Dernières notes
Loïc Boyer
Je suis l’auteur de textes courts qui furent publiés depuis mil neuf cent quatre-vingt-quinze dans des revues littéraires en France (Supérieur Inconnu, Supplément d’Ame, Nouvelle Donne, Le Bord de l’Eau, Pris de Peur, l’Art du Bref, Sol’Air, Gros Textes, Salmigondis, Verso, Décharge, Bulle, Filigranes, Diérèse, Martobre, Comme ça et Autrement, (Cahier d’) Ecritures, La Nef des Fous), en Belgique (Traversées, Ecrits Vains, L’Arbre à Plumes, Inédit Nouveau, Bleu d’Encre), au Canada (Les Saisons Littéraires) et en Italie (Les Cahiers du Ru).
Les courageuses Editions du Chardon ont publié en mil neuf cent quatre-vingt-dix-neuf Erotica, un recueil de vingt-huit de ces textes, illustré par Isabelle Pio et Antoine Lopez et préfacé par Sarane Alexandrian, toujours disponible auprès de moi.
Je suis également l’auteur d’une pièce de théâtre et de plusieurs romans ou récits à ce jour inédits.
Depuis le onze novembre deux mille six, je publie mon Journal via Internet, un temps sous-titré Persiflages, moquages et autres énervages mâtinés de complimentages et de contentages. Sa première partie est lisible chez Eklablog, la deuxième ici.
Je vis au centre de Rouen dans un ancien monastère où autrefois les Sœurs de la Miséricorde se vouaient à l’éducation des jeunes filles.
Les courageuses Editions du Chardon ont publié en mil neuf cent quatre-vingt-dix-neuf Erotica, un recueil de vingt-huit de ces textes, illustré par Isabelle Pio et Antoine Lopez et préfacé par Sarane Alexandrian, toujours disponible auprès de moi.
Je suis également l’auteur d’une pièce de théâtre et de plusieurs romans ou récits à ce jour inédits.
Depuis le onze novembre deux mille six, je publie mon Journal via Internet, un temps sous-titré Persiflages, moquages et autres énervages mâtinés de complimentages et de contentages. Sa première partie est lisible chez Eklablog, la deuxième ici.
Je vis au centre de Rouen dans un ancien monastère où autrefois les Sœurs de la Miséricorde se vouaient à l’éducation des jeunes filles.
26 octobre 2026
Une bénédiction, cette heure d’hiver qui fait se lever le jour au moment où j’en ai envie. Comme c’est dimanche, il me faut néanmoins attendre neuf heures pour prendre le premier bateau bus pour Les Sablettes (quelle bêtise de les avoir arrêtés hier).
Cette fois, j’en descends au deuxième arrêt, Tamaris, là où le front de mer est parsemé de villas d’inspiration mauresque dues à Michel Pacha. Je suis la corniche Georges-Pompidou et passe devant deux de ces belles villas et d’autres constructions inintéressantes. Cette corniche recueille tous les sportifs du dimanche : marcheurs, coureurs, bicyclistes. C’est assommant, comme dirait Léautaud.
Arrivé à l’isthme des Sablettes, je retrouve sa plage et la terrasse balayée par le vent mais chauffée par le soleil du Prôvence Plage. « Et bonjour, je vous fais votre café », me dit la sympathique serveuse. J’y ouvre Léautaud.
Près de l’Hôtel George Sand se trouve un troisième restaurant, le Zio, une pizzeria mais pas seulement. Un menu du jour à vingt-trois euros y est proposé même le dimanche. J’y réserve une table d’intérieur pour être totalement à l’abri du vent puis vais m’asseoir sur un banc au soleil de la promenade.
Les Sablettes, le dimanche, c’est le défilé des familles. « On ne dit pas : je veux », dit une grand-mère à un deux ans. « Si tu fais du vélo avec les pédales, tu auras du manège et des dessins animés », disent un père et une mère au leur. Cela accompagné de « mon cœur » et de « mon amour ». Malgré le vent, il reste quelques petites mouches énervantes.
Dans le menu du Zio, j’opte pour la burrata crémeuse, la pizza Margherita et le tiramisu au café. Cela est bien bon et me permet de rentrer avec le bateau bus de treize heures quarante où des familles se croient dans un parc d’attractions.
Pour le café, je m’assois à une table de première ligne au Grand Café de la Rade. Malgré le vent, il y fait bon. Il suffit de bien tenir Léautaud.
*
La France entière, politiquement, socialement, offre en ce moment un spectacle singulier. Où allons-nous ? Que deviendrons-nous ? Que verrons-nous ?
C’est ce qu’écrit Léautaud. C’est ce que je pourrais écrire.
Cette fois, j’en descends au deuxième arrêt, Tamaris, là où le front de mer est parsemé de villas d’inspiration mauresque dues à Michel Pacha. Je suis la corniche Georges-Pompidou et passe devant deux de ces belles villas et d’autres constructions inintéressantes. Cette corniche recueille tous les sportifs du dimanche : marcheurs, coureurs, bicyclistes. C’est assommant, comme dirait Léautaud.
Arrivé à l’isthme des Sablettes, je retrouve sa plage et la terrasse balayée par le vent mais chauffée par le soleil du Prôvence Plage. « Et bonjour, je vous fais votre café », me dit la sympathique serveuse. J’y ouvre Léautaud.
Près de l’Hôtel George Sand se trouve un troisième restaurant, le Zio, une pizzeria mais pas seulement. Un menu du jour à vingt-trois euros y est proposé même le dimanche. J’y réserve une table d’intérieur pour être totalement à l’abri du vent puis vais m’asseoir sur un banc au soleil de la promenade.
Les Sablettes, le dimanche, c’est le défilé des familles. « On ne dit pas : je veux », dit une grand-mère à un deux ans. « Si tu fais du vélo avec les pédales, tu auras du manège et des dessins animés », disent un père et une mère au leur. Cela accompagné de « mon cœur » et de « mon amour ». Malgré le vent, il reste quelques petites mouches énervantes.
Dans le menu du Zio, j’opte pour la burrata crémeuse, la pizza Margherita et le tiramisu au café. Cela est bien bon et me permet de rentrer avec le bateau bus de treize heures quarante où des familles se croient dans un parc d’attractions.
Pour le café, je m’assois à une table de première ligne au Grand Café de la Rade. Malgré le vent, il y fait bon. Il suffit de bien tenir Léautaud.
*
La France entière, politiquement, socialement, offre en ce moment un spectacle singulier. Où allons-nous ? Que deviendrons-nous ? Que verrons-nous ?
C’est ce qu’écrit Léautaud. C’est ce que je pourrais écrire.
25 octobre 2026
Bien utile mon pull ce samedi matin. « Douze degrés, dit une femme, ressenti six avec le vent. » Vent dont je m’abrite un peu sous l’auvent du Maryland. Le marché s’installe. Les bus roulent encore. J’ai songé à en prendre un jusqu’au Mourillon et à revenir à pied mais ce temps froid me retient. De plus les rues à emprunter sont de peu d’intérêt. Aucune manifestation n’est autorisée à Toulon. Que se passera-t-il ? Personne ne semble inquiet. Dans le quartier où je dors, seul un acheteur d’or a recouvert sa vitrine de contreplaqué.
Je reste dans la vieille ville, patrouillant de rue étroite en rue étroite. Je photographie quelques-unes des belles façades colorées puis la statue de Raimu. C’est un enfant du pays (comme on dit). Un autre est Gilbert Bécaud, qui a chanté le marché du cours Lafayette. L’un et l’autre ne sont plus d’actualité.
Je me réchauffe à La Réale et y retrouve Léautaud subissant toujours la guerre. Heureusement que je me porte à merveille et que j’ai un excellent moral, l’excellent moral des gens qui se fichent toujours (plus ou moins) de tout.
Un petit tour du côté de l’Arsenal puis je vais déjeuner au Grand Café de la Rade. Deux curés intégristes en soutane blanche à large ceinture noire y boivent un verre de vin blanc. Avant de quitter les lieux, ils vont poser leurs verres sur le comptoir comme font les habitués.
Le soleil est plus ou moins là à la sortie mais le vent frais aussi. Je m’en protège sous la véranda à L’Escale. Ni l’incontournable visite de la rade, ni le petit grain touristique ne sont à l’arrêt. Des claque-sons indiquent que l’on se marie à la Mairie.
Vers seize heures trente, j’entends, de mon logis temporaire, un bruit de manifestants. Une dizaine de jeunes hommes remontent la rue des Boucheries. L’un porte un masque de clown cruel qu’il a relevé sur sa tête. Ce clown cruel semble me regarder quand je les observe de ma fenêtre ouverte. J’apprends qu’une manifestation a finalement été autorisée dans un quartier lointain par le Tribunal Administratif. On en est à ses débordements dans la vieille ville.
Je reste dans la vieille ville, patrouillant de rue étroite en rue étroite. Je photographie quelques-unes des belles façades colorées puis la statue de Raimu. C’est un enfant du pays (comme on dit). Un autre est Gilbert Bécaud, qui a chanté le marché du cours Lafayette. L’un et l’autre ne sont plus d’actualité.
Je me réchauffe à La Réale et y retrouve Léautaud subissant toujours la guerre. Heureusement que je me porte à merveille et que j’ai un excellent moral, l’excellent moral des gens qui se fichent toujours (plus ou moins) de tout.
Un petit tour du côté de l’Arsenal puis je vais déjeuner au Grand Café de la Rade. Deux curés intégristes en soutane blanche à large ceinture noire y boivent un verre de vin blanc. Avant de quitter les lieux, ils vont poser leurs verres sur le comptoir comme font les habitués.
Le soleil est plus ou moins là à la sortie mais le vent frais aussi. Je m’en protège sous la véranda à L’Escale. Ni l’incontournable visite de la rade, ni le petit grain touristique ne sont à l’arrêt. Des claque-sons indiquent que l’on se marie à la Mairie.
Vers seize heures trente, j’entends, de mon logis temporaire, un bruit de manifestants. Une dizaine de jeunes hommes remontent la rue des Boucheries. L’un porte un masque de clown cruel qu’il a relevé sur sa tête. Ce clown cruel semble me regarder quand je les observe de ma fenêtre ouverte. J’apprends qu’une manifestation a finalement été autorisée dans un quartier lointain par le Tribunal Administratif. On en est à ses débordements dans la vieille ville.
24 octobre 2026
Pendant que se déchaîne la tempête dans le Nord, le temps est incertain dans le Sud. « De toute façon, il va pleuvoir donc il va faire moins froid », déclare le serveur du Maryland. « Aujourd’hui ? », demande un client. « Oui, vers neuf heures et demie, dix heures. » Je reste donc sagement à quai, renonçant à Tamaris.
Le centre commercial Mayol ouvre à neuf heures trente. Il est composé d’un hypermarché Carrefour et de toutes les boutiques habituelles. Y trouverai-je un pull ? Chez Zara, le pull camionneur est de retour. Trop épais et un peu cher. J’entre en face chez Celio. Sur une table de promotion à moins quarante pour cent, je trouve immédiatement mon bonheur : un pull noir peu épais que je paie dix-huit euros à une jolie fille longiligne dont je suis le premier client. Elle voudrait bien m’enregistrer. Je lui dis que non. « C’est obligatoire avec les promotions. » Je lui donne donc mon nom et mon prénom. « Je n’ai pas de portable », lui dis-je. Elle prend mon numéro de fixe. « Avec ça, vous ne risquez pas de recevoir des messages », me dit-elle.
Je repasse à mon logis Air Bibi pour essayer ce pull. Ça va. Ressorti sous l’averse, je trouve abri à La Réale pour un café qui m’arrive sans que j’aie à le commander, puis je lis Léautaud : Il faut faire la queue aux fruitiers, aux épiciers, aux crémiers, qui d’ailleurs n’ont à peu près rien. Peu de charcutiers ouverts. Queues aussi, je n’en ai pas le courage. Je ne puis rester une heure, une heure et demie debout, au milieu de tout ce peuple. La tête me tourne. Voilà trois jours que je mange avec un morceau de pain et un peu de café. (lettre adressée au Fléau, le sept août mil neuf cent quarante)
L’averse la plus sévère tombe pendant la traversée entre Toulon et La Seyne. J’entre pile à midi à l’Hôtel de la Frégate. L’aimable patronne me dit qu’il n’y a guère de choix pour la table à cause de groupes ayant réservé. L’un d’eux est composé d’hommes quadragénaires ou quinquagénaires, tous au comptoir à boire des bières avant de déjeuner. Un autre va directement s’asseoir à sa table : une dizaine de vingtenaires, filles et garçons. Vendredi oblige, c’est poisson avec un dos de colin. Je le fais suivre d’une part de tarte au citron meringuée.
Mon repas est aussi bruyant que rapide. À treize heures, je suis de retour à Toulon. Le soleil l’est aussi. Je m’installe à la terrasse du Grand Café de la Rade pour le café et Léautaud. À tout hasard, et si cela vous est possible, ayez-moi de votre café de Rouen. Je le préfère de beaucoup au Café national d’ici, et je suis de plus très privé, le café représentant beaucoup pour moi. Il va sans dire, n’est-ce pas, que je le paierai autant qu’il y en aura. écrit-il à Lucien Combelle le dix-huit mars mil neuf cent quarante et un.
Avant de remonter à mon logement provisoire, j’entre dans la Cathédrale Sainte-Marie de la Seds que j’entends sonner régulièrement. Son intérieur ne présente pas de particularités remarquables. L’extérieur est un mélange de styles. C’est une église romane agrandie au dix-septième siècle : façade classique aux détails baroques et clocher massif surmonté d’un splendide campanile provençal en fer forgé.
Le centre commercial Mayol ouvre à neuf heures trente. Il est composé d’un hypermarché Carrefour et de toutes les boutiques habituelles. Y trouverai-je un pull ? Chez Zara, le pull camionneur est de retour. Trop épais et un peu cher. J’entre en face chez Celio. Sur une table de promotion à moins quarante pour cent, je trouve immédiatement mon bonheur : un pull noir peu épais que je paie dix-huit euros à une jolie fille longiligne dont je suis le premier client. Elle voudrait bien m’enregistrer. Je lui dis que non. « C’est obligatoire avec les promotions. » Je lui donne donc mon nom et mon prénom. « Je n’ai pas de portable », lui dis-je. Elle prend mon numéro de fixe. « Avec ça, vous ne risquez pas de recevoir des messages », me dit-elle.
Je repasse à mon logis Air Bibi pour essayer ce pull. Ça va. Ressorti sous l’averse, je trouve abri à La Réale pour un café qui m’arrive sans que j’aie à le commander, puis je lis Léautaud : Il faut faire la queue aux fruitiers, aux épiciers, aux crémiers, qui d’ailleurs n’ont à peu près rien. Peu de charcutiers ouverts. Queues aussi, je n’en ai pas le courage. Je ne puis rester une heure, une heure et demie debout, au milieu de tout ce peuple. La tête me tourne. Voilà trois jours que je mange avec un morceau de pain et un peu de café. (lettre adressée au Fléau, le sept août mil neuf cent quarante)
L’averse la plus sévère tombe pendant la traversée entre Toulon et La Seyne. J’entre pile à midi à l’Hôtel de la Frégate. L’aimable patronne me dit qu’il n’y a guère de choix pour la table à cause de groupes ayant réservé. L’un d’eux est composé d’hommes quadragénaires ou quinquagénaires, tous au comptoir à boire des bières avant de déjeuner. Un autre va directement s’asseoir à sa table : une dizaine de vingtenaires, filles et garçons. Vendredi oblige, c’est poisson avec un dos de colin. Je le fais suivre d’une part de tarte au citron meringuée.
Mon repas est aussi bruyant que rapide. À treize heures, je suis de retour à Toulon. Le soleil l’est aussi. Je m’installe à la terrasse du Grand Café de la Rade pour le café et Léautaud. À tout hasard, et si cela vous est possible, ayez-moi de votre café de Rouen. Je le préfère de beaucoup au Café national d’ici, et je suis de plus très privé, le café représentant beaucoup pour moi. Il va sans dire, n’est-ce pas, que je le paierai autant qu’il y en aura. écrit-il à Lucien Combelle le dix-huit mars mil neuf cent quarante et un.
Avant de remonter à mon logement provisoire, j’entre dans la Cathédrale Sainte-Marie de la Seds que j’entends sonner régulièrement. Son intérieur ne présente pas de particularités remarquables. L’extérieur est un mélange de styles. C’est une église romane agrandie au dix-septième siècle : façade classique aux détails baroques et clocher massif surmonté d’un splendide campanile provençal en fer forgé.
23 octobre 2026
Point de vent en ville ce jeudi matin. Il fait quand même frais en terrasse au Maryland.
Je prends le bateau bus de neuf heures pour Saint-Mandrier et en descends au premier arrêt, Ponton Président, au milieu des bateaux de plaisance. Je prends à droite au bout de ce ponton. Je passe par les petites plages du Touring et de la Vieille. Ensuite un chemin descend vers le Fort dont j’ignore le nom. On ne peut pas aller plus loin, ce que me confirment deux zonards à chiens. C’est militaire.
Je reviens sur mes pas jusqu’au premier arrêt de bus. Le Vingt-Huit de dix heures trois m’emmène de l’autre côté de la presqu’île. Je descends à Marégau et marche jusqu’au bout de la promenade. C’est ensuite le chemin du littoral qui va à la Coudoulière. Je l’emprunte jusqu’à ce qu’il devienne périlleux puis rebrousse jusqu’à Sainte-Asile.
Le vent étant de retour, je choisis une table haute abritée au Mas Sainte-Asile pour un café avec vue sur les vagues, le cap Sicié et les Deux Frères. Après, je lis un peu de Léautaud tandis qu’une femme lit un ouvrage intitulé Naturopathie. Des vieux d’ici se servent de la cuillère de leur café pour gratter leurs jeux à perdre. Parfois, ils gagnent : le droit de rejouer et de perdre. Un autre parle de Macron au concert de Céline Dion : « Il est arrivé en retard. Vingt minutes de retard. Non mais, c’est quoi ça ? » S’il n’y avait que cela à lui reprocher, me dis-je.
Je rejoins Les Sablettes par le sentier de la pinède et du Port Saint-Elme afin de déjeuner à La vie est une fête. À l’intérieur où c’est vite complet, des familles et d’autres groupes. Il fut un temps où je n’étais pas le seul à manger seul au restaurant. Ce temps est révolu. Dans le menu du jour, je choisis les moules à la crème d’ail des ours, les lentilles saucisse et toujours la brioche perdue et sa boule de glace.
Impossible de boire le café à la terrasse du Prôvence-Plage, ça souffle toujours. Je rejoins Toulon avec le bateau bus de treize heures quarante et comme ça vente un peu moins sur le quai, je me risque en première ligne au Grand Café de la Rade pour mon café lecture.
*
Ce samedi vingt-quatre octobre, les manifestations seront interdites dans le centre de Toulon. Nonobstant, la Maire et cheffe de la Métropole, Josée Massi, Droitiste, suspend l’ensemble du réseau de transports urbains Mistral de samedi dix heures jusqu’à dimanche à six heures du matin. De plus, les terrasses des cafés du centre ancien seront réduites de moitié le samedi.
Pour certains, c’est « Comment vais-je faire pour rentrer du travail ? » Pour d’autres : « Comment vais-je faire pour aller au rugby ? ».
Je prends le bateau bus de neuf heures pour Saint-Mandrier et en descends au premier arrêt, Ponton Président, au milieu des bateaux de plaisance. Je prends à droite au bout de ce ponton. Je passe par les petites plages du Touring et de la Vieille. Ensuite un chemin descend vers le Fort dont j’ignore le nom. On ne peut pas aller plus loin, ce que me confirment deux zonards à chiens. C’est militaire.
Je reviens sur mes pas jusqu’au premier arrêt de bus. Le Vingt-Huit de dix heures trois m’emmène de l’autre côté de la presqu’île. Je descends à Marégau et marche jusqu’au bout de la promenade. C’est ensuite le chemin du littoral qui va à la Coudoulière. Je l’emprunte jusqu’à ce qu’il devienne périlleux puis rebrousse jusqu’à Sainte-Asile.
Le vent étant de retour, je choisis une table haute abritée au Mas Sainte-Asile pour un café avec vue sur les vagues, le cap Sicié et les Deux Frères. Après, je lis un peu de Léautaud tandis qu’une femme lit un ouvrage intitulé Naturopathie. Des vieux d’ici se servent de la cuillère de leur café pour gratter leurs jeux à perdre. Parfois, ils gagnent : le droit de rejouer et de perdre. Un autre parle de Macron au concert de Céline Dion : « Il est arrivé en retard. Vingt minutes de retard. Non mais, c’est quoi ça ? » S’il n’y avait que cela à lui reprocher, me dis-je.
Je rejoins Les Sablettes par le sentier de la pinède et du Port Saint-Elme afin de déjeuner à La vie est une fête. À l’intérieur où c’est vite complet, des familles et d’autres groupes. Il fut un temps où je n’étais pas le seul à manger seul au restaurant. Ce temps est révolu. Dans le menu du jour, je choisis les moules à la crème d’ail des ours, les lentilles saucisse et toujours la brioche perdue et sa boule de glace.
Impossible de boire le café à la terrasse du Prôvence-Plage, ça souffle toujours. Je rejoins Toulon avec le bateau bus de treize heures quarante et comme ça vente un peu moins sur le quai, je me risque en première ligne au Grand Café de la Rade pour mon café lecture.
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Ce samedi vingt-quatre octobre, les manifestations seront interdites dans le centre de Toulon. Nonobstant, la Maire et cheffe de la Métropole, Josée Massi, Droitiste, suspend l’ensemble du réseau de transports urbains Mistral de samedi dix heures jusqu’à dimanche à six heures du matin. De plus, les terrasses des cafés du centre ancien seront réduites de moitié le samedi.
Pour certains, c’est « Comment vais-je faire pour rentrer du travail ? » Pour d’autres : « Comment vais-je faire pour aller au rugby ? ».
22 octobre 2026
C’est terminé l’épisode méditerranéen. Dès sept heures ce mercredi je sors et trouve un vent froid dehors. Une bâche m’en protège au Maryland.
Pour rejoindre Le Brusc (commune de Six-Fours-les-Plages), je prends le bateau bus de huit heures dix pour La Seyne puis le bus Quatre-Vingt-Sept, qui en part, jusqu’à son terminus.
Le vent froid est toujours là quand je descends. Je fais d’abord le tour de l’île du Petit Gaou accessible par la route : son horrible statue de Vénus, ses superbes pointes rocheuses acérées, ses vagues tumultueuses. Je compte enchaîner avec celui de l’île du Grand Gaou accessible par un petit pont de bois. Las, la barrière est fermée. Un pêcheur me dit que l’arrêté préfectoral d’hier ne doit pas être levé, ou alors c’est à cause du vent.
Dépité, je longe la mer jusqu’au Port : de joli pointus et un tas de bateaux dits de plaisance. En face de ce Port : Le Bistro où je vais me réchauffer d’un café à seulement un euro quatre-vingts. On trouve là des familles en vacances qui cherchent quoi faire par ce temps : « On va peut-être aller à Sanary, y a le marché. » et des locaux qui parlent des pillages : « Il n’y a même pas besoin d’une manifestation. Rien ne te dit qu’un jour une bande de petits merdeux de La Seyne ne débarquent dans le Carrefour City d’ici et se servent tranquillement. Le temps que les flics arrivent, ils seront loin. »
Je prends le bus Mistral, terminus La Seyne Centre, à dix heures quarante-neuf. J’en suis une bonne partie du trajet le seul passager. Il traverse le centre de Six-Fours puis descend droit sur le Port de La Seyne. J’erre dans le centre à la recherche d’un restaurant sans rien trouver d’autre que tacos kebab burgueur et cetera, jusqu’à ce que j’arrive à l’Hôtel de la Frégate où il y a un plat du jour. La patronne me permet de m’installer avant l’heure. De ma table, j’ai vue sur l’embarcadère des bateaux bus, un toutes les vingt minutes.
C’est un établissement à l’ancienne. Au mur, la photo du trio Brel Ferré Brassens et une autre de Gainsbourg assis. Ce n’est pas le genre d’endroit où l’on croise les familles de vacanciers. À part moi, il n’y a que des habitué(e)s dont quatre très vieilles. L’une a des ennuis avec son locataire Air Bibi, elle cherche comment envoyer la discussion qu’elle a eue avec lui à la plateforme de location. Le plat du jour est à douze euros. Il y en a même deux ce mercredi : saucisse de Toulouse ou choucroute. Je choisis le second. Une bonne grosse choucroute qui ne me déçoit pas. Je la fais suivre d’une tarte Tatin à six euros dont j’aurais pu me passer.
Le bateau de treize heures arrive quand j’en ai terminé. Il me conduit à L’Escale où je m’installe en terrasse, un peu abrité du vent, pour le café et la lecture.
*
Un pull dans ma valise pour aller à Perros-Guirec en septembre. Jamais mis.
En conséquence, point de pull dans ma valise pour aller à Toulon en octobre. Une erreur peut-être.
Pour rejoindre Le Brusc (commune de Six-Fours-les-Plages), je prends le bateau bus de huit heures dix pour La Seyne puis le bus Quatre-Vingt-Sept, qui en part, jusqu’à son terminus.
Le vent froid est toujours là quand je descends. Je fais d’abord le tour de l’île du Petit Gaou accessible par la route : son horrible statue de Vénus, ses superbes pointes rocheuses acérées, ses vagues tumultueuses. Je compte enchaîner avec celui de l’île du Grand Gaou accessible par un petit pont de bois. Las, la barrière est fermée. Un pêcheur me dit que l’arrêté préfectoral d’hier ne doit pas être levé, ou alors c’est à cause du vent.
Dépité, je longe la mer jusqu’au Port : de joli pointus et un tas de bateaux dits de plaisance. En face de ce Port : Le Bistro où je vais me réchauffer d’un café à seulement un euro quatre-vingts. On trouve là des familles en vacances qui cherchent quoi faire par ce temps : « On va peut-être aller à Sanary, y a le marché. » et des locaux qui parlent des pillages : « Il n’y a même pas besoin d’une manifestation. Rien ne te dit qu’un jour une bande de petits merdeux de La Seyne ne débarquent dans le Carrefour City d’ici et se servent tranquillement. Le temps que les flics arrivent, ils seront loin. »
Je prends le bus Mistral, terminus La Seyne Centre, à dix heures quarante-neuf. J’en suis une bonne partie du trajet le seul passager. Il traverse le centre de Six-Fours puis descend droit sur le Port de La Seyne. J’erre dans le centre à la recherche d’un restaurant sans rien trouver d’autre que tacos kebab burgueur et cetera, jusqu’à ce que j’arrive à l’Hôtel de la Frégate où il y a un plat du jour. La patronne me permet de m’installer avant l’heure. De ma table, j’ai vue sur l’embarcadère des bateaux bus, un toutes les vingt minutes.
C’est un établissement à l’ancienne. Au mur, la photo du trio Brel Ferré Brassens et une autre de Gainsbourg assis. Ce n’est pas le genre d’endroit où l’on croise les familles de vacanciers. À part moi, il n’y a que des habitué(e)s dont quatre très vieilles. L’une a des ennuis avec son locataire Air Bibi, elle cherche comment envoyer la discussion qu’elle a eue avec lui à la plateforme de location. Le plat du jour est à douze euros. Il y en a même deux ce mercredi : saucisse de Toulouse ou choucroute. Je choisis le second. Une bonne grosse choucroute qui ne me déçoit pas. Je la fais suivre d’une tarte Tatin à six euros dont j’aurais pu me passer.
Le bateau de treize heures arrive quand j’en ai terminé. Il me conduit à L’Escale où je m’installe en terrasse, un peu abrité du vent, pour le café et la lecture.
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Un pull dans ma valise pour aller à Perros-Guirec en septembre. Jamais mis.
En conséquence, point de pull dans ma valise pour aller à Toulon en octobre. Une erreur peut-être.
21 octobre 2026
Cette fois il pleut franchement et il tonne dès avant le lever du jour. Sur le réseau social Effe Bé la ville de Toulon annonce que la Préfecture du Var a envoyé une alerte très sonore sur tous les téléphones ce mardi à six heures trente, pas sur le mien.
Point de petit-déjeuner au Maryland, je me satisfais d’un thé petits gâteaux dans la cuisine de mon logis Air Bibi. C’est un vaste appartement à la configuration étrange. Il est comme enroulé autour de la cage d’escalier. D’un côté, un grand salon donnant sur la rue des Boucheries avec une alcôve où est un grand lit. De l’autre côté, la cuisine et la salle de bain donnant sur la rue des Tombades. Pour aller d’un côté à l’autre, un long couloir étroit.
Je reste dans cet appartement atypique (comme disent les agents immobiliers) jusqu’à dix heures trente puis j’affronte le déluge pour aller à La Réale. Moins d’une dizaine de clients dans cette grande brasserie ouverte sur le Port. De très rares passants sur le quai qui a pour particularité d’être inondé dès qu’il pleut se transformant en pédiluve. La Réale a heureusement une seconde entrée avenue de la République. Mon café bu, je reprends ma lecture. Sans la maison que je me suis faite, je pourrais aujourd’hui ne plus avoir de bureau, être libre, être mon maître, voyager quand cela me plairait, aller vivre trois mois ici, six mois ailleurs, mener la vie d’un curieux que je rêvais quand j’avais vingt-cinq ans. J’aurai vécu dans un placard, sans avoir rien vu. écrit Paul Léautaud au docteur Le Savoureux le cinq janvier mil neuf cent trente et un.
Pour raison de proximité, je déjeune chez L’Air du Temps. Cette fois d’une bavette frites salade et d’une mousse à la framboise, tout cela un peu industriel. J’en suis le seul client jusqu’au moment de mon départ quand arrivent un duo de collègues. Ce que je regrette vivement, c’est la disparition du Mondial Café, gargote de quartier qui était située à trente mètres de mon actuel Air Bibi, dans lequel je déjeunais avec plaisir du rustique plat du jour apporté par la cordiale serveuse. Ce Mondial Café a été détruit et remplacé par un café restaurant boboïsant nommé Le Zola du nom de la rue à l’angle de laquelle il est. Aucune envie d’y entrer.
*
Au fond de tous ces hommes à idées fausses, inertes, malfaisantes, mensongères, il y a surtout des imbéciles. Ils sont nés ainsi. Ils ont pu parfois faire illusion. Simple jeu d’esprit. Quand les secousses arrivent, ils se révèlent ce qu’ils sont pour de bon. (Paul Léautaud à Fernand Caussy, le onze février mil neuf cent trente et un)
Point de petit-déjeuner au Maryland, je me satisfais d’un thé petits gâteaux dans la cuisine de mon logis Air Bibi. C’est un vaste appartement à la configuration étrange. Il est comme enroulé autour de la cage d’escalier. D’un côté, un grand salon donnant sur la rue des Boucheries avec une alcôve où est un grand lit. De l’autre côté, la cuisine et la salle de bain donnant sur la rue des Tombades. Pour aller d’un côté à l’autre, un long couloir étroit.
Je reste dans cet appartement atypique (comme disent les agents immobiliers) jusqu’à dix heures trente puis j’affronte le déluge pour aller à La Réale. Moins d’une dizaine de clients dans cette grande brasserie ouverte sur le Port. De très rares passants sur le quai qui a pour particularité d’être inondé dès qu’il pleut se transformant en pédiluve. La Réale a heureusement une seconde entrée avenue de la République. Mon café bu, je reprends ma lecture. Sans la maison que je me suis faite, je pourrais aujourd’hui ne plus avoir de bureau, être libre, être mon maître, voyager quand cela me plairait, aller vivre trois mois ici, six mois ailleurs, mener la vie d’un curieux que je rêvais quand j’avais vingt-cinq ans. J’aurai vécu dans un placard, sans avoir rien vu. écrit Paul Léautaud au docteur Le Savoureux le cinq janvier mil neuf cent trente et un.
Pour raison de proximité, je déjeune chez L’Air du Temps. Cette fois d’une bavette frites salade et d’une mousse à la framboise, tout cela un peu industriel. J’en suis le seul client jusqu’au moment de mon départ quand arrivent un duo de collègues. Ce que je regrette vivement, c’est la disparition du Mondial Café, gargote de quartier qui était située à trente mètres de mon actuel Air Bibi, dans lequel je déjeunais avec plaisir du rustique plat du jour apporté par la cordiale serveuse. Ce Mondial Café a été détruit et remplacé par un café restaurant boboïsant nommé Le Zola du nom de la rue à l’angle de laquelle il est. Aucune envie d’y entrer.
*
Au fond de tous ces hommes à idées fausses, inertes, malfaisantes, mensongères, il y a surtout des imbéciles. Ils sont nés ainsi. Ils ont pu parfois faire illusion. Simple jeu d’esprit. Quand les secousses arrivent, ils se révèlent ce qu’ils sont pour de bon. (Paul Léautaud à Fernand Caussy, le onze février mil neuf cent trente et un)
20 octobre 2026
« T’as vu à Paris, c’est encore parti en couille. » C’est le propos de ce lundi matin au Maryland sans que l’on sache ce que pensent ceux qui en parlent.
De méchants nuages noirs sont à l’horizon. Un épisode méditerranéen est à l’ordre de ce jour et du suivant. J’hésite mais puisqu’il ne pleut pas encore, je me rends à la Station Maritime. Nous ne sommes que quatre passagers dans le bateau bus de neuf heures pour Saint-Mandrier.
À l’arrivée, quelques grosses gouttes me tombent sur la tête puis ça s’arrête. Je vais faire une photo de la jolie Mairie puis je marche jusqu’à la toute petite plage du Canon au-delà de laquelle deux navires militaires rouillent tranquillement depuis des années.
Je reviens jusqu’au café Le Mistral, toujours là mais tenu par un nouveau couple, et m’installe sous la pergola pour un café verre d’eau Léautaud. Des habituées évoquent les événements, les magasins pillés de Toulon. « Ça fait peur. » Elles parlent aussi de la nullité des propos de Macron hier soir à la télé. L’humanité est décidément composée d’un côté d’une bande de coquins, et de l’autre d’une foule stupide, qui ne pensent qu’à tout gâcher. commente Paul Léautaud dans une lettre à Madame Cayssac datée du seize juillet mil neuf cent trente. Le vent se lève. « Est-ce que c’est le vent de la pluie ? » « Oui, la mer, elle est pas belle. » J’apprends que le couple de cafetiers est en remplacement ici pour un mois. « Ensuite on va passer deux mois à Juan-les-Pins, puis un mois à Angers, ensuite ce sera Strasbourg. »
L’air du temps est à la pluie quand arrive le bateau du retour parti à onze heures trente de Saint-Mandrier. C’est à l’intérieur du restaurant du même nom que je m’installe pour déjeuner. Il semble bouger tout pareil que le bateau. La formule du jour : araignée de porc et gâteau aux poires. Le proverbe du jour : familles sur bateau, familles au restau (ce sont les vacances de la Toussaint). À la table voisine, cinq sexagénaires fêtent les soixante-deux ans de l’une. Ils parlent de ça et concluent que la Police devrait faire usage des armes à feu.
Le café, je le prends à L’Escale d’où j’assiste à la déconvenue des touristes pris dans les averses et à la rencontre de Paul Léautaud avec l’abbé Mugnier chez le docteur Le Savoureux.
*
Ils vont en avoir de l’avoir dans leurs armoires, les suppôts du capitalisme soumis à leur addiction à la consommation de masse qui se sont servis dans les boutiques après en avoir pulvérisé les rideaux et les vitres : des basquettes, des montres, des parfums, des jeux vidéo, des téléphones, des mangas, des vêtements, des sacs de luxe, de l’électroménager, des trottinettes électriques, des gants de boxe, des cartes Pokémon, tout ce qu’il faut pour être heureux.
*
Un épisode bouffon à Rouen : de bon matin le Maire Nicolas Mayer-Rossignol et sa Première Adjointe Marie-Andrée Malleville munis d’un balai et d’un sac poubelle aidant les employés municipaux à nettoyer les rues après le saccage du dix-sept octobre.
De méchants nuages noirs sont à l’horizon. Un épisode méditerranéen est à l’ordre de ce jour et du suivant. J’hésite mais puisqu’il ne pleut pas encore, je me rends à la Station Maritime. Nous ne sommes que quatre passagers dans le bateau bus de neuf heures pour Saint-Mandrier.
À l’arrivée, quelques grosses gouttes me tombent sur la tête puis ça s’arrête. Je vais faire une photo de la jolie Mairie puis je marche jusqu’à la toute petite plage du Canon au-delà de laquelle deux navires militaires rouillent tranquillement depuis des années.
Je reviens jusqu’au café Le Mistral, toujours là mais tenu par un nouveau couple, et m’installe sous la pergola pour un café verre d’eau Léautaud. Des habituées évoquent les événements, les magasins pillés de Toulon. « Ça fait peur. » Elles parlent aussi de la nullité des propos de Macron hier soir à la télé. L’humanité est décidément composée d’un côté d’une bande de coquins, et de l’autre d’une foule stupide, qui ne pensent qu’à tout gâcher. commente Paul Léautaud dans une lettre à Madame Cayssac datée du seize juillet mil neuf cent trente. Le vent se lève. « Est-ce que c’est le vent de la pluie ? » « Oui, la mer, elle est pas belle. » J’apprends que le couple de cafetiers est en remplacement ici pour un mois. « Ensuite on va passer deux mois à Juan-les-Pins, puis un mois à Angers, ensuite ce sera Strasbourg. »
L’air du temps est à la pluie quand arrive le bateau du retour parti à onze heures trente de Saint-Mandrier. C’est à l’intérieur du restaurant du même nom que je m’installe pour déjeuner. Il semble bouger tout pareil que le bateau. La formule du jour : araignée de porc et gâteau aux poires. Le proverbe du jour : familles sur bateau, familles au restau (ce sont les vacances de la Toussaint). À la table voisine, cinq sexagénaires fêtent les soixante-deux ans de l’une. Ils parlent de ça et concluent que la Police devrait faire usage des armes à feu.
Le café, je le prends à L’Escale d’où j’assiste à la déconvenue des touristes pris dans les averses et à la rencontre de Paul Léautaud avec l’abbé Mugnier chez le docteur Le Savoureux.
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Ils vont en avoir de l’avoir dans leurs armoires, les suppôts du capitalisme soumis à leur addiction à la consommation de masse qui se sont servis dans les boutiques après en avoir pulvérisé les rideaux et les vitres : des basquettes, des montres, des parfums, des jeux vidéo, des téléphones, des mangas, des vêtements, des sacs de luxe, de l’électroménager, des trottinettes électriques, des gants de boxe, des cartes Pokémon, tout ce qu’il faut pour être heureux.
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Un épisode bouffon à Rouen : de bon matin le Maire Nicolas Mayer-Rossignol et sa Première Adjointe Marie-Andrée Malleville munis d’un balai et d’un sac poubelle aidant les employés municipaux à nettoyer les rues après le saccage du dix-sept octobre.
19 octobre 2026
« Hier, ils ont fermé Maillol », dit mon voisin de derrière au Maryland ce dimanche. Il ne parle pas du Stade mais du centre commercial attenant. On avait peur des pillages. Il y en a eu un peu à Toulon mais rien à voir avec ce qui s’est passé dans d’autres villes.
Encore du ciel bleu entre deux nuages ce matin, aussi je prends le bateau bus de neuf heures cinq pour La Seyne. Le vide-greniers hebdomadaire est réduit. Comme je n’ai pas envie de lire Autant en emporte le vent (ici en version Quarto Gallimard), je n’achète rien et vais zoner dans le Parc de la Navale puis dans le centre du bourg quasi désert qui ne manque pas de charme.
Le ciel étant de plus en plus noir, je me tiens les pouces pour que ça ne tombe pas avant qu’arrive le bateau de dix heures trente-cinq pour Toulon.
Il pleut à l’arrivée. Je trace jusqu’à La Réale. Un café, un verre d’eau, et je commence le volume deux de Correspondance de Paul Léautaud, prudemment à l’intérieur. Un démuni cherche un parapluie. Il y en a un dans le bac. On regarde la vidéo d’hier pour voir s’il y était déjà. Oui, vas-y, tu peux le prendre.
Je rejoins, sous une pluie drue, le Grand Buffet à Volonté du Grand Café de la Rade pour déjeuner puis, pendant une accalmie, L’Escale pour le café et la lecture. Je n’aime pas Flaubert parce que je n’aime pas le style apprêté. Celui de Flaubert se ressent, pour moi, d’avoir été soumis à l’épreuve de la déclamation. J’ai voulu lire une fois un volume de la Correspondance. La vulgarité me l’a fait fermer pour jamais. écrit Léautaud à Fernand Caussy le dix-huit mars mil neuf cent vingt-neuf.
*
« Ce clip de campagne du Rassemblement National pour la Présidentielle mobilise de grands moyens », remarque judicieusement Tristane Banon.
Encore du ciel bleu entre deux nuages ce matin, aussi je prends le bateau bus de neuf heures cinq pour La Seyne. Le vide-greniers hebdomadaire est réduit. Comme je n’ai pas envie de lire Autant en emporte le vent (ici en version Quarto Gallimard), je n’achète rien et vais zoner dans le Parc de la Navale puis dans le centre du bourg quasi désert qui ne manque pas de charme.
Le ciel étant de plus en plus noir, je me tiens les pouces pour que ça ne tombe pas avant qu’arrive le bateau de dix heures trente-cinq pour Toulon.
Il pleut à l’arrivée. Je trace jusqu’à La Réale. Un café, un verre d’eau, et je commence le volume deux de Correspondance de Paul Léautaud, prudemment à l’intérieur. Un démuni cherche un parapluie. Il y en a un dans le bac. On regarde la vidéo d’hier pour voir s’il y était déjà. Oui, vas-y, tu peux le prendre.
Je rejoins, sous une pluie drue, le Grand Buffet à Volonté du Grand Café de la Rade pour déjeuner puis, pendant une accalmie, L’Escale pour le café et la lecture. Je n’aime pas Flaubert parce que je n’aime pas le style apprêté. Celui de Flaubert se ressent, pour moi, d’avoir été soumis à l’épreuve de la déclamation. J’ai voulu lire une fois un volume de la Correspondance. La vulgarité me l’a fait fermer pour jamais. écrit Léautaud à Fernand Caussy le dix-huit mars mil neuf cent vingt-neuf.
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« Ce clip de campagne du Rassemblement National pour la Présidentielle mobilise de grands moyens », remarque judicieusement Tristane Banon.
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