Vents fort, température fraiche, ciel hésitant, averses annoncées et une mer un peu agitée lorsqu’à marée haute je la longe par mon sentier quotidien ce jeudi matin.
Mon petit-déjeuner pris au Café de l’Yser, je rejoins Port Rhu puis du même pas passe la butte pour enfin atteindre le Port du Rosmeur. Je ne sais combien cela fait de kilomètres mais cela me fatigue plus que cela devrait. Je décline. Ce n’est pas moi qui fêterais mon centième anniversaire comme Allen Ginsberg l’a fait hier (dans quel état ?). Peut-être aurais-je dû me droguer quand j’étais jeune.
Une gentille brune m’accueille au Bistrot de la Mouette. « Vous savez ce qui vous ferait plaisir ? » Rien à voir avec la patronne du Café de l’Yser, agréable avec ses connaissances, dédaigneuse avec moi qui ne suis pas d’ici.
Mon expresso bu, j’ouvre le Journal de Lewis Carroll : M Rossetti est venu dîner avec les Munro. Il s’est offert à faire venir Robert Browning mercredi pour une photographie. Apparemment, les hommes célèbres sont comme les catastrophes : « ils n’arrivent jamais seuls ». Clara Luciani et Alex Kapranos chantent Summer Wine. À une table voisine un couple de sexagénaires, elle qui écrit dans un carnet et lui qui a près de lui un épais Livre de Poche : Romans et Nouvelles de Virginia Woolf. Ce café n’usurpe pas son nom : un de ces oiseaux défèque sur un couple assis en première ligne. Pendant qu’ils filent se nettoyer aux toilettes, leur table est lavée par une soudaine drache.
Retour du ciel bleu. C’est le moment de se poser sur le banc d’en face Les Filets Bleus d’où l’on a si belle vue sur les petits bateaux et les façades du front de mer.
Pour déjeuner, je choisis, au bout du quai, le restaurant Edelya qui a un menu de la semaine à vingt et un euros : taboulé maison à l’anchois et tomates confites, volaille rôtie champignons bruns et clafoutis à la griotte. C’est fort bon, mais je me sens oppressé d’en être le seul client entre midi et une heure moins le quart. À ce moment-là arrivent deux duos puis une solitaire qui se risque à l’extérieur.
Je rentre aux Sables Blancs avec le bus de quatorze heures zéro cinq dans lequel je manque m’endormir. Je prends le café à l’extérieur de Villa Cornic malgré les coups de vent, ignorant la possibilité d’une averse. J’ai tort car tout à coup de grosses gouttes s’abattent sur moi. Juste le temps de mettre mon livre dans ma poche. Je suis douché entre ma table et le dedans où je poursuis ma lecture. Lewis Carroll vient de recevoir les premiers exemplaires d’Alice au pays des merveilles mais son modèle le déçoit : Rencontre avec Alice et Mlle Prickett dans la cour : Alice me paraît très changée mais je ne dirais pas vraiment en mieux : elle est probablement en train de traverser la traditionnelle et ingrate période de transition. écrit-il le onze mai mil huit cent soixante-cinq.
*
Travailler ! Travailler ! Comme si j’avais le temps. (Georges Perros)
Mon petit-déjeuner pris au Café de l’Yser, je rejoins Port Rhu puis du même pas passe la butte pour enfin atteindre le Port du Rosmeur. Je ne sais combien cela fait de kilomètres mais cela me fatigue plus que cela devrait. Je décline. Ce n’est pas moi qui fêterais mon centième anniversaire comme Allen Ginsberg l’a fait hier (dans quel état ?). Peut-être aurais-je dû me droguer quand j’étais jeune.
Une gentille brune m’accueille au Bistrot de la Mouette. « Vous savez ce qui vous ferait plaisir ? » Rien à voir avec la patronne du Café de l’Yser, agréable avec ses connaissances, dédaigneuse avec moi qui ne suis pas d’ici.
Mon expresso bu, j’ouvre le Journal de Lewis Carroll : M Rossetti est venu dîner avec les Munro. Il s’est offert à faire venir Robert Browning mercredi pour une photographie. Apparemment, les hommes célèbres sont comme les catastrophes : « ils n’arrivent jamais seuls ». Clara Luciani et Alex Kapranos chantent Summer Wine. À une table voisine un couple de sexagénaires, elle qui écrit dans un carnet et lui qui a près de lui un épais Livre de Poche : Romans et Nouvelles de Virginia Woolf. Ce café n’usurpe pas son nom : un de ces oiseaux défèque sur un couple assis en première ligne. Pendant qu’ils filent se nettoyer aux toilettes, leur table est lavée par une soudaine drache.
Retour du ciel bleu. C’est le moment de se poser sur le banc d’en face Les Filets Bleus d’où l’on a si belle vue sur les petits bateaux et les façades du front de mer.
Pour déjeuner, je choisis, au bout du quai, le restaurant Edelya qui a un menu de la semaine à vingt et un euros : taboulé maison à l’anchois et tomates confites, volaille rôtie champignons bruns et clafoutis à la griotte. C’est fort bon, mais je me sens oppressé d’en être le seul client entre midi et une heure moins le quart. À ce moment-là arrivent deux duos puis une solitaire qui se risque à l’extérieur.
Je rentre aux Sables Blancs avec le bus de quatorze heures zéro cinq dans lequel je manque m’endormir. Je prends le café à l’extérieur de Villa Cornic malgré les coups de vent, ignorant la possibilité d’une averse. J’ai tort car tout à coup de grosses gouttes s’abattent sur moi. Juste le temps de mettre mon livre dans ma poche. Je suis douché entre ma table et le dedans où je poursuis ma lecture. Lewis Carroll vient de recevoir les premiers exemplaires d’Alice au pays des merveilles mais son modèle le déçoit : Rencontre avec Alice et Mlle Prickett dans la cour : Alice me paraît très changée mais je ne dirais pas vraiment en mieux : elle est probablement en train de traverser la traditionnelle et ingrate période de transition. écrit-il le onze mai mil huit cent soixante-cinq.
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Travailler ! Travailler ! Comme si j’avais le temps. (Georges Perros)