A l’Est (onze) : Nancy (Vieille Ville)

17 juillet 2021


J’ai beau sortir dès sept heures ce vendredi matin je trouve des Nancéen(ne)s debout avec qui je dois composer pour photographier la partie principale de la Vieille Ville qui va de la place Stanislas à la porte de la Craffe en passant par la Grande Rue où je loge présentement.
Sur cette place Stanislas, on trouve l’Hôtel de Ville, l’Office de Tourisme, le Musée des Beaux-Arts et des cafés et restaurants aux imposantes terrasses, toutes mises en place, et ça prend longtemps et c’est lourd,  par des hommes à la peau noire. Aucun véhicule n’y est admis. Les livreurs tirent des transpalettes.
Après la statue de Jacques Calot commence la Grande Rue aux nombreux hôtels particuliers remarquables. Elle est jouxtée par la basilique Saint-Epvre. On y trouve la maison où fut veillé le corps de Charles le Téméraire tué à la bataille de Nancy le cinq janvier mil quatre cent soixante-dix-sept, le Palais des Ducs de Lorraine, l’église des Cordeliers. Cette Grande Rue se termine avec la porte de la Craffe aux allures de château.
Autre monument démesuré situé ailleurs et que je vais voir après : la Cathédrale. Une voyageuse tirant sa valise que je photographie devant donne une idée de la taille de cet édifice. L’échelle de certains monuments nancéens est à un et demi.
C’est encore à la boulangerie Les Tentations de Seb que j’achète un croissant en forme de croissant et un pain au chocolat, tous deux excellents. Je suis servi par Seb lui-même à qui je demande si je peux trouver un café ouvert ailleurs que place Stanislas. Il me répond que non, tous des fainéants, il n’y a qu’à Stan.
Je retourne donc au Café du Commerce où l’allongé coûte toujours deux euros vingte (comme on dit dans la région) puis vers dix heures je vais boire un expresso place Saint-Epvre au Pinocchio où il ne coûte que deux euros. Je lis là Edmond de Goncourt que je trouve toujours aussi ennuyeux. C’est lui qui aurait dû mourir, et non Jules.
A midi, dans la rue des Maréchaux où, hormis la boulangerie de Seb, il n’y a que des restaurants, côte à côte et des deux côtés, je choisis Le Vivier qui propose un menu à treize euros quatre-vingt-dix. J’opte pour les rillettes aux deux saumons, le risotto de fruits de mer et le cheesecake citron framboise, avec un quart de chardonnay à quatre euros quatre-vingt-dix. J’ai une table bien abritée en terrasse et c’est heureux car en cours de repas, une drache s’abat qui oblige certain(e)s à se réfugier à l’intérieur. Personne n’ose trop se plaindre au regard de la catastrophe qui touche l’Allemagne et la Belgique.
Après ce bon repas, et alors que l’on va de drache en drache, je bois le café à la terrasse du Pinocchio, face la basilique où à l’aide d’une nacelle télescopique des ouvriers se livrent à de mystérieuses réparations. Demain devrait être un jour un peu meilleur, s’agissant de la météo.
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Deux sœurs avec leur vieille mère un peu sourde à la table voisine de la mienne au Vivier.
L’une : « C’est laquelle ton oreille, maman ? »
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Une femme à une autre au Pinocchio : « Donc, si un jour on me retrouve en une dizaine de morceaux, tu donneras aux flics cette liste. »
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S’il est une ville qui pourrait concourir pour la Plus Grande Terrasse de France, c’est Nancy. Nicolas le Mégalo, Maire de Rouen, Socialiste, qui en revendique le titre devrait venir y faire un tour. Il pourrait aussi s’inspirer de la ville pour faire de Rouen la Ville La Plus Propre de France, un autre de ses délires.