Dernières notes
Loïc Boyer
Je suis l’auteur de textes courts qui furent publiés depuis mil neuf cent quatre-vingt-quinze dans des revues littéraires en France (Supérieur Inconnu, Supplément d’Ame, Nouvelle Donne, Le Bord de l’Eau, Pris de Peur, l’Art du Bref, Sol’Air, Gros Textes, Salmigondis, Verso, Décharge, Bulle, Filigranes, Diérèse, Martobre, Comme ça et Autrement, (Cahier d’) Ecritures, La Nef des Fous), en Belgique (Traversées, Ecrits Vains, L’Arbre à Plumes, Inédit Nouveau, Bleu d’Encre), au Canada (Les Saisons Littéraires) et en Italie (Les Cahiers du Ru).
Les courageuses Editions du Chardon ont publié en mil neuf cent quatre-vingt-dix-neuf Erotica, un recueil de vingt-huit de ces textes, illustré par Isabelle Pio et Antoine Lopez et préfacé par Sarane Alexandrian, toujours disponible auprès de moi.
Je suis également l’auteur d’une pièce de théâtre et de plusieurs romans ou récits à ce jour inédits.
Depuis le onze novembre deux mille six, je publie mon Journal via Internet, un temps sous-titré Persiflages, moquages et autres énervages mâtinés de complimentages et de contentages. Sa première partie est lisible chez Eklablog, la deuxième ici.
Je vis au centre de Rouen dans un ancien monastère où autrefois les Sœurs de la Miséricorde se vouaient à l’éducation des jeunes filles.
Les courageuses Editions du Chardon ont publié en mil neuf cent quatre-vingt-dix-neuf Erotica, un recueil de vingt-huit de ces textes, illustré par Isabelle Pio et Antoine Lopez et préfacé par Sarane Alexandrian, toujours disponible auprès de moi.
Je suis également l’auteur d’une pièce de théâtre et de plusieurs romans ou récits à ce jour inédits.
Depuis le onze novembre deux mille six, je publie mon Journal via Internet, un temps sous-titré Persiflages, moquages et autres énervages mâtinés de complimentages et de contentages. Sa première partie est lisible chez Eklablog, la deuxième ici.
Je vis au centre de Rouen dans un ancien monastère où autrefois les Sœurs de la Miséricorde se vouaient à l’éducation des jeunes filles.
21 mars 2026
Ce vendredi, premier jour du printemps, par ailleurs Journée Internationale du Bonheur (il y a de quoi vu l’état du monde) est le jour de mon rendez-vous chez le dentiste, à neuf heures, le premier de la matinée. Il s’agit d’un contrôle annuel devant s’achever par un détartrage.
Peu avant l’heure dite, alors que je suis assis en salle d’attente, le téléphone sonne. C’est une femme qui appelle afin d'annuler le rendez-vous d’une autre pour cause de décès. Embarras de la secrétaire, prise de cours. « Oui oui, je me souviens d’elle. Elle était adorable. Très adorable. » « C’est une dame à casque à vélo ? », s’enquiert le dentiste quand sa secrétaire lui apprend cette mort. C’est bien cela. Soixante-dix ans. « Ce sont des choses qui arrivent », conclut-il sobrement.
Rien à signaler de mon côté, constate-t-il après m’avoir fait deux radios. Le détartrage terminé, il m’accompagne au comptoir. « Mon prochain rendez-vous dans un an ? » lui demandé-je. « Oui mais il faut que je vous dise, ce ne sera pas avec moi. Je m’expatrie au Canada au mois de juin. » « C’est bien dommage », lui dis-je. J’étais content d’avoir trouvé un jeune et bon dentiste après le départ en retraite du précédent. Il ne sera pas resté longtemps. « La bonne nouvelle, me dit-il, c’est que j’ai deux successeurs, un homme et une femme, tous deux très bien. » Je règle mon dû et lui souhaite une bonne nouvelle vie.
Malgré le soleil, le marché de la drouille du Clos Saint-Marc où je me rends ensuite fait triste mine. Des monceaux d’objets divers aussi décatis que la plupart de celles et ceux qui s’y intéressent et quasiment pas de livres.
C’est mieux à tout point de vue au Bibliovore où la bouquiniste me présente celle qu’elle vient de recruter pour lui permettre d’élargir les horaires d’ouverture. J’ai la chance de trouver dans le bac de nouveautés le Thésaurus Actes Sud groupant neuf écrits de Paul Nizon, parmi lesquels je n’ai lu que Stolz et L’année de l’amour. Je garde un bon souvenir du dernier nommé. Il est vrai que pour moi aussi c’était une année de l’amour quand je l’ai lu. « Vous êtes passé au Clos ? » me demande celle qui est désormais patronne. « Oui, mais ce n’est pas un bon jour. Et puis je n’aime pas cet endroit. Je préfère être ici. C’est beaucoup plus sympathique. » En ce qui me concerne, ce n’est pas la journée du bonheur, c’est la journée du compliment.
*
L’après-midi de ce vendredi, mon café lecture (Portrait d’une femme romanesque Jean Voilier de Célia Bertin) se déroule à la terrasse d’un bar dont le nom fait songer au printemps, un bar d’affranchis.
Je l’présente, il s’appelle Henri, il s’en fout de réussir sa vie. C’est un bièreux fanatique de hockey et de foute rouennais. Les Diables Rouges, c’est le même nom pour les deux équipes. Son passe-temps : se battre à coups de poing ou de batte contre les fanatiques des équipes adverses. Il est chef de cuisine. Acheter un restaurant lui ? « Dans l’époque qu’on est, je préfère garder l’argent pour acheter des armes, frère ! »
Un deuxième : « Si on m’avait expliqué que ça serait ça l’avenir ! »
Un troisième : « Nan, mais si tu veux créer un truc, c’est pas en France qu’il faut le créer. Y a trop de contraintes. » (Ce doit être aussi l’avis de mon dentiste.)
Peu avant l’heure dite, alors que je suis assis en salle d’attente, le téléphone sonne. C’est une femme qui appelle afin d'annuler le rendez-vous d’une autre pour cause de décès. Embarras de la secrétaire, prise de cours. « Oui oui, je me souviens d’elle. Elle était adorable. Très adorable. » « C’est une dame à casque à vélo ? », s’enquiert le dentiste quand sa secrétaire lui apprend cette mort. C’est bien cela. Soixante-dix ans. « Ce sont des choses qui arrivent », conclut-il sobrement.
Rien à signaler de mon côté, constate-t-il après m’avoir fait deux radios. Le détartrage terminé, il m’accompagne au comptoir. « Mon prochain rendez-vous dans un an ? » lui demandé-je. « Oui mais il faut que je vous dise, ce ne sera pas avec moi. Je m’expatrie au Canada au mois de juin. » « C’est bien dommage », lui dis-je. J’étais content d’avoir trouvé un jeune et bon dentiste après le départ en retraite du précédent. Il ne sera pas resté longtemps. « La bonne nouvelle, me dit-il, c’est que j’ai deux successeurs, un homme et une femme, tous deux très bien. » Je règle mon dû et lui souhaite une bonne nouvelle vie.
Malgré le soleil, le marché de la drouille du Clos Saint-Marc où je me rends ensuite fait triste mine. Des monceaux d’objets divers aussi décatis que la plupart de celles et ceux qui s’y intéressent et quasiment pas de livres.
C’est mieux à tout point de vue au Bibliovore où la bouquiniste me présente celle qu’elle vient de recruter pour lui permettre d’élargir les horaires d’ouverture. J’ai la chance de trouver dans le bac de nouveautés le Thésaurus Actes Sud groupant neuf écrits de Paul Nizon, parmi lesquels je n’ai lu que Stolz et L’année de l’amour. Je garde un bon souvenir du dernier nommé. Il est vrai que pour moi aussi c’était une année de l’amour quand je l’ai lu. « Vous êtes passé au Clos ? » me demande celle qui est désormais patronne. « Oui, mais ce n’est pas un bon jour. Et puis je n’aime pas cet endroit. Je préfère être ici. C’est beaucoup plus sympathique. » En ce qui me concerne, ce n’est pas la journée du bonheur, c’est la journée du compliment.
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L’après-midi de ce vendredi, mon café lecture (Portrait d’une femme romanesque Jean Voilier de Célia Bertin) se déroule à la terrasse d’un bar dont le nom fait songer au printemps, un bar d’affranchis.
Je l’présente, il s’appelle Henri, il s’en fout de réussir sa vie. C’est un bièreux fanatique de hockey et de foute rouennais. Les Diables Rouges, c’est le même nom pour les deux équipes. Son passe-temps : se battre à coups de poing ou de batte contre les fanatiques des équipes adverses. Il est chef de cuisine. Acheter un restaurant lui ? « Dans l’époque qu’on est, je préfère garder l’argent pour acheter des armes, frère ! »
Un deuxième : « Si on m’avait expliqué que ça serait ça l’avenir ! »
Un troisième : « Nan, mais si tu veux créer un truc, c’est pas en France qu’il faut le créer. Y a trop de contraintes. » (Ce doit être aussi l’avis de mon dentiste.)
19 mars 2026
Le jour qui se lève sur un ciel bleu, les trilles d’un oiseau inconnu de moi dans le jardin, ce mercredi s’annonce sous de meilleurs auspices que le précédent. Cela se confirme avec l’arrivée ponctuelle du sept heures vingt-six pour Paris.
J’ai la chance de ne pas y avoir de voisin immédiat. J’ouvre le Journal de Paul Klee traduit de l’allemand par Pierre Klossowski. Celui qui l’a lu avant moi a inscrit d’une écriture tremblée sur la page de titre « Se méfier de tout ce qui est signé par Klossowski, très tendancieux. » Derrière moi sont deux femmes qui ont rendez-vous avec « le groupe ». Dans leur conversation il est question d’un atelier holistique et de se détendre le nerf vague. Le Journal de Klee est celui de sa jeunesse. Son début s’apparente à des mémoires. Je n’aime pas les écrits rétrospectifs. Je m’en méfie comme d’un écrit de Klossowski.
Le bus Vingt-Neuf part dans cinq minutes. Il passe par l’Hôtel de Ville. Quelle tristesse de se dire que dimanche prochain, à cause du maintien imbécile de Sophia Chikirou, la compagne de celui qui a du mal à prononcer les noms juifs, risque de s’y établir l’horripilante Rachida Dati.
Le conducteur du bus me permet de descendre du bon côté de la Bastille. Un quidam entre dans les toilettes Decaux avec sa bicyclette (jamais vu ça encore). Je rejoins la place d’Aligre. « Le stock de bouquins pas cher ! », claironne un des supplétifs d’Émile qui a renoué avec la librairie. Un vieux stock dont il tirera moins que de ses nippes des semaines passées. Rien de mieux chez Amine, je vais prendre le soleil à l’une des tables de trottoir du Camélia. Un café, un verre d’eau et le Journal de Klee dans lequel j’ai du mal à entrer. Je mets mes deux euros vingt dans la main du patron par crainte qu'ils disparaissent comme la fois précédente.
De onze heures à midi moins le quart, j’explore les rayonnages du Book-Off de Ledru-Rollin. J’en repars avec un seul livre, à deux euros : Album Sacha Guitry d’André Bernard et Charles Floquet (Éditions Henri Veyrier).
Un métro un peu dérangé me conduit chez Au Diable des Lombards pour des accras de poisson et une saucisse au couteau lentilles.
De treize à quatorze heures, j’explore les rayonnages de sous-sol du Book-Off de Saint-Martin et remonte avec six livres à un euro : le numéro Quatre de l’épaisse revue Tra-Jectoires consacré à Henry-Louis Mermod où l’on trouve notamment sa correspondance avec Francis Ponge, La Prescription de Michel Falempin (Éditions Ivrea), Voyageurs excentriques de John Keay (Petite Bibliothèque Payot), Patrick Modiano de Nadia Butaud incluant un cédé de sa Radioscopie à vingt-cinq ans par Jacques Chancel (Textuel), « Cette réalité que j’ai pourchassée » d’Ella Maillart incluant un cédé d’entretiens d’icelle sur près de cinquante ans à la Radio Suisse Romande (Zoé) et Messaline la putain impériale de Jean-Noël Castorio (Biographie Payot).
Le soleil est là mais comme souffle un petit vent frisquet, c’est au-dedans de L’Opportun qu’après un café je poursuis la lecture du Journal de Paul Klee : 30 avril 1902 La matinée encore une fois aux Offices. Cette fois chez les Allemands. Dürer bien représenté, Holbein moins bien. Lucas Cranach en revanche, d’autant mieux : outre Adam et Eve particulièrement un double portrait en miniature de Luther et Mélanchthon (surtout Mélanchthon).
Direction la Gare Saint-Lazare où, à seize heures, j’ai rendez-vous avec un homme porteur d’un casque de bicycliste à l’entrée du McDonald’s face aux Lignes Normandes. Je lui remets les deux gros volumes de chez Folio des Misérables contre deux pièces de deux euros. « Bonne lecture », lui dis-je. « C’est pour ma fille », me répond-il. « Je le lirai après », ajoute-t-il. « Je n’en crois rien », ne lui dis-je pas.
*
« Docteur en théologie, professeur à l'université, disciple de Martin Luther, Mélanchthon est surtout connu pour avoir rédigé la Confession d'Augsbourg. Il est en outre le créateur du terme psychologie, forgé à partir du grec. » m’apprend Ouiquipédia. Son prénom est Philippe, pas Jean-Luc.
J’ai la chance de ne pas y avoir de voisin immédiat. J’ouvre le Journal de Paul Klee traduit de l’allemand par Pierre Klossowski. Celui qui l’a lu avant moi a inscrit d’une écriture tremblée sur la page de titre « Se méfier de tout ce qui est signé par Klossowski, très tendancieux. » Derrière moi sont deux femmes qui ont rendez-vous avec « le groupe ». Dans leur conversation il est question d’un atelier holistique et de se détendre le nerf vague. Le Journal de Klee est celui de sa jeunesse. Son début s’apparente à des mémoires. Je n’aime pas les écrits rétrospectifs. Je m’en méfie comme d’un écrit de Klossowski.
Le bus Vingt-Neuf part dans cinq minutes. Il passe par l’Hôtel de Ville. Quelle tristesse de se dire que dimanche prochain, à cause du maintien imbécile de Sophia Chikirou, la compagne de celui qui a du mal à prononcer les noms juifs, risque de s’y établir l’horripilante Rachida Dati.
Le conducteur du bus me permet de descendre du bon côté de la Bastille. Un quidam entre dans les toilettes Decaux avec sa bicyclette (jamais vu ça encore). Je rejoins la place d’Aligre. « Le stock de bouquins pas cher ! », claironne un des supplétifs d’Émile qui a renoué avec la librairie. Un vieux stock dont il tirera moins que de ses nippes des semaines passées. Rien de mieux chez Amine, je vais prendre le soleil à l’une des tables de trottoir du Camélia. Un café, un verre d’eau et le Journal de Klee dans lequel j’ai du mal à entrer. Je mets mes deux euros vingt dans la main du patron par crainte qu'ils disparaissent comme la fois précédente.
De onze heures à midi moins le quart, j’explore les rayonnages du Book-Off de Ledru-Rollin. J’en repars avec un seul livre, à deux euros : Album Sacha Guitry d’André Bernard et Charles Floquet (Éditions Henri Veyrier).
Un métro un peu dérangé me conduit chez Au Diable des Lombards pour des accras de poisson et une saucisse au couteau lentilles.
De treize à quatorze heures, j’explore les rayonnages de sous-sol du Book-Off de Saint-Martin et remonte avec six livres à un euro : le numéro Quatre de l’épaisse revue Tra-Jectoires consacré à Henry-Louis Mermod où l’on trouve notamment sa correspondance avec Francis Ponge, La Prescription de Michel Falempin (Éditions Ivrea), Voyageurs excentriques de John Keay (Petite Bibliothèque Payot), Patrick Modiano de Nadia Butaud incluant un cédé de sa Radioscopie à vingt-cinq ans par Jacques Chancel (Textuel), « Cette réalité que j’ai pourchassée » d’Ella Maillart incluant un cédé d’entretiens d’icelle sur près de cinquante ans à la Radio Suisse Romande (Zoé) et Messaline la putain impériale de Jean-Noël Castorio (Biographie Payot).
Le soleil est là mais comme souffle un petit vent frisquet, c’est au-dedans de L’Opportun qu’après un café je poursuis la lecture du Journal de Paul Klee : 30 avril 1902 La matinée encore une fois aux Offices. Cette fois chez les Allemands. Dürer bien représenté, Holbein moins bien. Lucas Cranach en revanche, d’autant mieux : outre Adam et Eve particulièrement un double portrait en miniature de Luther et Mélanchthon (surtout Mélanchthon).
Direction la Gare Saint-Lazare où, à seize heures, j’ai rendez-vous avec un homme porteur d’un casque de bicycliste à l’entrée du McDonald’s face aux Lignes Normandes. Je lui remets les deux gros volumes de chez Folio des Misérables contre deux pièces de deux euros. « Bonne lecture », lui dis-je. « C’est pour ma fille », me répond-il. « Je le lirai après », ajoute-t-il. « Je n’en crois rien », ne lui dis-je pas.
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« Docteur en théologie, professeur à l'université, disciple de Martin Luther, Mélanchthon est surtout connu pour avoir rédigé la Confession d'Augsbourg. Il est en outre le créateur du terme psychologie, forgé à partir du grec. » m’apprend Ouiquipédia. Son prénom est Philippe, pas Jean-Luc.
16 mars 2026
« Je pense qu’elle ne se représentera pas », me disait il y a quelques semaines l’un de mes fidèles lecteurs avec qui je prenais un café au Bistrot des Carmes non loin de la statue de Gustave Flaubert. J’étais, quant à moi, persuadé du contraire. « C’est son emploi, lui ai-je dit, il faut bien qu’elle gagne sa vie. » « Si elle est sur la liste, avais-je ajouté, je n’irai pas voter. »
J’avais raison. Marie-Andrée Malleville est de nouveau candidate à l’Election Municipale rouennaise mais, réflexion faite, ce dimanche matin, plutôt que de m’abstenir, avant de sortir de chez moi je glisse dans ma poche le bulletin de vote au nom de la liste « Fiers de Rouen » conduite par Nicolas Mayer-Rossignol, Socialiste, Maire sortant, bulletin sur lequel j’ai barré d’une croix le nom de Marie-Andrée Malleville. En septembre deux mille vingt, cette femme a pris pour argent comptant une lettre délirante écrite par un esprit dérangé et signée de mon nom qu’avait reçu et publié sur le réseau social Effe Bé ce grand naïf de David Bobée. Ce qui m’a valu une floppée d’injures, y compris de prétendus amis comme Arnaud Caquelard et Marie-Andrée Malleville. Quand j’ai appris à cette dernière que j’étais victime d’une usurpation d’identité, plutôt que de s’excuser, elle a continué à m’insulter : « Non tu n’es pas raciste ni homophobe mais on peut t’imaginer pousser l’aigreur jusque-là...désolée de penser cela. Tu as le potentiel à pousser le bouchon trop loin. J’y ai cru. Et les autres aussi. » « Ce qui se passe ici, tu en as semé les graines. Mais sois assuré que chaque personne concernée saura que tu n’es ni raciste ni homophobe, juste un brun (sic) sociopathe. D’où la méprise. »
La pendule du Lycée Camille Saint-Saëns marque huit heures dix lorsque je traverse la cour en diagonale après avoir salué le vigile de l’entrée. Mon bureau de vote est le Quarante et Un. Je donne ma carte d’identité et ma carte d’électeur à la jeune femme qui se tient derrière la table sur laquelle sont alignés les bulletins de vote. Elle me les rend avec une enveloppe marron destinée à recevoir mon bulletin de vote. Dans l’isoloir, je glisse celui-ci dans celle-là. Je donne mes deux cartes au président du bureau de vote. Il appelle mon numéro. Une des assesseures dit à quel nom ça correspond. C’est bien le mien. « A voté », annonce l’homme. Je signe et récupère mes papiers en me disant que la présence d’un homme debout comme président du bureau entouré de quatre femmes assises pour assesseures ne donne pas une image particulièrement féministe de la ville de Rouen. Il est huit heures quinze lorsque je sors du Lycée.
*
Au dépouillement, mon vote ira dans la pile des bulletins nuls. La nullité, c’est ce qui caractérise l’action municipale de celle dont j’ai barré le nom, Adjointe à la Culture et donc comptable des deux gros fiascos du mandat qui se termine : l’échec de la ville à être désignée Capitale Européenne de la Culture et l’abandon de Quatorze Juillet, « un projet culturel et artistique d'envergure internationale » confié à Thomas Jolly, qui devait avoir lieu l’an dernier sur la presqu’île Rollet.
*
Le résultat de ce premier tour est sans appel :
Nicolas Mayer-Rossignol obtient un peu plus de quarante-cinq pour cent des voix avec sa liste d'Union de la Gauche, le sondage lui en promettait quarante-deux, Marine Caron, Centristes de Droite et Droitistes associés, presque vingt-cinq pour cent, le sondage (qu’elle contestait) lui en promettait vingt-six, Maxime Da Silva, La France Insoumise, un peu plus de quatorze pour cent, le sondage (qu’il contestait) lui en promettait quinze, Grégoire Houdan, Rassemblement National, un peu plus de treize pour cent, le sondage lui en promettait quinze, les trois autres candidats, des broutilles, comme prévu par le sondage.
Moralité : contester un sondage qui ne vous est pas favorable ne permet pas de modifier la réalité.
J’avais raison. Marie-Andrée Malleville est de nouveau candidate à l’Election Municipale rouennaise mais, réflexion faite, ce dimanche matin, plutôt que de m’abstenir, avant de sortir de chez moi je glisse dans ma poche le bulletin de vote au nom de la liste « Fiers de Rouen » conduite par Nicolas Mayer-Rossignol, Socialiste, Maire sortant, bulletin sur lequel j’ai barré d’une croix le nom de Marie-Andrée Malleville. En septembre deux mille vingt, cette femme a pris pour argent comptant une lettre délirante écrite par un esprit dérangé et signée de mon nom qu’avait reçu et publié sur le réseau social Effe Bé ce grand naïf de David Bobée. Ce qui m’a valu une floppée d’injures, y compris de prétendus amis comme Arnaud Caquelard et Marie-Andrée Malleville. Quand j’ai appris à cette dernière que j’étais victime d’une usurpation d’identité, plutôt que de s’excuser, elle a continué à m’insulter : « Non tu n’es pas raciste ni homophobe mais on peut t’imaginer pousser l’aigreur jusque-là...désolée de penser cela. Tu as le potentiel à pousser le bouchon trop loin. J’y ai cru. Et les autres aussi. » « Ce qui se passe ici, tu en as semé les graines. Mais sois assuré que chaque personne concernée saura que tu n’es ni raciste ni homophobe, juste un brun (sic) sociopathe. D’où la méprise. »
La pendule du Lycée Camille Saint-Saëns marque huit heures dix lorsque je traverse la cour en diagonale après avoir salué le vigile de l’entrée. Mon bureau de vote est le Quarante et Un. Je donne ma carte d’identité et ma carte d’électeur à la jeune femme qui se tient derrière la table sur laquelle sont alignés les bulletins de vote. Elle me les rend avec une enveloppe marron destinée à recevoir mon bulletin de vote. Dans l’isoloir, je glisse celui-ci dans celle-là. Je donne mes deux cartes au président du bureau de vote. Il appelle mon numéro. Une des assesseures dit à quel nom ça correspond. C’est bien le mien. « A voté », annonce l’homme. Je signe et récupère mes papiers en me disant que la présence d’un homme debout comme président du bureau entouré de quatre femmes assises pour assesseures ne donne pas une image particulièrement féministe de la ville de Rouen. Il est huit heures quinze lorsque je sors du Lycée.
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Au dépouillement, mon vote ira dans la pile des bulletins nuls. La nullité, c’est ce qui caractérise l’action municipale de celle dont j’ai barré le nom, Adjointe à la Culture et donc comptable des deux gros fiascos du mandat qui se termine : l’échec de la ville à être désignée Capitale Européenne de la Culture et l’abandon de Quatorze Juillet, « un projet culturel et artistique d'envergure internationale » confié à Thomas Jolly, qui devait avoir lieu l’an dernier sur la presqu’île Rollet.
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Le résultat de ce premier tour est sans appel :
Nicolas Mayer-Rossignol obtient un peu plus de quarante-cinq pour cent des voix avec sa liste d'Union de la Gauche, le sondage lui en promettait quarante-deux, Marine Caron, Centristes de Droite et Droitistes associés, presque vingt-cinq pour cent, le sondage (qu’elle contestait) lui en promettait vingt-six, Maxime Da Silva, La France Insoumise, un peu plus de quatorze pour cent, le sondage (qu’il contestait) lui en promettait quinze, Grégoire Houdan, Rassemblement National, un peu plus de treize pour cent, le sondage lui en promettait quinze, les trois autres candidats, des broutilles, comme prévu par le sondage.
Moralité : contester un sondage qui ne vous est pas favorable ne permet pas de modifier la réalité.
14 mars 2026
Sept candidat(e)s sont en lice pour être Maire de Rouen en deux mille vingt-six :
Nicolas Mayer-Rossignol, le Maire sortant, soutenu par le Parti Socialiste, les Écologistes, le Parti Communiste et Place Publique, avec la liste « Fiers de Rouen ». Comment peut-on être fiers de Rouen ? C’est fiers d’eux-mêmes qu’ils sont.
Marine Caron, soutenue par Renaissance, Horizons et Les Républicains, avec la liste « Réussir Rouen ». Dans son programme : le rétablissement de cette réjouissance polluante et stupide qu’étaient les Vingt-Quatre Heures Motonautiques.
Grégoire Houdan, soutenu par le Rassemblement National et l’Union des Droites pour La République, avec la liste « Rouen Conquérante ». Sur sa liste, en troisième position, un prof de fac, actuellement conseiller municipal Les Républicains, sanctionné par l’Université de Rouen pour racisme envers un de ses élèves
Maxime Da Silva, soutenu par la France Insoumise, avec la liste « Faire Mieux pour Rouen ». Sur sa liste, en bonus, pour montrer son attachement à la défense de la nature : un écureuil roux (pourquoi roux ? peut-être un hommage discret à Adrien Quatennens).
Amaury Renauld, soutenu par le Nouveau Parti Anticapitaliste-Révolutionnaires, avec la liste « Rouen ouvrière et révolutionnaire ». Il y a maintenant deux Nouveaux Partis Anticapitalistes : un Nouveau Parti Anticapitaliste - Révolutionnaires et un Nouveau Parti Anticapitaliste - L’Anticapitaliste (dont des membres seraient sur la liste de Da Silva).
Éric Moisan, soutenu par Lutte Ouvrière, avec la liste « Le camp des travailleurs ». Disons : un camp de travailleurs
Céline Vitard, soutenue par le Parti des Travailleurs, avec la « Liste ouvrière pour la rupture avec la politique de Macron ». Un autre camp de travailleurs.
*
Ce dernier jeudi d’avant premier tour, un sondage donne le Maire sortant Nicolas Mayer-Rossignol largement en tête avec quarante-deux pour cent des intentions de vote. Il est suivi par Marine Caron avec vingt-six pour cent, puis par Maxime Da Silva et Grégoire Houdan avec chacun quinze pour cent ; pour les trois autres : des broutilles.
Marine Caron à Paris Normandie : « Ce sondage sort à deux jours de la fin de la campagne officielle, il a été mené auprès de 500 Rouennais sur Internet et ne reflète pas la réalité du terrain, où les attentes de changement sont immenses. Il faut raison garder, le seul sondage qui compte, c’est celui des urnes. »
Maxime Da Silva au même journal : « L’envie de changement est plus forte que ce qu’exprime ce sondage. Personnellement, je ne crois pas aux sondages. Les seuls chiffres qui comptent sont ceux qui sortiront à l’issue du premier tour. »
*
Rions un peu (sandouiche) : Dans ma boîte à lettres en début de semaine, un tract du candidat du Rassemblement National glissé dans Le Mag, le magazine de la Métropole (tenue par les Socialistes). Une initiative des facteurs qui avaient à distribuer les deux imprimés le même jour et qui ont trouvé plus simple de truffer le second avec le premier.
Rions un peu (permutation) : Frédéric Sanchez, autrefois Socialiste et Chef de la Métropole, devenu candidat sur la liste des Centristes de Droite et des Droitistes associés de Marine Caron et Jean-Louis Louvel, tête de liste macroniste lors de la précédente élection, devenu soutien officiel de la liste socialiste de Nicolas Mayer-Rossignol.
Rions un peu (reconversion) : Jean-Michel Bérégovoy, depuis qu’il a renoncé à se présenter à la tête d’une liste écologiste, jugeant plus prudent de s’associer à la liste socialiste de Nicolas Mayer-Rossignol, pas une photo sans qu’on le voie à la droite ou à la gauche de ce dernier, au point qu’on pourrait le prendre pour son garde du corps.
Nicolas Mayer-Rossignol, le Maire sortant, soutenu par le Parti Socialiste, les Écologistes, le Parti Communiste et Place Publique, avec la liste « Fiers de Rouen ». Comment peut-on être fiers de Rouen ? C’est fiers d’eux-mêmes qu’ils sont.
Marine Caron, soutenue par Renaissance, Horizons et Les Républicains, avec la liste « Réussir Rouen ». Dans son programme : le rétablissement de cette réjouissance polluante et stupide qu’étaient les Vingt-Quatre Heures Motonautiques.
Grégoire Houdan, soutenu par le Rassemblement National et l’Union des Droites pour La République, avec la liste « Rouen Conquérante ». Sur sa liste, en troisième position, un prof de fac, actuellement conseiller municipal Les Républicains, sanctionné par l’Université de Rouen pour racisme envers un de ses élèves
Maxime Da Silva, soutenu par la France Insoumise, avec la liste « Faire Mieux pour Rouen ». Sur sa liste, en bonus, pour montrer son attachement à la défense de la nature : un écureuil roux (pourquoi roux ? peut-être un hommage discret à Adrien Quatennens).
Amaury Renauld, soutenu par le Nouveau Parti Anticapitaliste-Révolutionnaires, avec la liste « Rouen ouvrière et révolutionnaire ». Il y a maintenant deux Nouveaux Partis Anticapitalistes : un Nouveau Parti Anticapitaliste - Révolutionnaires et un Nouveau Parti Anticapitaliste - L’Anticapitaliste (dont des membres seraient sur la liste de Da Silva).
Éric Moisan, soutenu par Lutte Ouvrière, avec la liste « Le camp des travailleurs ». Disons : un camp de travailleurs
Céline Vitard, soutenue par le Parti des Travailleurs, avec la « Liste ouvrière pour la rupture avec la politique de Macron ». Un autre camp de travailleurs.
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Ce dernier jeudi d’avant premier tour, un sondage donne le Maire sortant Nicolas Mayer-Rossignol largement en tête avec quarante-deux pour cent des intentions de vote. Il est suivi par Marine Caron avec vingt-six pour cent, puis par Maxime Da Silva et Grégoire Houdan avec chacun quinze pour cent ; pour les trois autres : des broutilles.
Marine Caron à Paris Normandie : « Ce sondage sort à deux jours de la fin de la campagne officielle, il a été mené auprès de 500 Rouennais sur Internet et ne reflète pas la réalité du terrain, où les attentes de changement sont immenses. Il faut raison garder, le seul sondage qui compte, c’est celui des urnes. »
Maxime Da Silva au même journal : « L’envie de changement est plus forte que ce qu’exprime ce sondage. Personnellement, je ne crois pas aux sondages. Les seuls chiffres qui comptent sont ceux qui sortiront à l’issue du premier tour. »
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Rions un peu (sandouiche) : Dans ma boîte à lettres en début de semaine, un tract du candidat du Rassemblement National glissé dans Le Mag, le magazine de la Métropole (tenue par les Socialistes). Une initiative des facteurs qui avaient à distribuer les deux imprimés le même jour et qui ont trouvé plus simple de truffer le second avec le premier.
Rions un peu (permutation) : Frédéric Sanchez, autrefois Socialiste et Chef de la Métropole, devenu candidat sur la liste des Centristes de Droite et des Droitistes associés de Marine Caron et Jean-Louis Louvel, tête de liste macroniste lors de la précédente élection, devenu soutien officiel de la liste socialiste de Nicolas Mayer-Rossignol.
Rions un peu (reconversion) : Jean-Michel Bérégovoy, depuis qu’il a renoncé à se présenter à la tête d’une liste écologiste, jugeant plus prudent de s’associer à la liste socialiste de Nicolas Mayer-Rossignol, pas une photo sans qu’on le voie à la droite ou à la gauche de ce dernier, au point qu’on pourrait le prendre pour son garde du corps.
13 mars 2026
Déjà un bon moment que j’ai lu au lit à petites doses Exégèse des lieux communs de Léon Bloy dans la collection Dix/Dix-Huit, un livre trouvé un mercredi au Marché d’Aligre.
Il y aurait beaucoup à dire sur cet homme au cerveau un peu dérangé. Je préfère donner la parole à Paul Verlaine qui, en un quatrain, le définit bien :
Un Abel mais un saint Eloi :
Enclume et marteau sans clémence,
La raison jusqu’à la démence,
Telle est la foi de Léon Bloy.
et donner en exemple deux de ses exégèses :
Les affaires sont les affaires
De tous les Lieux Communs, ordinairement si respectables et si sévères, je pense que voici le plus grave, le plus auguste. C’est l’ombilic des Lieux Communs, c’est la culminante parole du siècle. Mais il faut l’entendre et cela n’est pas donné indistinctement à tous les hommes. Les poètes, par exemple, ou les artistes le comprennent mal. Ceux qu’on nomme archaïquement des héros ou même des saints n’y comprennent rien.
L’affaire du salut, les affaires spirituelles, les affaires d’honneur, les affaires d’État, les affaires civiles même, sont des affaires qui pourraient être autre chose, mais ne sont pas les Affaires qui ne peuvent être que les Affaires, sans attribution ni épithète.
Être dans les Affaires, c’est être dans l’Absolu. Un homme tout à fait d’affaires est un stylite qui ne descend jamais de sa colonne. Il ne doit avoir de pensées, de sentiments, d’yeux, d’oreilles, de nez, de goût, de tact et d’estomac que pour les Affaires. L’homme d’affaires ne connaît ni père, ni mère, ni oncle, ni tante, ni femme, ni enfants, ni beau, ni laid, ni propre, ni sale, ni chaud, ni froid, ni Dieu, ni démon. Il ignore éperdument les lettres, les arts, les sciences, les histoires, les lois. Il ne doit connaître et savoir que les Affaires.
— Vous avez à Paris la Sainte-Chapelle et le Musée du Louvre, c’est possible, mais nous autres, à Chicago, nous tuons quatre-vingt mille cochons par jour !… Celui qui dit cela est vraiment un homme d’affaires. Cependant, il y a plus homme d’affaires encore, c’est celui qui vend cette chair de porc, et ce vendeur, à son tour, est surpassé par un acheteur profond qui en empoisonne tous les marchés européens.
Il serait impossible de dire précisément ce que c’est que les Affaires. C’est la divinité mystérieuse, quelque chose comme l’Isis des mufles par qui toutes les autres divinités sont supplantées. Ce ne serait pas déchirer le Voile que de parler, ici ou ailleurs, d’argent, de jeu, d’ambition, etc. Les Affaires sont les Affaires, comme Dieu est Dieu, c’est-à-dire en dehors de tout. Les Affaires sont l’Inexplicable, l’Indémontrable, l’Incirconscrit, au point qu’il suffit d’énoncer ce Lieu Commun pour tout trancher, pour museler à l’instant les blâmes, les colères, les plaintes, les supplications, les indignations et les récriminations. Quand on a dit ces Neuf Syllabes, on a tout dit, on a répondu à tout et il n’y a plus de Révélation à espérer.
Enfin ceux qui cherchent à pénétrer cet arcane sont conviés à une sorte de désintéressement mystique, et l’époque est sans doute peu éloignée où les hommes fuiront toutes les vanités du monde et tous ses plaisirs et se cacheront dans les solitudes pour se consacrer entièrement, exclusivement, aux Affaires.
Être poète à ses heures
Je vous mets au défi de trouver un Bourgeois qui ne soit pas poète à ses heures. Ils le sont tous, sans exception. Le Bourgeois qui ne serait pas poète à ses heures serait indigne de la confrérie et devrait être renvoyé ignominieusement aux artistes, à ces espèces d’esclaves qui sont poètes aux heures des autres.
Par exemple, il est un peu difficile de comprendre et d’expliquer ce que peut bien être cette poésie aux heures du Bourgeois. Supposer un instant que cet huissier se repose des fatigues de son ministère en taquinant la muse, qu’il se console du trop petit nombre de ses exploits en exécutant des cantates ou des élégies, serait évidemment se moquer de ce qui mérite le respect. Ce serait, si j’ose le dire, une idée basse.
Le Bourgeois n’est pas un imbécile, ni un voyou, et on sait que les vrais poètes, ceux qui ne sont que cela et qui le sont à toutes les heures, doivent être qualifiés ainsi. Lui est poète en la manière qui convient à un homme sérieux, c’est-à-dire quand il lui plaît, comme il lui plaît et sans y tenir le moins du monde. Il n’a même pas besoin d’y toucher. Il y a des domestiques pour ça. Inutile de lire, ni d’avoir lu, ni seulement d’être informé de quoi que ce soit. Il suffit à cet homme de s’exhaler. L’immensité de son âme fait craquer l’azur.
Mais il y a des heures pour ça, des heures qui sont siennes, celle de sa digestion, entre autres. Quand sonne l’heure des affaires, qui est l’heure grave, les couillonnades sont immédiatement congédiées.
— Être poète à ses heures, rien qu’à ses heures, voilà le secret de la grandeur des nations, me disait, dans mon enfance, un bourgeois de la grande époque.
Il y aurait beaucoup à dire sur cet homme au cerveau un peu dérangé. Je préfère donner la parole à Paul Verlaine qui, en un quatrain, le définit bien :
Un Abel mais un saint Eloi :
Enclume et marteau sans clémence,
La raison jusqu’à la démence,
Telle est la foi de Léon Bloy.
et donner en exemple deux de ses exégèses :
Les affaires sont les affaires
De tous les Lieux Communs, ordinairement si respectables et si sévères, je pense que voici le plus grave, le plus auguste. C’est l’ombilic des Lieux Communs, c’est la culminante parole du siècle. Mais il faut l’entendre et cela n’est pas donné indistinctement à tous les hommes. Les poètes, par exemple, ou les artistes le comprennent mal. Ceux qu’on nomme archaïquement des héros ou même des saints n’y comprennent rien.
L’affaire du salut, les affaires spirituelles, les affaires d’honneur, les affaires d’État, les affaires civiles même, sont des affaires qui pourraient être autre chose, mais ne sont pas les Affaires qui ne peuvent être que les Affaires, sans attribution ni épithète.
Être dans les Affaires, c’est être dans l’Absolu. Un homme tout à fait d’affaires est un stylite qui ne descend jamais de sa colonne. Il ne doit avoir de pensées, de sentiments, d’yeux, d’oreilles, de nez, de goût, de tact et d’estomac que pour les Affaires. L’homme d’affaires ne connaît ni père, ni mère, ni oncle, ni tante, ni femme, ni enfants, ni beau, ni laid, ni propre, ni sale, ni chaud, ni froid, ni Dieu, ni démon. Il ignore éperdument les lettres, les arts, les sciences, les histoires, les lois. Il ne doit connaître et savoir que les Affaires.
— Vous avez à Paris la Sainte-Chapelle et le Musée du Louvre, c’est possible, mais nous autres, à Chicago, nous tuons quatre-vingt mille cochons par jour !… Celui qui dit cela est vraiment un homme d’affaires. Cependant, il y a plus homme d’affaires encore, c’est celui qui vend cette chair de porc, et ce vendeur, à son tour, est surpassé par un acheteur profond qui en empoisonne tous les marchés européens.
Il serait impossible de dire précisément ce que c’est que les Affaires. C’est la divinité mystérieuse, quelque chose comme l’Isis des mufles par qui toutes les autres divinités sont supplantées. Ce ne serait pas déchirer le Voile que de parler, ici ou ailleurs, d’argent, de jeu, d’ambition, etc. Les Affaires sont les Affaires, comme Dieu est Dieu, c’est-à-dire en dehors de tout. Les Affaires sont l’Inexplicable, l’Indémontrable, l’Incirconscrit, au point qu’il suffit d’énoncer ce Lieu Commun pour tout trancher, pour museler à l’instant les blâmes, les colères, les plaintes, les supplications, les indignations et les récriminations. Quand on a dit ces Neuf Syllabes, on a tout dit, on a répondu à tout et il n’y a plus de Révélation à espérer.
Enfin ceux qui cherchent à pénétrer cet arcane sont conviés à une sorte de désintéressement mystique, et l’époque est sans doute peu éloignée où les hommes fuiront toutes les vanités du monde et tous ses plaisirs et se cacheront dans les solitudes pour se consacrer entièrement, exclusivement, aux Affaires.
Être poète à ses heures
Je vous mets au défi de trouver un Bourgeois qui ne soit pas poète à ses heures. Ils le sont tous, sans exception. Le Bourgeois qui ne serait pas poète à ses heures serait indigne de la confrérie et devrait être renvoyé ignominieusement aux artistes, à ces espèces d’esclaves qui sont poètes aux heures des autres.
Par exemple, il est un peu difficile de comprendre et d’expliquer ce que peut bien être cette poésie aux heures du Bourgeois. Supposer un instant que cet huissier se repose des fatigues de son ministère en taquinant la muse, qu’il se console du trop petit nombre de ses exploits en exécutant des cantates ou des élégies, serait évidemment se moquer de ce qui mérite le respect. Ce serait, si j’ose le dire, une idée basse.
Le Bourgeois n’est pas un imbécile, ni un voyou, et on sait que les vrais poètes, ceux qui ne sont que cela et qui le sont à toutes les heures, doivent être qualifiés ainsi. Lui est poète en la manière qui convient à un homme sérieux, c’est-à-dire quand il lui plaît, comme il lui plaît et sans y tenir le moins du monde. Il n’a même pas besoin d’y toucher. Il y a des domestiques pour ça. Inutile de lire, ni d’avoir lu, ni seulement d’être informé de quoi que ce soit. Il suffit à cet homme de s’exhaler. L’immensité de son âme fait craquer l’azur.
Mais il y a des heures pour ça, des heures qui sont siennes, celle de sa digestion, entre autres. Quand sonne l’heure des affaires, qui est l’heure grave, les couillonnades sont immédiatement congédiées.
— Être poète à ses heures, rien qu’à ses heures, voilà le secret de la grandeur des nations, me disait, dans mon enfance, un bourgeois de la grande époque.
12 mars 2026
À entendre la pluie tomber sur le toit à mon réveil, je me dis que j’aurais été bien inspiré hier d’annuler mon voyage à Paris. Il est trop tard. Aussi je me rends comme chaque mercredi à la Gare.
J’y trouve Alain Rault, aka le Playboy Communiste, énervé. Il invective quelqu’un qui l’a mal regardé. Il faut dire que, pour qui ne le connaît pas, il y a de quoi s’inquiéter à le voir déambuler, hirsute et vêtu de son éternelle couverture, celle-ci couvrant partiellement un torse dénudé.
Descendu sur le quai Deux, j’attends le coutumier train Nomad de sept heures vingt-six venant du Havre en compagnie des habituels et des inhabituels quand un message l’annonce avec un retard de dix minutes en raison d’un « dérangement ». Au bout de ces dix minutes, ce retard est allongé de trente minutes. La chute d’un arbre en serait la cause. Nous sommes invités à prendre le train omnibus qui stationne voie Trois et devrait partir dans dix minutes.
Un grand mouvement de foule s’ensuit. Comme j’étais au début du quai Deux, je suis l’un des derniers arrivés au quai Trois et constate que ce train omnibus est déjà blindé. Je renonce à y monter, n’ayant pas envie de voyager dans de mauvaises conditions, voire même debout. J’attends donc que mon train habituel soit affiché.
Il ne le sera pas. Un nouveau message annonce que tous les trains en provenance du Havre et de Dieppe sont bloqués vers Malaunay. La situation ne redeviendra normale que vers midi. L’omnibus suivant au départ de Rouen est déjà complet. En conséquence, je renonce à mon escapade parisienne.
Avant de quitter la Gare, je passe au guichet demander si je peux être remboursé. « Pour l’aller, ce n’est pas possible », me dit l’aimable guichetière. Elle n’est pas en capacité de rembourser un billet après l’heure officielle de départ d’un train. Il me faudra faire une réclamation sur le site des trains Nomad. En revanche, elle me fait un remboursement pour le train du retour.
De retour à la maison, je fais le nécessaire bien que peu confiant sur la possibilité d’être satisfait, d’autant qu’on me demande de télécharger une photographie de mon billet et que celle faite avec mon appareil numérique est trop lourde et donc refusée. Qui verra vivra, comme écrivait George Perros.
*
Pendant que j’y suis (comme on dit), la Senecefe mettant en vente ce mercredi depuis l’aube ses billets pour l’été, et jusqu’au mois de décembre, je réserve mes allers et retours de juillet et août. Il ne faut pas traîner, les prix risquent d’augmenter à cause de la guerre au Moyen-Orient. Déjà, il y a quelque semaines le Rouen Paris avec carte de vieux est passé de sept euros soixante-dix à huit euros quarante.
J’y trouve Alain Rault, aka le Playboy Communiste, énervé. Il invective quelqu’un qui l’a mal regardé. Il faut dire que, pour qui ne le connaît pas, il y a de quoi s’inquiéter à le voir déambuler, hirsute et vêtu de son éternelle couverture, celle-ci couvrant partiellement un torse dénudé.
Descendu sur le quai Deux, j’attends le coutumier train Nomad de sept heures vingt-six venant du Havre en compagnie des habituels et des inhabituels quand un message l’annonce avec un retard de dix minutes en raison d’un « dérangement ». Au bout de ces dix minutes, ce retard est allongé de trente minutes. La chute d’un arbre en serait la cause. Nous sommes invités à prendre le train omnibus qui stationne voie Trois et devrait partir dans dix minutes.
Un grand mouvement de foule s’ensuit. Comme j’étais au début du quai Deux, je suis l’un des derniers arrivés au quai Trois et constate que ce train omnibus est déjà blindé. Je renonce à y monter, n’ayant pas envie de voyager dans de mauvaises conditions, voire même debout. J’attends donc que mon train habituel soit affiché.
Il ne le sera pas. Un nouveau message annonce que tous les trains en provenance du Havre et de Dieppe sont bloqués vers Malaunay. La situation ne redeviendra normale que vers midi. L’omnibus suivant au départ de Rouen est déjà complet. En conséquence, je renonce à mon escapade parisienne.
Avant de quitter la Gare, je passe au guichet demander si je peux être remboursé. « Pour l’aller, ce n’est pas possible », me dit l’aimable guichetière. Elle n’est pas en capacité de rembourser un billet après l’heure officielle de départ d’un train. Il me faudra faire une réclamation sur le site des trains Nomad. En revanche, elle me fait un remboursement pour le train du retour.
De retour à la maison, je fais le nécessaire bien que peu confiant sur la possibilité d’être satisfait, d’autant qu’on me demande de télécharger une photographie de mon billet et que celle faite avec mon appareil numérique est trop lourde et donc refusée. Qui verra vivra, comme écrivait George Perros.
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Pendant que j’y suis (comme on dit), la Senecefe mettant en vente ce mercredi depuis l’aube ses billets pour l’été, et jusqu’au mois de décembre, je réserve mes allers et retours de juillet et août. Il ne faut pas traîner, les prix risquent d’augmenter à cause de la guerre au Moyen-Orient. Déjà, il y a quelque semaines le Rouen Paris avec carte de vieux est passé de sept euros soixante-dix à huit euros quarante.
9 mars 2026
Parmi mes lectures récentes, deux Françoise Sagan, ses lettres de jeunesse à son amie de lycée, Écris-moi vite et longuement, Lettres à Véronique Campion, et Toxique, le journal de la cure de désintoxication qu’elle dut faire après avoir été traitée au Palfium, un dérivé morphinique, pour calmer les douleurs consécutives aux multiples fractures (crâne, thorax, bassin, poignet, clavicule) causées par son accident de voiture le treize avril mil neuf cent cinquante-sept (près de Milly-la-Forêt, elle perdit le contrôle de son Aston Martin, ses passagers, Bernard Frank, Voldemar Lestienne et Véronique Campion, furent éjectés et légèrement blessés). Toxique est illustré par des dessins de Bernard Buffet, surtout des femmes nues sans rapport avec le texte, de quoi me réconcilier un peu avec ce mauvais peintre.
Proust au Majestic de Richard Davenport-Hines, un livre qui commence par la rencontre ratée, lors d’une soirée à laquelle participaient Stravinsky, Diaghilev et Picasso, dans les salons de l’Hôtel Majestic à Paris, le dix-huit mai mil neuf cent vingt-deux, de Marcel Proust et James Joyce. Le dialogue entre Joyce, ivre, mal habillé, laconique, et Proust, arrivé à deux heures du matin vêtu d’une houppelande noire et ganté de chevreau, tourna court. Ce non évènement sert de point de départ à Davenport-Hines pour retracer la vie de l’auteur de La Recherche en s’appuyant sur son homosexualité.
Noté cette citation de Marcel au passage : Quel malheur que les médecins soient « consciencieux » et qu’on ne puisse pas leur dire « tuez-moi » au lieu de « soignez-moi » puisqu’ils ne peuvent vous guérir.
Enfin, partiellement, La double réfraction du spath d’Islande de Béatrix Beck, ouvrage composé pour moitié de nouvelles et pour moitié de textes autobiographiques. Je n’ai lu que cette seconde moitié.
Dans Souvenirs indirects, ceci :
Dans la voiture qui nous amenait à l’enterrement de Gide, Léautaud me dit : « J’ai connu un curieux personnage qui portait le même nom que vous. Un jour, il me demanda une pièce de cinq sous pour acheter un timbre. J’ai refusé. J’ai eu du remords. Ce n’était pas pour acheter un timbre. » Le curieux personnage, c’est Christian Beck, le père de Béatrix, écrivain non reconnu qui vécut dans la misère. C’était un ami d’André Gide. Sa fille fut la dernière secrétaire de celui-ci.
Dans Paris aide-mémoire, elle raconte qu’elle habitait
Rue Bonaparte dans le même immeuble que Sartre, et qui explosa pendant la guerre d’Algérie. Étonnants journalistes présents dès la première seconde du drame. Toit envolé, poutre maîtresse jouant les filles de l’air, chaussée scintillante d’éclats de verre.
Claude Fau descend précipitamment ce qui reste d’escalier. Il porte dans ses bras Gisèle Halimi en chemise de nuit de dentelle.
Dialogue entre un policier et un pompier :
« C’est contre qui ?
-Il s’appelle Sartre.
-Qui c’est ?
-Un professeur, il paraît. »
(Gisele Halimi en chemise de nuit de dentelle, ça fait rêver.)
Également Dieudonné, portrait de Roger Nimier, un texte que Béatrix Beck fit paraître dans le numéro neuf de la revue Quoi lire en avril mil neuf cent quatre-vingt-neuf. Je ne sais pas si Marie Nimier connait ce portrait de son père. Je vais lui envoyer un message.
Proust au Majestic de Richard Davenport-Hines, un livre qui commence par la rencontre ratée, lors d’une soirée à laquelle participaient Stravinsky, Diaghilev et Picasso, dans les salons de l’Hôtel Majestic à Paris, le dix-huit mai mil neuf cent vingt-deux, de Marcel Proust et James Joyce. Le dialogue entre Joyce, ivre, mal habillé, laconique, et Proust, arrivé à deux heures du matin vêtu d’une houppelande noire et ganté de chevreau, tourna court. Ce non évènement sert de point de départ à Davenport-Hines pour retracer la vie de l’auteur de La Recherche en s’appuyant sur son homosexualité.
Noté cette citation de Marcel au passage : Quel malheur que les médecins soient « consciencieux » et qu’on ne puisse pas leur dire « tuez-moi » au lieu de « soignez-moi » puisqu’ils ne peuvent vous guérir.
Enfin, partiellement, La double réfraction du spath d’Islande de Béatrix Beck, ouvrage composé pour moitié de nouvelles et pour moitié de textes autobiographiques. Je n’ai lu que cette seconde moitié.
Dans Souvenirs indirects, ceci :
Dans la voiture qui nous amenait à l’enterrement de Gide, Léautaud me dit : « J’ai connu un curieux personnage qui portait le même nom que vous. Un jour, il me demanda une pièce de cinq sous pour acheter un timbre. J’ai refusé. J’ai eu du remords. Ce n’était pas pour acheter un timbre. » Le curieux personnage, c’est Christian Beck, le père de Béatrix, écrivain non reconnu qui vécut dans la misère. C’était un ami d’André Gide. Sa fille fut la dernière secrétaire de celui-ci.
Dans Paris aide-mémoire, elle raconte qu’elle habitait
Rue Bonaparte dans le même immeuble que Sartre, et qui explosa pendant la guerre d’Algérie. Étonnants journalistes présents dès la première seconde du drame. Toit envolé, poutre maîtresse jouant les filles de l’air, chaussée scintillante d’éclats de verre.
Claude Fau descend précipitamment ce qui reste d’escalier. Il porte dans ses bras Gisèle Halimi en chemise de nuit de dentelle.
Dialogue entre un policier et un pompier :
« C’est contre qui ?
-Il s’appelle Sartre.
-Qui c’est ?
-Un professeur, il paraît. »
(Gisele Halimi en chemise de nuit de dentelle, ça fait rêver.)
Également Dieudonné, portrait de Roger Nimier, un texte que Béatrix Beck fit paraître dans le numéro neuf de la revue Quoi lire en avril mil neuf cent quatre-vingt-neuf. Je ne sais pas si Marie Nimier connait ce portrait de son père. Je vais lui envoyer un message.
7 mars 2026
Ce vendredi, dans ma boîte à lettres, une enveloppe « Urgent élection ». À l’intérieur, les professions de foi (comme on dit) et les bulletins de vote des candidats de premier tour à l’Élection Municipale de Rouen. Il n’y a pas urgence ; c’est dans dix jours.
Je ne m’inquiète pas du résultat de cette élection dans la ville où j’habite. Celui qui peut avoir des conséquences, c’est celui du Havre. Par ses répercussions sur l’Élection Présidentielle de l’année prochaine.
Dans les sondages, Édouard Philippe est le seul à être donné gagnant au second tour face à Bardella (ou Le Pen) mais, selon un sondage local, il est donné battu au Havre. Cela entraînerait sa non candidature à la Présidentielle, une aubaine pour le Rassemblement National.
Je suis certain que dans la Cité Océane (comme disent certains), au second tour, des électeurs d’extrême droite voteront pour le candidat communiste afin d’éliminer le seul concurrent vraiment dangereux à la Présidentielle.
Qui d’autre pour espérer battre Bardella ou Le Pen ? À ce jour, je ne vois pas. Ce dont je suis certain, c’est que si, par malheur, le second tour mettait face à face Bardella (ou Le Pen) et l’épouvantable Mélenchon, c’est l’assurance d’une victoire pour le Rassemblement National.
*
Ces candidats à l’Élection Municipale de Rouen, je les vois s’agiter dans le fil d’actualité du réseau social Effe Bé. Filmés par un smartphone. L’un pour se féliciter de ce qu’il a fait. L’une pour montrer que c’est mal fait. Leur point commun : parler en bougeant les bras.
Il en est ainsi de tous ceux qui, sur des sujets divers, s’expriment filmés pour un public qu’ils désirent convaincre. Parler ne suffit pas, il faut gesticuler.
Je ne m’inquiète pas du résultat de cette élection dans la ville où j’habite. Celui qui peut avoir des conséquences, c’est celui du Havre. Par ses répercussions sur l’Élection Présidentielle de l’année prochaine.
Dans les sondages, Édouard Philippe est le seul à être donné gagnant au second tour face à Bardella (ou Le Pen) mais, selon un sondage local, il est donné battu au Havre. Cela entraînerait sa non candidature à la Présidentielle, une aubaine pour le Rassemblement National.
Je suis certain que dans la Cité Océane (comme disent certains), au second tour, des électeurs d’extrême droite voteront pour le candidat communiste afin d’éliminer le seul concurrent vraiment dangereux à la Présidentielle.
Qui d’autre pour espérer battre Bardella ou Le Pen ? À ce jour, je ne vois pas. Ce dont je suis certain, c’est que si, par malheur, le second tour mettait face à face Bardella (ou Le Pen) et l’épouvantable Mélenchon, c’est l’assurance d’une victoire pour le Rassemblement National.
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Ces candidats à l’Élection Municipale de Rouen, je les vois s’agiter dans le fil d’actualité du réseau social Effe Bé. Filmés par un smartphone. L’un pour se féliciter de ce qu’il a fait. L’une pour montrer que c’est mal fait. Leur point commun : parler en bougeant les bras.
Il en est ainsi de tous ceux qui, sur des sujets divers, s’expriment filmés pour un public qu’ils désirent convaincre. Parler ne suffit pas, il faut gesticuler.
© 2014 Michel Perdrial - Design: Bureau l’Imprimante



