Au vide grenier de Darnétal

11 avril 2017


C’est avec le premier bus Té Trois que ce dimanche je vais en banlieue, à Darnétal. Descendu à la Mairie, devant laquelle une banderole conteste une fermeture de classe à Clemenceau, je rejoins pédestrement la rue de Waddington où se tient le vide grenier qui m’amène. Les déballeurs y sont plus matinaux qu’à Rouen la veille. Ce qu’ils proposent n’est pas davantage pour m’intéresser. J’y repère les deux seuls livres achetables, des récits de voyage en Mongolie et en Sibérie de Ferdynand Ossendowski publiés chez Phébus.
-Vous donnez ce que vous voulez, c’est pour s’en débarrasser, me dit leur propriétaire quand je demande un prix.
-Un euro les deux, cela vous irait?
Il acquiesce.
Je ne m’attarde pas dans ce déballage. Un peu avant huit heures, j’attends le bus de retour tandis que descendent de celui venu de Rouen une habituée des vide greniers à  déambulateur dont j’admire le courage et de jeunes musulmanes que je mets sur le droit chemin.
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A la peinture, sur un mur de Darnétal : « Sarkosi est un fronason ». Je suppose que c’est la nouvelle orthographe pour franc-maçon.
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Rouen, dans un café de la place Saint-Marc, un client au serveur :
-Avec le soleil, ça doit marcher les affaires.
-Surtout les affaires du patron, oui ! lui répond l’interpellé.
-Communiste, va ! commente un autre.
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« La bonne clientèle, on ne la voit plus » (une marchande de chaussures au marché du Clos Saint-Marc).
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Moi-même à la boulangerie :
-Une tradition s’il vous plaît, pas trop cuite.
La cliente suivante :
-Deux traditions bien cuites. Cramées, ce serait parfait
Pfff…
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Les gens qui s’adressent aux gens en les appelant « les gens » c’est affligeant : « Guérissez-vous, les gens » (Mélenchon à Marseille)
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Quelle poisse pour une fille de s’appeler Marine (en plus ce n’est pas son vrai prénom à la Gueularde). Cela dit, les parents qui ont prénommé leur fille Marine après janvier deux mille onze (quand elle est devenue la cheffe du F-Haine) ne l’ont pas fait par hasard.