Au vide grenier rouennais de Saint-Sever

13 juillet 2015


Samedi matin tôt, je prends le pont qui mène à la rive gauche où vivent les pauvres. En contrebas, les tonnes de sable de Rouen-sur-Mer (la déclinaison locale de Paris-Plage) attendent le peuple. Cela me rappelle les bacs à sable d’autrefois dans les maternelles, désormais interdits pour raison d’hygiène.
Une femme filtre les voitures en bas de la rue Saint-Sever et invite leurs occupants à déballer plus haut. C’est du côté de l’église qu’a lieu ce premier vide grenier. Il est comme je craignais, miteux.
Ce n’est pas parmi les centaines de livres entassés dans un monospace dont la vitre arrière est brisée que je pourrais en trouver un pour moi. A peine arrivé, je suis déjà reparti. Passant près du marché aux fruits et légumes, j’envisage d’en acheter mais il est trop tôt, les prix ne sont pas encore affichés.
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Un étudiant en médecine au Son du Cor :
-Elle m’a dit : t’es mignon et tout, mais je pourrais pas te choper parce que tu ressembles trop à mon frère.
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Une fille, à une autre terrasse rouennaise :
-Elle est capable de me téléphoner et de me dire : « Bah alors, tu pars dans le sud et tu le dis pas à ta meilleure amie ? » Je sais ce que je lui répondrai : « Bah alors, tu couches avec mon mec et tu le dis pas à ta meilleure amie ? »
Selon elle, si une fille va à une soirée avec l’intention de coucher, elle portera un ensemble de sous-vêtements. Si la culotte et le soutien-gorge sont dépareillés, c’est qu’elle va simplement à une soirée.
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Deux pères de famille à propos de leurs branlotins :
-Ils jouaient au tennis en gueulant comme à Roland Garros Y en a un qui les a engueulés.
-Lequel ?
-Celui qu’habite en haut.
-C’est qu’un locataire, il peut la fermer.
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Ces familles avec adolescent(e)s que je regarde passer rue Eau-de-Robec. Chacun de leurs membres a l’air d’être l’erreur de l’autre.