Et maintenant deux mille vingt-six

1er janvier 2026


Certains ne peuvent pas attendre. J’entends quelques pétards ou feux d’artifice alors qu’il n’est que minuit moins le quart. C’est pourtant la Cathédrale qui donne le départ. Elle sonne les douze coups à minuit précises. Là, ça y va de plus en plus fort côté feux d’artifice dans les lointains. J’entends aussi crier « Bonne année ! Bonne année !» Cela vient de la copropriété. Sans doute les occupants Air Bibi du troisième étage en face. Je les ai vu arriver dans l’après-midi avec leurs sacs en plastique. Deux couples à grosses plaisanteries. Ce sont les hommes qui braient. Constatant que nul ne répond, ils referment les fenêtres. Je leur souhaite une bonne ânée.
Je ne suis pas le seul à ne pas faire la fête. D’autres habitants de la copropriété sont présents qui font peu pour le Nouvel An. Il en est de même de l’autre côté de la ruelle où la lumière brille sans qu’aucun bruit ne se fasse entendre. Deux mille vingt-six commence dans la discrétion.
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Minuit, elles et eux s’embrassent, se souhaitent une très bonne année deux mille vingt-six. Une heure et demie plus tard, elles et eux sont morts ou grièvement brûlés. Ça se passe en Suisse, à Crans-Montana.