Au désherbage de la Bibliothèque Municipale de Sotteville-lès-Rouen (première)

29 septembre 2019


Ce vendredi, je me réveille un peu toussant, ne sachant si je dois en accuser Lubrizol, une toux bien grasse. « Il existe des risques d’odeur », annonce le Préfet qui pourrait en dire autant en parlant de ses toilettes.
Je ne sens rien quand je sors dans la ruelle pour rejoindre pédestrement la station Palais de Justice du métro. Vers neuf heures, je grimpe dans celui qui a pour terminus Technopôle et en descends à la station Hôtel de Ville de Sotteville.
Je traverse la place récemment refaite à la façon Métropole, étanchéisation des sols avec un peu de verdure pour la décoration, et suis le premier arrivé devant la porte, qui ne s’ouvrira qu’à dix heures, de la Bibliothèque Municipale dont c’est le premier jour du désherbage. J’en ai d’abord été averti par deux aimables connaissances, puis par l’établissement culturel.
Deux vieux me rejoignent dont un à appareil auditif et à canne qui refuse de s’asseoir sur le rebord pour ne pas se faire prendre sa place, ayant été traumatisé la dernière fois par des femmes qui lui sont passées devant bien qu’arrivées après lui. « Maintenant, celui qui veut quelque chose, il le prend, commente l’autre, qui fume, on va vers une nouvelle barbarie. » Je regarde mes pieds pour qu’aucun ne me parle.
Il est ensuite question de l’incendie et des écoles de Sotteville fermées bien qu’on ne risque rien ici. Le vieux à canne prétend que Seveso, ça se trouve au Havre. Le fumeur de cigarette tente de lui faire comprendre que c’est en Italie puis renonce. Arrive un sérieux concurrent dont je déteste la casquette et la voix.
Il y a du monde à presque dix heures mais moins que la dernière fois. A l’ouverture, je file vers les cartons Littérature et Philosophie où j’ai sérieusement affaire à la casquette. Néanmoins, je trouve de quoi emplir mes deux sacs. Tous ces livres sont à un euro, ça aide à ne pas trop réfléchir.
Vers onze heures la foule est là, avec en son sein une femme accompagnée de son braillard, et la file d’attente est conséquente pour payer. « C’est comme à la boulangerie », commente un homme. Heureusement que ce n’est pas la mienne. Déjà que je peste quand il y a une seule personne devant moi rue Saint-Nicolas et qu’elle traîne un peu pour choisir.
Le métro me ramène à Rouen. J’en descends à Théâtre des Arts. Remonté à la surface, je suis saisi par une odeur, celle d’hydrocarbure.
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Le slogan du moment : « Je suie Rouen ». Les blagounettes du patron du Faute de Mieux : « Tu n’as pas d’école, c’est la faute à Lubrizol » « Avec Lubrizol, la fête est plus folle ».