pour y emprunter un mètre de couturière afin d’en mesurer longueur et circonférence. Ensuite, m’ont branlé à quatre mains pour récolter ma semence dans un petit pot pour bébé.</span><br style="margin: 0px; padding: 0px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;" />  <span style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;">-On rentre à Paris demain matin, m’ont-elles dit. On va la faire garder au frais et sitôt arrivées on l’analysera. Donnez-nous votre adresse et on vous enverra les résultats. On vous dira si à votre âge vous avez encore le spermatozoïde allègre.</span><br style="margin: 0px; padding: 0px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;" />  <span style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;">Je suis retourné à mes écritures, en terrasse au soleil, sur la place du Vieux-Marché, mais j’avais l’esprit ailleurs. Sur mon bureau traînait, depuis quelques jours, une enveloppe que je tardais à poster. Elle contenait le formulaire pour me faire inscrire sur le fichier des affreux qui refusent de donner leur corps à la science lorsqu’ils seront morts. En ce qui me concernait, ce n’était pas par souci de l’intégrité de mon cadavre mais parce que je ne pouvais imaginer qu’un de mes organes permette à un abruti de continuer à vivre et les abrutis ne manquent pas, au premier rang desquels ceux qui votent pour l’extrême droite. Une position qui me valait les critiques sévères des altruistes pour qui toute vie humaine est précieuse. Désormais, je pourrais leur répliquer que mon corps, je l’avais déjà donné à la science, de mon vivant, cela leur donnerait un peu à penser, me disais-je, lorsque j’ai vu ma tasse à peine vidée s’envoler entre les mains agiles d’une serveuse.</span><br style="margin: 0px; padding: 0px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;" />  <span style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;">-Vous désirez autre chose&nbsp;?</span><br style="margin: 0px; padding: 0px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;" />  <span style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;">-Oui, que l’on m’aide à finir ce texte, lui ai-je répondu.</span><br style="margin: 0px; padding: 0px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;" />  <span style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;">Elle n’était pas contre et plutôt jolie. Je l’entrepris&nbsp;:</span><br style="margin: 0px; padding: 0px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;" />  <span style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: Georgia, serif; font-size: 15px; text-align: justify;">-A quelle heure terminez-vous votre service&nbsp;? Je n’habite pas très loin. Je vous invite à boire quelque chose et à me faire don d’une idée ou deux. D’un peu de votre personne en quelque sorte, si vous voulez bien.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.limprimante.com/perdrial/Du-don-de-soi_a282.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.limprimante.com/perdrial,2026:rss-96394106</guid>
   <title>Arpenteuse</title>
   <pubDate>Mon, 04 May 2026 17:08:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Michel Perdrial</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Uncategorized]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Texte paru dans la revue Salmigondis n°17 en été 2001     <div>
      Sur le badge qui orne son débardeur bleu nuit est écrit le mot surveillante. C’est pour ce travail qu’elle est employée par le Musée des Beaux-Arts. Pour surveiller. Et comment surveiller sans marcher, lui a fait remarquer le gardien-chef. <br />  Alors, elle marche de salle en salle et de tableau en tableau guettant du coin de l’œil ceux qui préfèrent s’enfermer dans un musée plutôt que jouir du soleil tranquille où se prélasse Rouen. <br />  De petit pas en petit pas, son chemin l’emmène à des kilomètres et la laisse à la même place sur le parquet éclairci et encore inusé, entre les murs couleur pastel fraîchement repeints. <br />  Elle marche et se demande comment on reconnaît un voleur d’icônes, a-t-il le sourire espiègle du <em>Démocrite</em> de Vélasquez&nbsp;? <br />  Elle marche et sa tête résonne de la cacophonie des commentaires de visites guidées qui s’entrecroisent et se chevauchent. <br />  Elle marche et ne sait comment elle trouvera la force de se pencher ce soir encore, sur les derniers travaux qu’il lui faut terminer pour obtenir la licence de sciences du langage. <br />  Elle marche et s’interroge&nbsp;: ses seins sont-ils aussi jolis que ceux de la <em>Joueuse de cistre</em> de Cesar Boetius van Everdingen&nbsp;? <br />  Elle marche et son jean moulant la fait chalouper, naviguant de bâbord à tribord, poursuivie par les yeux des garçons sur la rive. <br />  Elle marche et, parfois, clandestinement s’assoit sur la banquette noire, ouvre un livre, se plonge dans un texte dont elle rougit au surligneur les passages les moins abscons. <br />  C’est comme cela qu’un effronté qui l’a trop regardée, s’assoit à ses côtés et, sans même lui dire bonjour, remarque&nbsp;: <br />  - Alors, vous ne marchez pas aujourd’hui&nbsp;? <br />  Elle se sert de son livre ouvert comme d’un bouclier et appelle au secours la linguistique, la sémiotique, la sémantique et le lexique et puis s’excuse, il faut qu’elle marche. <br />  Elle marche et se demande parfois où elle va.&nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.limprimante.com/perdrial/Arpenteuse_a281.html</link>
  </item>

 </channel>
</rss>
