Confiné (vingt et un)

7 avril 2020


Pas une nuit sans un mauvais rêve. Cette fois, mon sac à dos, auquel je tiens puisque offert en cadeau, oublié dans un train. Au réveil le soulagement est bref car bien vite mon esprit est accaparé par ce cauchemar qui ne disparaît pas avec la fin du sommeil, un cauchemar à deux branches : risque de mourir de la maladie, vie réduite à pas grand-chose.
Ce pas grand-chose consiste ce lundi à acheter du pain puis à rentrer à la maison et à rester à l’intérieur puisque c’est jour de gris et de pluie. J’aimerais être capable de vivre cette vie telle qu’elle vient, comme le faisaient Samuel Pepys et ses contemporains qui savaient faire de chaque temps vide un temps plein en jouant d’un instrument ou en chantant.
A défaut, je poursuis et termine ma réécoute des cédés de Jane Birkin avec des titres adaptés à la situation : Dépression au-dessus d’un jardin, Ce mortel ennui.
Le soir venu, je regarde à la télévision où on en est. J’entends que le confinement n’est pas prêt de cesser et quand ce sera, les plus de soixante-cinq ans resteront bouclés. Plus personne ne fait état de « pistes prometteuses » en ce qui concerne les médicaments. Quant au vaccin, si on en trouve un, ce ne sera pas avant deux ans.
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Un qui n’a rien compris, Yvon Robert, toujours Maire de Rouen, qui dans une interviou demande à ce que le second tour des Municipales ait absolument lieu fin juin.
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Dans le même temps, France Musique promeut les abonnements pour la saison prochaine des Orchestres de Radio France. S’il est un domaine du spectacle vivant qui ne pourra reprendre de sitôt, c’est pourtant bien celui des concerts classiques et des opéras, dont le public est constitué en grosse majorité de plus de soixante-cinq ans.