Flaubert réquisitionné pour une prochaine animation de Rouen parc à thèmes

6 janvier 2015


Glissé dans un livret programme de l’Opéra de Rouen au mois de novembre, le dépliant de la Fondation Flaubert, « reconnue d’utilité publique pour son engagement dans la vie culturelle régionale et pour la diffusion et le partage des savoirs », une émanation de l’Université de Rouen, m’apprend que Gustave sera au printemps prochain la victime de l’opération Flaubert dans la ville « mêlant littérature et art contemporain à travers des parcours, colloques, conférences grand public ».
Ce qui est pratique avec les morts célèbres, c’est que l’on peut en faire ce qu’on veut. Ici, Monet, Duchamp et la Jeanne en sont régulièrement les victimes. Corneille trop austère, manquait plus que Flaubert. L’occasion de rappeler ce que Gustave pensait de sa ville natale et de ses habitants :
Rouen, ancienne capitale de la Normandie, chef-lieu du département de la Seine-Inférieure, ville importante par ses manufactures, patrie de Duguernay, de Carbonnier, de Corneille, de Jouvenet, de Hégouay portier du collège, de Fontenelle, de Géricault, de Crépet père et fils. Il s'y fait un grand commerce de cotons filés. Elle a de belles églises et des habitants stupides, je l'exècre, je la hais, j'attire sur elle toutes les imprécations du ciel parce qu'elle m'a vu naître. Malheur aux murs qui m'ont abrité ! aux bourgeois qui m'ont connu moutard et aux pavés où j'ai commencé à me durcir les talons ! (à Ernest Chevalier, le deux septembre mil huit cent quarante-trois)