Du bien écrire

9 janvier 2022


Un fidèle lecteur m’écrit :
« Le 6 janvier, tu as commencé ta chronique par cette phrase :
"....Je suis conscient que je prends un risque ... (etc.).
Or, de mon côté, je pensais qu'on employait " que " après " être conscient " lorsqu'il est suivi d'un nom :
- Je suis conscient que la pluie peut provoquer des dégâts...
- Je suis conscient que les progrès de Paul sont modestes....
Dans ta phrase, il m'aurait semblé plus élégant d'écrire : " Je suis conscient du risque pris, je suis conscient du risque que je prends... "
Mais bon, je ne suis pas sûr de ce que j'avance, disons que ça m'a vaguement fait boîter un neurone en lisant.
Quand tu auras cinq minutes, peut-être donneras-tu un éclairage sur ce point, car je suis conscient du côté parfois hasardeux de l'emploi correct de notre langue. »
A qui je réponds :
« Il semble que tu aies raison. Sans doute aurais-je dû écrire "J'ai conscience de prendre un risque..."
Pour ma défense, je dirais que ça m'est venu comme ça et donc je le garde (ce que répondait Léautaud quand on lui reprochait une faute de syntaxe). »
                                                                         *
Pour moi, je préférerai toujours des imperfections jaillies de l’excitation de l’esprit que des perfections apprises et si bien observées. écrivait Paul Léautaud à André Billy le trente novembre mil neuf cent quarante-trois.
Un principe qui ne l’empêchait pas de rappeler à l’ordre autrui. En témoigne, sur l’excellent site Léautaud.com, l’article Léautaud et la grammaire, composé d’extraits du Journal littéraire. Paul Doumer, Président de la République, est assassiné. Il est réjouissant de lire que Léautaud ne se soucie que de la manière dont certains le racontent.