Comme disait ma grand-mère

20 février 2017


L’autre lundi, vers neuf heures, un bruit de moteur m’amène à regarder ce qui se passe dans la ruelle. Un camion a réussi à reculer jusqu'à sous mes fenêtres. Ce n’est pas son moteur que j’entends, mais celui d’un groupe électrogène. Deux ouvriers serruriers y branchent une disqueuse avec laquelle, en quelques minutes, ils découpent la grille de jardin et le portail de la copropriété d’en face. Ils chargent les morceaux sur la plate-forme du camion et s’en vont.
Comme il serait facile d’entrer dans une propriété privée ainsi entourée, à la campagne, loin d’un voisinage susceptible d’être intrigué par le bruit, me dis-je. On se croit protégé et il n’en est rien.
Un peu plus tard, le même camion recule à nouveau dans la venelle, porteur des panneaux de la nouvelle grille. Les serruriers commencent par tronçonner la branche principale du seul arbre du minuscule jardin (elle gênait), puis ils vissent les panneaux dans le muret de pierre et les solidarisent entre eux.
Cette nouvelle grille ressemble à la précédente mais s’y ajoutent à son sommet des piques qui empêcheront de l’escalader et de passer par-dessus. J’ai vu autrefois un facteur remplaçant, n’ayant pas trouvé le bouton de sortie du jardin, se lancer ainsi au péril de sa vie après avoir jeté sa sacoche dans la rue.
Les serruriers s’en vont sans avoir mis le nouveau portail. Le lendemain matin, ils sont de retour pour ce faire mais quand je reviens de courses, j’ai la surprise de les voir déjà partis. Ce qui m’étonne encore plus, c’est qu’ils ont démonté et emporté tout ce qu’ils avaient installé.
Depuis une semaine, des grillages provisoires dissuadent d’entrer dans l’immeuble d’en face. Est-ce une procédure normale ou la conséquence d’une bévue qui oblige à reprendre le travail en atelier, je ne sais.
Ce qui est sûr, c’est que la pose puis la dépose des panneaux colorés sur la façade du Cent Huit, futur Hôtel de la Matmutropole, est la conséquence d’un mélange des pièces du peuzeule dont on ne s’est aperçu qu’au moment où presque tout était installé. Des jours de labeur pour rien qui amènent chacun à citer le proverbe « Faire et défaire, c’est toujours travailler » (que l’on attribue toujours à sa grand-mère).