Dernières notes
Loïc Boyer
Je suis l’auteur de textes courts qui furent publiés depuis mil neuf cent quatre-vingt-quinze dans des revues littéraires en France (Supérieur Inconnu, Supplément d’Ame, Nouvelle Donne, Le Bord de l’Eau, Pris de Peur, l’Art du Bref, Sol’Air, Gros Textes, Salmigondis, Verso, Décharge, Bulle, Filigranes, Diérèse, Martobre, Comme ça et Autrement, (Cahier d’) Ecritures, La Nef des Fous), en Belgique (Traversées, Ecrits Vains, L’Arbre à Plumes, Inédit Nouveau, Bleu d’Encre), au Canada (Les Saisons Littéraires) et en Italie (Les Cahiers du Ru).
Les courageuses Editions du Chardon ont publié en mil neuf cent quatre-vingt-dix-neuf Erotica, un recueil de vingt-huit de ces textes, illustré par Isabelle Pio et Antoine Lopez et préfacé par Sarane Alexandrian, toujours disponible auprès de moi.
Je suis également l’auteur d’une pièce de théâtre et de plusieurs romans ou récits à ce jour inédits.
Depuis le onze novembre deux mille six, je publie mon Journal via Internet, un temps sous-titré Persiflages, moquages et autres énervages mâtinés de complimentages et de contentages. Sa première partie est lisible chez Eklablog, la deuxième ici.
Je vis au centre de Rouen dans un ancien monastère où autrefois les Sœurs de la Miséricorde se vouaient à l’éducation des jeunes filles.
Les courageuses Editions du Chardon ont publié en mil neuf cent quatre-vingt-dix-neuf Erotica, un recueil de vingt-huit de ces textes, illustré par Isabelle Pio et Antoine Lopez et préfacé par Sarane Alexandrian, toujours disponible auprès de moi.
Je suis également l’auteur d’une pièce de théâtre et de plusieurs romans ou récits à ce jour inédits.
Depuis le onze novembre deux mille six, je publie mon Journal via Internet, un temps sous-titré Persiflages, moquages et autres énervages mâtinés de complimentages et de contentages. Sa première partie est lisible chez Eklablog, la deuxième ici.
Je vis au centre de Rouen dans un ancien monastère où autrefois les Sœurs de la Miséricorde se vouaient à l’éducation des jeunes filles.
31 août 2026
En ce dernier dimanche d’août, je lis sur le banc du jardin bien que le temps ne soit pas au mieux. J’ai ainsi l’occasion d’en prendre plein les oreilles un peu avant seize heures avec le Grand Plénum. Ainsi appelle-t-on le puissant carillonnage de la Cathédrale qui commémore les quatre-vingt-deux ans de la Libération de Rouen. Peu après, un livre choit sur le pavé à ma gauche. Il provient de chez la vieille voisine. Ce n’est pas qu’elle soit reprise de l’envie de jeter ses affaires par la fenêtre. C’est qu’il y a eu un coup de vent et un claquement de fenêtre. Ce livre la maintenait ouverte. Si j’étais passé à cet endroit à ce moment, je l’aurais reçu sur la tête et il est assez épais. Arrive la vieille amie de la vieille voisine qui vient voir ce que je lis. La duchesse de Bloomsbury Street d’Helene Hanff, le journal dans lequel l’auteure de 84, Charing Cross Street raconte le séjour à Londres que le succès de ce livre lui a permis. Elle ne connaît pas. Elle me dit qu’elle-même lit un livre qu’on lui a offert. Elle ne se souvient ni du titre ni du nom de l’auteur. Il est Russe. Avant de monter chez la vieille voisine, elle ramasse le livre chu. « Edith Wharton », me dit-elle. Un livre en anglais, comme tous ceux qui calent les fenêtres de la vieille voisine, celle-ci étant d’origine anglaise.
Avant le livre d’Helene Hanff, en cette fin de mois d’août, sur le banc du jardin, j’ai lu les quatre volumes consacrés à Marcel Duchamp édités par le Centre Pompidou et achetés à Perpignan. M’ont particulièrement intéressé l’Abécédaire, le Plan pour écrire une vie de Marcel Duchamp de Jennifer Gough-Cooper et Jacques Caumont, tous deux résidant au Ver à Val à Hautoit-le-Valois (Seine-Maritime) et Victor, le roman inachevé d’Henri-Pierre Roché.
Lu aussi sur ce banc : Dans les archives secrètes de la Police, un ouvrage collectif paru chez L’Iconoclaste. On y trouve le rapport d’une descente à l’Hôtel Marigny dans la nuit du onze au douze janvier mil neuf cent dix-huit, « un lieu servant de refuge à des homo-sexuels et où l’on consomme après les heures réglementaires ». Les présents sont recensés : les hommes trouvés en couple dans les chambres, dont certains âgés seulement de seize ans, et, « se livrant à la beuverie » (une bouteille de champagne et quatre verres), le propriétaire de l’Hôtel et trois clients. Parmi ces derniers : « Proust Marcel, 46 ans, rentier, 102 boulevard Haussmann ».
C’est l’une des dernières fois où je m’assois sur le banc du jardin en cette année deux mille vingt-six. Bientôt, je vais repartir en villégiature. Le logement Air Bibi qui doit m’accueillir ne possédant pas de ouifi, il faudra que je trouve un autre moyen pour fréquenter Internet.
Avant le livre d’Helene Hanff, en cette fin de mois d’août, sur le banc du jardin, j’ai lu les quatre volumes consacrés à Marcel Duchamp édités par le Centre Pompidou et achetés à Perpignan. M’ont particulièrement intéressé l’Abécédaire, le Plan pour écrire une vie de Marcel Duchamp de Jennifer Gough-Cooper et Jacques Caumont, tous deux résidant au Ver à Val à Hautoit-le-Valois (Seine-Maritime) et Victor, le roman inachevé d’Henri-Pierre Roché.
Lu aussi sur ce banc : Dans les archives secrètes de la Police, un ouvrage collectif paru chez L’Iconoclaste. On y trouve le rapport d’une descente à l’Hôtel Marigny dans la nuit du onze au douze janvier mil neuf cent dix-huit, « un lieu servant de refuge à des homo-sexuels et où l’on consomme après les heures réglementaires ». Les présents sont recensés : les hommes trouvés en couple dans les chambres, dont certains âgés seulement de seize ans, et, « se livrant à la beuverie » (une bouteille de champagne et quatre verres), le propriétaire de l’Hôtel et trois clients. Parmi ces derniers : « Proust Marcel, 46 ans, rentier, 102 boulevard Haussmann ».
C’est l’une des dernières fois où je m’assois sur le banc du jardin en cette année deux mille vingt-six. Bientôt, je vais repartir en villégiature. Le logement Air Bibi qui doit m’accueillir ne possédant pas de ouifi, il faudra que je trouve un autre moyen pour fréquenter Internet.
28 août 2026
« Une page se tourne pour Rakuten France : Conformément à l’article 11.1 "Résiliation" de nos Conditions Générales d’Utilisation (les "CGU"), nous vous informons de l’arrêt définitif de nos services de mise en relation entre acheteurs et vendeurs sur notre plateforme, et par conséquent de l’impossibilité d’y effectuer des ventes ou des achats auprès de vendeurs, tant professionnels que non-professionnels, à compter du 30 septembre 2026, 23h59. » Tel est le message que j’ai reçu il y a quelque temps.
Cette page qui se tourne est en réalité un livre qui se ferme, un dépôt de bilan, la faillite de la branche française de Rakuten, maison japonaise.
En vingt ans de présence sur ce site (Price Minister puis Rakuten), j’aurai acheté quelques dizaines de livres et j’en aurai vendu presque dix mille. À l’heure de la fermeture, il m’en reste environ mille huit cents à vendre. C’est dire que ça ne m’arrange pas.
L’une de mes dernières lectures sur le banc du jardin est Des bibliothèques pleines de fantômes de Jacques Bonnet. Il y évoque les rapports étranges entre le bibliomane et ses milliers de livres : Les mêmes rapports qu’entre le jardinier et une plante grimpante envahissante : la plante se développe d’elle-même d’une manière invisible à l’œil nu mais avec un progrès néanmoins constatable au bout de quelques semaines ; l’homme, à moins de la couper, ne pouvant qu’indiquer la direction qu’il souhaite lui voir prendre. (…) Nous avons choisi ses thèmes et ses axes de développement mais ne pouvons qu’observer qu’elle a envahi tous les murs de la pièce, grimpé jusqu’au plafond, annexé une à une les autres pièces en expulsant tout ce qui la dérange.
À quelque chose malheur est bon, comme dit Madame Michu. L’hiver prochain sera pour moi celui de ma reprise de pouvoir, sécateur en main, sur la plante grimpante envahissante.
*
Il se passe parfois quelque chose à Rouen. Quatre petites bibliothèques de quartier : Capucins, Saint-Sever, Grand Mare et Châtelet ont été rebaptisées. Elles portent désormais des noms de femmes : Amélie Bosquet, Aretha Franklin, Madeleine Riffaud et Emilie du Châtelet.
Emilie du Châtelet (ah ah ah). Dommage qu’on n’ait pas eu en réserve pour les deux premières une Capucine et une Sévère. Pour la Grand Mare, on avait bien une Marie-Andrée à la Mairie mais elle n’habite pas le quartier.
Cette page qui se tourne est en réalité un livre qui se ferme, un dépôt de bilan, la faillite de la branche française de Rakuten, maison japonaise.
En vingt ans de présence sur ce site (Price Minister puis Rakuten), j’aurai acheté quelques dizaines de livres et j’en aurai vendu presque dix mille. À l’heure de la fermeture, il m’en reste environ mille huit cents à vendre. C’est dire que ça ne m’arrange pas.
L’une de mes dernières lectures sur le banc du jardin est Des bibliothèques pleines de fantômes de Jacques Bonnet. Il y évoque les rapports étranges entre le bibliomane et ses milliers de livres : Les mêmes rapports qu’entre le jardinier et une plante grimpante envahissante : la plante se développe d’elle-même d’une manière invisible à l’œil nu mais avec un progrès néanmoins constatable au bout de quelques semaines ; l’homme, à moins de la couper, ne pouvant qu’indiquer la direction qu’il souhaite lui voir prendre. (…) Nous avons choisi ses thèmes et ses axes de développement mais ne pouvons qu’observer qu’elle a envahi tous les murs de la pièce, grimpé jusqu’au plafond, annexé une à une les autres pièces en expulsant tout ce qui la dérange.
À quelque chose malheur est bon, comme dit Madame Michu. L’hiver prochain sera pour moi celui de ma reprise de pouvoir, sécateur en main, sur la plante grimpante envahissante.
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Il se passe parfois quelque chose à Rouen. Quatre petites bibliothèques de quartier : Capucins, Saint-Sever, Grand Mare et Châtelet ont été rebaptisées. Elles portent désormais des noms de femmes : Amélie Bosquet, Aretha Franklin, Madeleine Riffaud et Emilie du Châtelet.
Emilie du Châtelet (ah ah ah). Dommage qu’on n’ait pas eu en réserve pour les deux premières une Capucine et une Sévère. Pour la Grand Mare, on avait bien une Marie-Andrée à la Mairie mais elle n’habite pas le quartier.
27 août 2026
Un orage mardi soir à Rouen comme à Paris, un autre annoncé pour mercredi soir à Paris comme à Rouen. Entre les deux, une belle journée pour mon escapade du mercredi. Dans le train de sept heures vingt-six, je reprends On s’est déjà vu quelque part ? de Nuala O’Faolain, tandis que dans le carré le plus proche une mère joue bruyamment aux cartes avec ses deux filles et qu’outre couloir un enrhumé à grosses jambes poilues ne cesse de se moucher.
C’est encore le mois d’août à Paris, peu de monde dans le bus Vingt-Neuf. J’y suis même le seul passager lorsque je descends à Bastille Beaumarchais.
Tous les livres d’Émile sont sur table lorsque j’arrive au Marché d’Aligre mais aucun ne peut me convenir.
Je marche jusqu’au boulevard Voltaire et entre chez Re-Read peu après l’ouverture. Je montre mes six livres légers à la séduisante employée. Elle en refuse un et me donne un euro soixante-quinze pour les autres. Je fais le tour de la boutique. Rien pour moi.
Je prends l’air frais sur un banc puis retourne à Ledru-Rollin où j’attends le lever de rideau de Book-Off. « Je suis au truc des livres », déclare au téléphone une qui est représentative de la clientèle du jour. Pour parfaire mon humeur maussade, je ressors sans le moindre livre.
La gentille serveuse est de retour chez Au Diable des Lombards, vêtue d’un dos nu. Cela me permet de constater qu’elle est tatouée, hélas. Je déjeune d’un croustillant de poulet curry et d’un magret de canard pommes sautées.
Quelques nuages d’orage sont visibles à l’horizon lorsque je rejoins le Book-Off de la rue Saint-Martin. Bien sûr, il fait toujours trop chaud dans son sous-sol. Je fais vite et remonte avec seulement deux livres à un euro : De la musique de Jacques Drillon (Gallimard) et Tout pour l’amour, récits érotiques chinois traduits et présentés par André Lévy (Picquier poche).
Je rejoins Chez Vigouroux pour un café lecture à trente mètres de l’entrée du métro Sainte Opportune. Je suis prêt à y plonger si dans le ciel cela tourne mal. À ma gauche, deux artistes terminent de déjeuner. Ils parlent d’un spectacle à Tatihou. Quand l’un se lève pour payer, l’autre lui dit « Laisse, on va mettre ça sur le compte de Mélusine ». Cette fée a bon dos.
Cela tient côté ciel et ma lecture se poursuit tranquillement. Nuala O’Faolain vieillissant, ce qu’elle raconte est moins palpitant : alcool et solitude.
C’est dans le train de seize heures quarante que je lis la postface où elle raconte comment ont été reçues ses confessions familiales lors de leur parution en Irlande. Devant moi, une mère avec son sept huit ans. Un agité dont elle ne s’occupe pas, préférant se tripoter le smartphone.
Supportons, supportons, ces nombreux cornichons, comme aurait pu dire Noël Godin, dit Le Gloupier, dit L’Entartreur, mort ce dimanche à l’âge de quatre-vingts ans.
C’est encore le mois d’août à Paris, peu de monde dans le bus Vingt-Neuf. J’y suis même le seul passager lorsque je descends à Bastille Beaumarchais.
Tous les livres d’Émile sont sur table lorsque j’arrive au Marché d’Aligre mais aucun ne peut me convenir.
Je marche jusqu’au boulevard Voltaire et entre chez Re-Read peu après l’ouverture. Je montre mes six livres légers à la séduisante employée. Elle en refuse un et me donne un euro soixante-quinze pour les autres. Je fais le tour de la boutique. Rien pour moi.
Je prends l’air frais sur un banc puis retourne à Ledru-Rollin où j’attends le lever de rideau de Book-Off. « Je suis au truc des livres », déclare au téléphone une qui est représentative de la clientèle du jour. Pour parfaire mon humeur maussade, je ressors sans le moindre livre.
La gentille serveuse est de retour chez Au Diable des Lombards, vêtue d’un dos nu. Cela me permet de constater qu’elle est tatouée, hélas. Je déjeune d’un croustillant de poulet curry et d’un magret de canard pommes sautées.
Quelques nuages d’orage sont visibles à l’horizon lorsque je rejoins le Book-Off de la rue Saint-Martin. Bien sûr, il fait toujours trop chaud dans son sous-sol. Je fais vite et remonte avec seulement deux livres à un euro : De la musique de Jacques Drillon (Gallimard) et Tout pour l’amour, récits érotiques chinois traduits et présentés par André Lévy (Picquier poche).
Je rejoins Chez Vigouroux pour un café lecture à trente mètres de l’entrée du métro Sainte Opportune. Je suis prêt à y plonger si dans le ciel cela tourne mal. À ma gauche, deux artistes terminent de déjeuner. Ils parlent d’un spectacle à Tatihou. Quand l’un se lève pour payer, l’autre lui dit « Laisse, on va mettre ça sur le compte de Mélusine ». Cette fée a bon dos.
Cela tient côté ciel et ma lecture se poursuit tranquillement. Nuala O’Faolain vieillissant, ce qu’elle raconte est moins palpitant : alcool et solitude.
C’est dans le train de seize heures quarante que je lis la postface où elle raconte comment ont été reçues ses confessions familiales lors de leur parution en Irlande. Devant moi, une mère avec son sept huit ans. Un agité dont elle ne s’occupe pas, préférant se tripoter le smartphone.
Supportons, supportons, ces nombreux cornichons, comme aurait pu dire Noël Godin, dit Le Gloupier, dit L’Entartreur, mort ce dimanche à l’âge de quatre-vingts ans.
24 août 2026
Vendredi, je vois la vieille voisine sortir avec des vêtements sur le bras. Je me dis que ce n’est sûrement pas une bonne chose mais qu’y faire ? Une heure plus tard, ce sont deux jeunes femmes « arabes » qui la ramènent. La première lui donne le bras. Le deuxième porte les vêtements. Elles l’aident à monter son escalier. Un peu plus tard, ce ne sont pas elles qui réapparaissent mais les deux chats qui étaient enfermés dans l’appartement et en ont profité pour filer au jardin. La vieille voisine suit avec les deux jeunes femmes. « Je veux mes chats ! » crie-t-elle méchamment à l’une d’elles, interloquée, qui tente de les attraper. Elle n’y arrive évidemment pas. Je sors lui dire de ne pas insister. « Cette dame est malade. C’est gentil de l’avoir reconduite. »
Samedi, la vieille voisine sort à nouveau dans la rue. Je me demande qui la ramènera cette fois. Quand la porte du porche s’ouvre bruyamment, ce sont des pompiers que je vois entrer. Cinq ou six, dont deux portent des casques et un lourd tuyau sur l’épaule. « On nous a appelé pour un incendie, un four resté en marche », me dit l’un. C’est évidemment la vieille dame. Je leur montre où est son appartement. Ils posent leurs tuyaux et montent. À ce moment dans l’encadrement de la porte du porche apparaît la vieille voisine. « C’est vous qui nous avez appelés ? » « Il y a le feu dans mon four. » « Ne vous inquiétez pas, on l’a arrêté et on a aussi fermé la porte du frigo qui était ouverte. » Deux pompiers la raccompagnent jusqu’à chez elle tandis que j’explique à leur chef de quoi elle souffre.
Dimanche, la voici qui ressort avec des vêtements sur le bras. Quand je reviens de mon café lecture au Son du Cor, je la trouve devant la porte cochère, sans les vêtements, ne sachant plus comment l’ouvrir. Je lui dis bonjour. « Vous habitez ici ?, me demande-t-elle, je voudrais rentrer. » Nous sommes voisins depuis quinze ou vingt ans. Elle ne me reconnaît plus.
Cela pourrait mal finir.
Samedi, la vieille voisine sort à nouveau dans la rue. Je me demande qui la ramènera cette fois. Quand la porte du porche s’ouvre bruyamment, ce sont des pompiers que je vois entrer. Cinq ou six, dont deux portent des casques et un lourd tuyau sur l’épaule. « On nous a appelé pour un incendie, un four resté en marche », me dit l’un. C’est évidemment la vieille dame. Je leur montre où est son appartement. Ils posent leurs tuyaux et montent. À ce moment dans l’encadrement de la porte du porche apparaît la vieille voisine. « C’est vous qui nous avez appelés ? » « Il y a le feu dans mon four. » « Ne vous inquiétez pas, on l’a arrêté et on a aussi fermé la porte du frigo qui était ouverte. » Deux pompiers la raccompagnent jusqu’à chez elle tandis que j’explique à leur chef de quoi elle souffre.
Dimanche, la voici qui ressort avec des vêtements sur le bras. Quand je reviens de mon café lecture au Son du Cor, je la trouve devant la porte cochère, sans les vêtements, ne sachant plus comment l’ouvrir. Je lui dis bonjour. « Vous habitez ici ?, me demande-t-elle, je voudrais rentrer. » Nous sommes voisins depuis quinze ou vingt ans. Elle ne me reconnaît plus.
Cela pourrait mal finir.
20 août 2026
Ce mercredi, la pluie est possible, mais au matin, pas encore d’actualité. Une agréable fraîcheur m’accompagne jusqu’à la Gare de Rouen. Nous sommes toujours en août, des places restent libres dans le sept heures vingt-six pour Paris, dont les plus proches de moi. Après deux semaines de pause, je reprends On s’est déjà vu quelque part ? de Nuala O’Faolain. La jeune Irlandaise voyage avec son premier amant, un certain Michael, par ailleurs marié en Angleterre. Comme de bons provinciaux studieux que nous étions, nous sommes allés à Rouen au musée Flaubert installé dans un pavillon de son jardin. Il y avait sous une cloche en verre un petit morceau de tissu grisâtre. C’était, comme il était indiqué sur un carton, le mouchoir sur lequel Flaubert « a essuyé son front quelques instants avant sa mort ». Aucune voiture ne roule sur le pont d’Asnières.
Le bus Vingt-Neuf démarre dès que j’y suis assis. Je remarque que la piste cyclable de la rue du Quatre Septembre porte maintenant le nom de Paul Varry, le bicycliste tué volontairement par un automobiliste.
Au Marché d’Aligre, les tâcherons d’Émile sont encore une fois à la traîne pour disposer les livres sur les tables. « Va falloir bientôt jeter ça », dit l’un à l’autre. Ce serait dommage. Il y a encore dans ce stock quelques bonnes choses, mais pas pour moi.
Un peu de bleu, beaucoup de gris, telles sont les couleurs du ciel à dix heures moins dix quand je m’installe à l’une des tables de trottoir du Camélia pour un café verre d’eau lecture. De l’autre côté de la chaussée, un jeune homme assis sur l’un des tabourets de Cuvée Noire, « Coffee Station » récemment ouvert, boit un café puis lit. Je préfère le monde qui disparaît à celui qui apparaît. Dans cette rue du Faubourg Saint-Antoine circulent plus de bicyclettes que de véhicules à moteur. J’aime bien ce que raconte Nuala O’Faolain et la façon dont elle le raconte. Ainsi quand elle parle de John Berger, l’air de rien, pour finalement dire qu’elle est avec lui, dans son lit. À côté de moi, une femme, sa fille de vingt-cinq ans et leur voisin discutent en arabe avec quelques échappées en français. Il est question de caser la fille. Celle-ci : « C’est un homme bien. » Sa mère : « C’est un vieux. » En face, c’est une jeune fille maintenant qui lit. Passe le bus du Recueil Social, vide, quand je rejoins Book-Off. Les porteurs de sacs y affluent, vendant surtout des dévédés. Ma récolte de livres à un euro est maigre : Le Routard Les Charentes de deux mille vingt-quatre (Hachette).
Sur l’écran muet d’Au Diable des Lombards, la météo montre l’Ile-de France balayée par la pluie. La réalité est tout autre : toujours un mélange de bleu et de gris sans une goutte d’eau. Après la formule du midi, avocat crevettes et andouillette purée salade, je dois écourter mon exploration du sous-sol du Book-Off de Saint-Martin. C’est une étuve malgré la température en baisse à l’extérieur. Un seul livre à un euro retenu, gros et lourd, Ramon de Dominique Fernandez (Grasset), l’histoire par le fils du père collabo.
Chez Vigouroux, je trouve une table à l’ombre en terrasse, la pluie n’étant toujours pas là. J’y poursuis la lecture des mémoires de Nuala O’Faolain. « Pas vu un Parisien, ils sont tous en grève », déclare un arrivant. À la plage plutôt, suggère Gainsbourg qui chante la désormais inappropriée Sea, Sex and Sun.
Il fait également chaud dans le centre commercial de la Gare Saint-Lazare où, sur un banc en bois, j’attends le seize heures quarante du retour. Au piano, un amateur joue en boucle les premières mesures de La Foule. Nuala O’Faolain continue à me raconter sa vie. Je passais devant le cimetière où Shelley a fait l’amour avec Mary Godwin sur la tombe de Mary Wollstonecraft, à mi-chemin en descendant la colline, en direction d’Euston.
La voiture Cinq étant celle des navetteurs, elle est le plus souvent une voiture No Kids. Pas cette fois car s’y installent un père et ses deux garçonnets excités puis des mères de la même famille avec de nombreux cousins cousines énervés. Je migre à l’autre bout, pas suffisamment loin pour être dispensé des pleurs et des cris. Le pire des moutards s’appelle Brian, il aurait pu se prénommer Braillard. C’est à Mantes-la-Jolie qu’apparaît la pluie. Elle se transforme en averse à Vernon puis s’arrête. À l’arrivée à Rouen, il fait sec. Mon parapluie sera resté dans mon sac.
Le bus Vingt-Neuf démarre dès que j’y suis assis. Je remarque que la piste cyclable de la rue du Quatre Septembre porte maintenant le nom de Paul Varry, le bicycliste tué volontairement par un automobiliste.
Au Marché d’Aligre, les tâcherons d’Émile sont encore une fois à la traîne pour disposer les livres sur les tables. « Va falloir bientôt jeter ça », dit l’un à l’autre. Ce serait dommage. Il y a encore dans ce stock quelques bonnes choses, mais pas pour moi.
Un peu de bleu, beaucoup de gris, telles sont les couleurs du ciel à dix heures moins dix quand je m’installe à l’une des tables de trottoir du Camélia pour un café verre d’eau lecture. De l’autre côté de la chaussée, un jeune homme assis sur l’un des tabourets de Cuvée Noire, « Coffee Station » récemment ouvert, boit un café puis lit. Je préfère le monde qui disparaît à celui qui apparaît. Dans cette rue du Faubourg Saint-Antoine circulent plus de bicyclettes que de véhicules à moteur. J’aime bien ce que raconte Nuala O’Faolain et la façon dont elle le raconte. Ainsi quand elle parle de John Berger, l’air de rien, pour finalement dire qu’elle est avec lui, dans son lit. À côté de moi, une femme, sa fille de vingt-cinq ans et leur voisin discutent en arabe avec quelques échappées en français. Il est question de caser la fille. Celle-ci : « C’est un homme bien. » Sa mère : « C’est un vieux. » En face, c’est une jeune fille maintenant qui lit. Passe le bus du Recueil Social, vide, quand je rejoins Book-Off. Les porteurs de sacs y affluent, vendant surtout des dévédés. Ma récolte de livres à un euro est maigre : Le Routard Les Charentes de deux mille vingt-quatre (Hachette).
Sur l’écran muet d’Au Diable des Lombards, la météo montre l’Ile-de France balayée par la pluie. La réalité est tout autre : toujours un mélange de bleu et de gris sans une goutte d’eau. Après la formule du midi, avocat crevettes et andouillette purée salade, je dois écourter mon exploration du sous-sol du Book-Off de Saint-Martin. C’est une étuve malgré la température en baisse à l’extérieur. Un seul livre à un euro retenu, gros et lourd, Ramon de Dominique Fernandez (Grasset), l’histoire par le fils du père collabo.
Chez Vigouroux, je trouve une table à l’ombre en terrasse, la pluie n’étant toujours pas là. J’y poursuis la lecture des mémoires de Nuala O’Faolain. « Pas vu un Parisien, ils sont tous en grève », déclare un arrivant. À la plage plutôt, suggère Gainsbourg qui chante la désormais inappropriée Sea, Sex and Sun.
Il fait également chaud dans le centre commercial de la Gare Saint-Lazare où, sur un banc en bois, j’attends le seize heures quarante du retour. Au piano, un amateur joue en boucle les premières mesures de La Foule. Nuala O’Faolain continue à me raconter sa vie. Je passais devant le cimetière où Shelley a fait l’amour avec Mary Godwin sur la tombe de Mary Wollstonecraft, à mi-chemin en descendant la colline, en direction d’Euston.
La voiture Cinq étant celle des navetteurs, elle est le plus souvent une voiture No Kids. Pas cette fois car s’y installent un père et ses deux garçonnets excités puis des mères de la même famille avec de nombreux cousins cousines énervés. Je migre à l’autre bout, pas suffisamment loin pour être dispensé des pleurs et des cris. Le pire des moutards s’appelle Brian, il aurait pu se prénommer Braillard. C’est à Mantes-la-Jolie qu’apparaît la pluie. Elle se transforme en averse à Vernon puis s’arrête. À l’arrivée à Rouen, il fait sec. Mon parapluie sera resté dans mon sac.
18 août 2026
C’est à n’y pas croire. Des bruits de canne sur le pavé hier soir vers vingt-trois heures puis la lumière qui s’allume dans le duplex en face de ma chambre, la vieille voisine est de retour. Celle que je croyais définitivement partie en hôpital spécialisé. De nouveau, elle va errer dans le jardin et dans les rues de Rouen.
La semaine dernière, nous n’étions que deux habitants permanents à être présents dans la copropriété, les autres étant des touristes de passage dans les logements Air Bibi. Cette semaine, en plus de la vieille voisine, d’autres sont de retour. Cela marque l’approche de la rentrée.
Rentrée scolaire que ne voient pas venir avec plaisir certaines de ma connaissance. Rentrée littéraire avec ses quatre cent soixante et un romans, dont onze signés par le même auteur, Infernus Iohannes, pseudonyme de l'écrivain Jean Desvignes, connu aussi sous le nom d’Antoine Volodine (ce n’est pas moi qui vais lire ça). Rentrée politique, avec en perspective l’Élection Présidentielle qui sera pour moi l’occasion de voter une quatrième fois à droite contre Le Pen. Un lot de candidat(e)s sont en lice pour remplacer le pitoyable Macron actuellement en vacances à Brégançon (une photo le montre sur un jet ski, des vacances de beauf). Le même numéro de Paris Match montre Glucksman, pour qui j’ai voté aux Européennes en raison de ses idées en politique étrangère, embrassant fougueusement sa femme Léa Salamé (comment est-ce possible ?) Que de médiocres parmi celles et ceux qui se proposent à la succession. Je me demande s’ils ne le font pas uniquement parce qu’ils sont sûrs de ne pas être élus (comme ce Retailleau qui pourrait être le Ministre de l’Intérieur de Le Pen).
La semaine dernière, nous n’étions que deux habitants permanents à être présents dans la copropriété, les autres étant des touristes de passage dans les logements Air Bibi. Cette semaine, en plus de la vieille voisine, d’autres sont de retour. Cela marque l’approche de la rentrée.
Rentrée scolaire que ne voient pas venir avec plaisir certaines de ma connaissance. Rentrée littéraire avec ses quatre cent soixante et un romans, dont onze signés par le même auteur, Infernus Iohannes, pseudonyme de l'écrivain Jean Desvignes, connu aussi sous le nom d’Antoine Volodine (ce n’est pas moi qui vais lire ça). Rentrée politique, avec en perspective l’Élection Présidentielle qui sera pour moi l’occasion de voter une quatrième fois à droite contre Le Pen. Un lot de candidat(e)s sont en lice pour remplacer le pitoyable Macron actuellement en vacances à Brégançon (une photo le montre sur un jet ski, des vacances de beauf). Le même numéro de Paris Match montre Glucksman, pour qui j’ai voté aux Européennes en raison de ses idées en politique étrangère, embrassant fougueusement sa femme Léa Salamé (comment est-ce possible ?) Que de médiocres parmi celles et ceux qui se proposent à la succession. Je me demande s’ils ne le font pas uniquement parce qu’ils sont sûrs de ne pas être élus (comme ce Retailleau qui pourrait être le Ministre de l’Intérieur de Le Pen).
15 août 2026
Mon arbre (un tilleul si je ne me trompe) n’a jamais été aussi touffu que cet été. Je devrais dire : l’arbre de la copropriété. Il aurait dû être tondu l’hiver dernier, comme il l’est tous les trois ou quatre ans. C’est ce que m’avait dit l’un des résidents. Cela n’a pas été fait, conformément au laisser-aller qui règne dans la copropriété. Il souffre donc au maximum de la chaleur et de la sécheresse qui va avec la succession des canicules.
Sous ses branches s’amoncellent des feuilles plus que mortes, desséchées. Des pigeons et des merles les parcourent à la recherche d’insectes à manger. Cela fait un bruit étonnant, du genre de celui qu’on entend la nuit quand on campe en pleine nature et qui vous effraie, vous donnant à penser qu’un renard ou un sanglier tourne autour de votre tente. Touffu comme il est, il lui reste heureusement des quantités de feuilles vertes. J’ai appris récemment qu’en cas de sécheresse durable, les arbres se mettent à l’arrêt. Ils ne captent plus le gaz carbonique que génèrent les humains. Au moins continuent-t-ils à faire de l’ombre.
C’est à l’ombre de « mon » arbre que je lis sur le banc du jardin. Les livres se succèdent. Ce vendredi : Les deux rives de Roger Grenier, paru après sa mort, recueil de courtes anecdotes notées par lui durant sa vie d’auteur et d’éditeur chez Gallimard. La dernière date de deux mille cinq. Elle a pour titre Mort à Venise :
Ainsi sur un banc, je me chauffais au soleil, à San Michele, l’île-cimetière de Venise. J’ai été abordé par un couple d’Allemands, des personnes d’un certain âge. Ils m’ont demandé où était la tombe de Wagner. Je ne sais pas l’allemand mais j’ai réussi à comprendre et à leur faire comprendre que Wagner est mort à Venise, mais qu’il n’a pas été enterré à Venise. J’ai pensé au cortège de gondoles jusqu’à la Stazione Termini, puis le train spécial…
Et je me suis mis à regretter mon ignorance de leur langue qui m’empêchait de leur préciser que Wagner est mort à Venise, oui, en se faisant faire une gâterie, comme on dit, par la femme de chambre.
Je me demande d’où il tenait cela.
*
Terrasses rouennaises :
Un homme divorcé dont la mère divorcée remplace la femme, cocktails, selfie avec l’enfant, et puis on va au restaurant.
Une fille à son copain : « Est-ce que tu veux que je te fasse un cadeau maintenant ou j’attends d’avoir un peu plus d’argent ? »
Jeune couple anglophone. Il boit un café. Elle boit un verre de blanc. Elle lit Emma de Jane Austen. Lui aussi lit, mais je ne vois pas quoi.
Une fille qui va se marier à sa copine : « À côté de la maison qu’on a louée, il y a une maison vide. Du coup, ma mère, elle a demandé à la propriétaire si les gens qui seront trop bourrés pourraient dormir dedans.
Sous ses branches s’amoncellent des feuilles plus que mortes, desséchées. Des pigeons et des merles les parcourent à la recherche d’insectes à manger. Cela fait un bruit étonnant, du genre de celui qu’on entend la nuit quand on campe en pleine nature et qui vous effraie, vous donnant à penser qu’un renard ou un sanglier tourne autour de votre tente. Touffu comme il est, il lui reste heureusement des quantités de feuilles vertes. J’ai appris récemment qu’en cas de sécheresse durable, les arbres se mettent à l’arrêt. Ils ne captent plus le gaz carbonique que génèrent les humains. Au moins continuent-t-ils à faire de l’ombre.
C’est à l’ombre de « mon » arbre que je lis sur le banc du jardin. Les livres se succèdent. Ce vendredi : Les deux rives de Roger Grenier, paru après sa mort, recueil de courtes anecdotes notées par lui durant sa vie d’auteur et d’éditeur chez Gallimard. La dernière date de deux mille cinq. Elle a pour titre Mort à Venise :
Ainsi sur un banc, je me chauffais au soleil, à San Michele, l’île-cimetière de Venise. J’ai été abordé par un couple d’Allemands, des personnes d’un certain âge. Ils m’ont demandé où était la tombe de Wagner. Je ne sais pas l’allemand mais j’ai réussi à comprendre et à leur faire comprendre que Wagner est mort à Venise, mais qu’il n’a pas été enterré à Venise. J’ai pensé au cortège de gondoles jusqu’à la Stazione Termini, puis le train spécial…
Et je me suis mis à regretter mon ignorance de leur langue qui m’empêchait de leur préciser que Wagner est mort à Venise, oui, en se faisant faire une gâterie, comme on dit, par la femme de chambre.
Je me demande d’où il tenait cela.
*
Terrasses rouennaises :
Un homme divorcé dont la mère divorcée remplace la femme, cocktails, selfie avec l’enfant, et puis on va au restaurant.
Une fille à son copain : « Est-ce que tu veux que je te fasse un cadeau maintenant ou j’attends d’avoir un peu plus d’argent ? »
Jeune couple anglophone. Il boit un café. Elle boit un verre de blanc. Elle lit Emma de Jane Austen. Lui aussi lit, mais je ne vois pas quoi.
Une fille qui va se marier à sa copine : « À côté de la maison qu’on a louée, il y a une maison vide. Du coup, ma mère, elle a demandé à la propriétaire si les gens qui seront trop bourrés pourraient dormir dedans.
13 août 2026
Voici la cinquième canicule, trente-six degrés annoncés à Paris ce mercredi, encore une escapade annulée. Comme chacun(e), j’aurai vécu cet été en mode dégradé. Tout en se plaignant de la chaleur et de la sécheresse, la population fait l’autruche. Je n’entends personne évoquer la situation et ses conséquences à court terme, à moyen terme et à long terme. Je suis pourtant entouré d’hommes et de femmes munis d’adolescents, d’enfants et de nourrissons qui vont rudement morfler.
Je reste donc à Rouen ce mercredi. Passant près de la Cathédrale, j’ouvre la boîte à livres. J’y découvre parfois autre chose que des livres : des vêtements, des objets, de la nourriture. Ce jour, c’est un portefeuille.
Je l’ouvre. Il ne contient pas d'argent mais s’y trouve une carte d’identité, une carte bancaire, une carte vitale et différents papiers. Je l’emporte pour le remettre au service des objets trouvés de la Police Municipale, rue Orbe. Arrivé là, je me heurte à un rideau baissé : « Fermé le mercredi ». Ces fonctionnaires ont aussi des enfants à qui est promis un bel avenir. Heureusement, ce portefeuille passe dans la fente de la boîte à lettres. De retour à mon logis, j’informe la population locale de cette trouvaille par le biais du groupe « Tu sais que tu es de Rouen etc… » du réseau social Effe Bé.
Malgré la température accablante, je lis en terrasse l’après-midi, d’abord au Son du Cor puis aux Floralies. Une activité que je poursuis au jardin sitôt rentré, tant que le banc est à l’ombre. Je reprends après dix-neuf heures jusqu’à ce que la lumière décline à cause de l’éclipse qui débute. C’est une partielle. J’en ai déjà connu une ici, en mil neuf cent quatre-vingt-dix-neuf. C’était une totale. Je venais d’arriver dans l’ancien monastère. Je me souviens du noir total et des oiseaux affolés. Il n’en est pas de même cette fois. L’éclipse de deux mille vingt-six est en mode dégradé.
Je reste donc à Rouen ce mercredi. Passant près de la Cathédrale, j’ouvre la boîte à livres. J’y découvre parfois autre chose que des livres : des vêtements, des objets, de la nourriture. Ce jour, c’est un portefeuille.
Je l’ouvre. Il ne contient pas d'argent mais s’y trouve une carte d’identité, une carte bancaire, une carte vitale et différents papiers. Je l’emporte pour le remettre au service des objets trouvés de la Police Municipale, rue Orbe. Arrivé là, je me heurte à un rideau baissé : « Fermé le mercredi ». Ces fonctionnaires ont aussi des enfants à qui est promis un bel avenir. Heureusement, ce portefeuille passe dans la fente de la boîte à lettres. De retour à mon logis, j’informe la population locale de cette trouvaille par le biais du groupe « Tu sais que tu es de Rouen etc… » du réseau social Effe Bé.
Malgré la température accablante, je lis en terrasse l’après-midi, d’abord au Son du Cor puis aux Floralies. Une activité que je poursuis au jardin sitôt rentré, tant que le banc est à l’ombre. Je reprends après dix-neuf heures jusqu’à ce que la lumière décline à cause de l’éclipse qui débute. C’est une partielle. J’en ai déjà connu une ici, en mil neuf cent quatre-vingt-dix-neuf. C’était une totale. Je venais d’arriver dans l’ancien monastère. Je me souviens du noir total et des oiseaux affolés. Il n’en est pas de même cette fois. L’éclipse de deux mille vingt-six est en mode dégradé.
© 2014 Michel Perdrial - Design: Bureau l’Imprimante



