Au Salon Salo Six (sixième salon du dessin érotique)

21 juin 2018


A quoi te sert d’être encore sur le réseau social Effe Bé, me demandait mercredi dernier celle qui me prête son appartement pour ce ouiquennede parisien. A être informé par « un ami » que je ne connais pas de l’existence d’un salon du dessin érotique dont la sixième édition a précisément lieu lors de ma venue, lui ai-je répondu.
Ce Salon Salo Six se tient au cent onze bis boulevard de Ménilmontant, pas loin du Restaurant du Lycée où mon repas est terminé avant la fin du match de foute. Je paie les trois euros demandés à l’entrée puis vais voir de quoi il retourne.
Les dessins d’une centaine d’artistes sont exposés dans plusieurs salles dont l’une sert aussi à une sorte de colloque. Tous les thèmes sont abordés par les adeptes du crayon coquin, sauf celui qui désormais peut vous valoir des ennuis. Parmi les artistes, autant de filles que de garçons. Un seul dessin est accompagné du point rouge indiquant un achat.
Je note le King Size d’Anna Paris (une grosse bite rose) et les désordonnés Dessins orgasmiques de Michel Lascault (réalisés pendant l’acte sexuel). Cependant si je devais acheter, ce serait les dessins ayant pour thème la zoophilie, sujet qui m’a toujours particulièrement intéressé : les scènes avec ours de Lia Schilder, L’amour fou d’Isabel Aguera (une fille montée par un chien) et Ethéré en haut bien charnel en bas, qu’il est polyvalent ce rat de Maria Arendt (dessin sur tissu d’une femme qui le suce, ce rat en costume assis dans un fauteuil, mais en fait on ne voit rien).
Chez celles et ceux qui colloquent il est question des sujets habituels : érotisme et pornographie, obscénité et censure. Une certaine animosité est perceptible entre certain(e)s intervenant(e)s.
De l’extérieur, par une fenêtre ouverte, se fait entendre un cri de jouissance. Un membre de l’équipe de France de foute vient d’éjaculer au fond du filet.
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Sorti du Salon Salo Six, je prends un café à une quelconque terrasse de la rue du Chemin Vert puis, à l’heure convenue, rejoins le dix-huitième arrondissement. « Tu as l’air exténué », me dit celle qui m’ouvre sa porte. Je le suis et vais faire une longue nuit avant de me rendre à ce qui m’a conduit à Paris ce ouiquennede : le vide grenier de la Butte aux Cailles.