Le vent et la pluie m’ayant empêché de rejoindre les Docks vendredi, premier jour de la vente des livres d’occasion du Secours Populaire rouennais, je me rattrape ce samedi matin en montant dans un bus Teor en direction du Mont Riboudet.
Ce jour étant celui de la gratuité, je glisse ma carte spéciale dans le valideur mais il me résiste. Je vais m’asseoir sans essayer davantage. A peine suis-je installé qu’arrive un contrôleur. Un contrôleur de bus gratuit, je croyais ça impossible. Je l’ai dit un jour à la Gare à deux voyageuses qui m’incitaient à prendre quand même une carte de voyages gratuits pour, disaient-elles, que je sois couvert par les assurances en cas d’accident. « J’ai une carte, dis-je à ce contrôleur, mais je n’ai pas réussi à la valider. » Il la prend et, plus doué que moi, la glisse avec succès dans la machine puis il me la redonne sans un mot.
De l’arrêt Mont Riboudet, je rejoins le Centre Commercial des Docks et suis le premier arrivé devant le déballage du Secours Populaire au rez-de-chaussée. Il est dix heures moins le quart. L’ouverture officielle est à dix heures mais les deux dames qui sont de service enlèvent déjà la Rubalise qui empêche de s’approcher des livres. « Je n’ai pas pu venir hier à cause du temps », dis-je à l’une qui m’a salué. Elle me dit qu’il y avait quand même du monde mais qu’elles ont fait deux fois moins de ventes qu’ordinairement.
Après dix heures peu de personnes tournent autour des tables. Je suis content de ne voir ici aucun de ceux que je n’ai pas envie de voir. Il y a de très bons livres, certains que j’aurais été heureux d’acheter si je ne les avais déjà. J’en mets d’autres dans mon sac en leur prévoyant un futur autre qu’une lecture personnelle et un peu que je lirai, ou relirai, comme, content de la revoir, Pravda la Surviveuse de Guy Peellaert et Pascal Thomas (Eric Losfeld), l’édition originale, à seulement trois euros.
-Vous avez trouvé votre bonheur, constate celle à qui je m’apprête à payer.
-C’est bien là le problème, lui dis-je.
L’un des livres est marqué un euro alors qu’il devrait être plus cher. Je n’en disconviens pas. Elle me le propose à trois euros. J’accepte. « On n’a jamais de problème avec vous », me dit-elle.
Elle n’était pas là autrefois quand, à chacun de mes passages dans une vente du Secours Populaire, je m’accrochais avec la responsable (qui n’est plus là depuis longtemps). Le plus souvent parce qu’elle ne voulait pas admettre que tel livre était un livre de poche.
Lourdement chargé, je prends garde de valider correctement ma carte de bus gratuit du samedi dans le Teor qui me ramène à l’arrêt République. À Rouen, contrairement à d’autres villes, il faut quand même le faire le jour du bus gratuit. C’est pour connaître le nombre de voyageurs. Comme certains ne le font pas, ce chiffre ne représente rien de sérieux.
*
Une femme au téléphone entre l’arrêt Mont Riboudet et les Docks : « Tu sais bien que les hommes sont incapables de faire quelque chose en réfléchissant. »
Ce jour étant celui de la gratuité, je glisse ma carte spéciale dans le valideur mais il me résiste. Je vais m’asseoir sans essayer davantage. A peine suis-je installé qu’arrive un contrôleur. Un contrôleur de bus gratuit, je croyais ça impossible. Je l’ai dit un jour à la Gare à deux voyageuses qui m’incitaient à prendre quand même une carte de voyages gratuits pour, disaient-elles, que je sois couvert par les assurances en cas d’accident. « J’ai une carte, dis-je à ce contrôleur, mais je n’ai pas réussi à la valider. » Il la prend et, plus doué que moi, la glisse avec succès dans la machine puis il me la redonne sans un mot.
De l’arrêt Mont Riboudet, je rejoins le Centre Commercial des Docks et suis le premier arrivé devant le déballage du Secours Populaire au rez-de-chaussée. Il est dix heures moins le quart. L’ouverture officielle est à dix heures mais les deux dames qui sont de service enlèvent déjà la Rubalise qui empêche de s’approcher des livres. « Je n’ai pas pu venir hier à cause du temps », dis-je à l’une qui m’a salué. Elle me dit qu’il y avait quand même du monde mais qu’elles ont fait deux fois moins de ventes qu’ordinairement.
Après dix heures peu de personnes tournent autour des tables. Je suis content de ne voir ici aucun de ceux que je n’ai pas envie de voir. Il y a de très bons livres, certains que j’aurais été heureux d’acheter si je ne les avais déjà. J’en mets d’autres dans mon sac en leur prévoyant un futur autre qu’une lecture personnelle et un peu que je lirai, ou relirai, comme, content de la revoir, Pravda la Surviveuse de Guy Peellaert et Pascal Thomas (Eric Losfeld), l’édition originale, à seulement trois euros.
-Vous avez trouvé votre bonheur, constate celle à qui je m’apprête à payer.
-C’est bien là le problème, lui dis-je.
L’un des livres est marqué un euro alors qu’il devrait être plus cher. Je n’en disconviens pas. Elle me le propose à trois euros. J’accepte. « On n’a jamais de problème avec vous », me dit-elle.
Elle n’était pas là autrefois quand, à chacun de mes passages dans une vente du Secours Populaire, je m’accrochais avec la responsable (qui n’est plus là depuis longtemps). Le plus souvent parce qu’elle ne voulait pas admettre que tel livre était un livre de poche.
Lourdement chargé, je prends garde de valider correctement ma carte de bus gratuit du samedi dans le Teor qui me ramène à l’arrêt République. À Rouen, contrairement à d’autres villes, il faut quand même le faire le jour du bus gratuit. C’est pour connaître le nombre de voyageurs. Comme certains ne le font pas, ce chiffre ne représente rien de sérieux.
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Une femme au téléphone entre l’arrêt Mont Riboudet et les Docks : « Tu sais bien que les hommes sont incapables de faire quelque chose en réfléchissant. »