« Une page se tourne pour Rakuten France : Conformément à l’article 11.1 "Résiliation" de nos Conditions Générales d’Utilisation (les "CGU"), nous vous informons de l’arrêt définitif de nos services de mise en relation entre acheteurs et vendeurs sur notre plateforme, et par conséquent de l’impossibilité d’y effectuer des ventes ou des achats auprès de vendeurs, tant professionnels que non-professionnels, à compter du 30 septembre 2026, 23h59. » Tel est le message que j’ai reçu il y a quelque temps.
Cette page qui se tourne est en réalité un livre qui se ferme, un dépôt de bilan, la faillite de la branche française de Rakuten, maison japonaise.
En vingt ans de présence sur ce site (Price Minister puis Rakuten), j’aurai acheté quelques dizaines de livres et j’en aurai vendu presque dix mille. À l’heure de la fermeture, il m’en reste environ mille huit cents à vendre. C’est dire que ça ne m’arrange pas.
L’une de mes dernières lectures sur le banc du jardin est Des bibliothèques pleines de fantômes de Jacques Bonnet. Il y évoque les rapports étranges entre le bibliomane et ses milliers de livres : Les mêmes rapports qu’entre le jardinier et une plante grimpante envahissante : la plante se développe d’elle-même d’une manière invisible à l’œil nu mais avec un progrès néanmoins constatable au bout de quelques semaines ; l’homme, à moins de la couper, ne pouvant qu’indiquer la direction qu’il souhaite lui voir prendre. (…) Nous avons choisi ses thèmes et ses axes de développement mais ne pouvons qu’observer qu’elle a envahi tous les murs de la pièce, grimpé jusqu’au plafond, annexé une à une les autres pièces en expulsant tout ce qui la dérange.
À quelque chose malheur est bon, comme dit Madame Michu. L’hiver prochain sera pour moi celui de ma reprise de pouvoir, sécateur en main, sur la plante grimpante envahissante.
*
Il se passe parfois quelque chose à Rouen. Quatre petites bibliothèques de quartier : Capucins, Saint-Sever, Grand Mare et Châtelet ont été rebaptisées. Elles portent désormais des noms de femmes : Amélie Bosquet, Aretha Franklin, Madeleine Riffaud et Emilie du Châtelet.
Emilie du Châtelet (ah ah ah). Dommage qu’on n’ait pas eu en réserve pour les deux premières une Capucine et une Sévère. Pour la Grand Mare, on avait bien une Marie-Andrée à la Mairie mais elle n’habite pas le quartier.
Cette page qui se tourne est en réalité un livre qui se ferme, un dépôt de bilan, la faillite de la branche française de Rakuten, maison japonaise.
En vingt ans de présence sur ce site (Price Minister puis Rakuten), j’aurai acheté quelques dizaines de livres et j’en aurai vendu presque dix mille. À l’heure de la fermeture, il m’en reste environ mille huit cents à vendre. C’est dire que ça ne m’arrange pas.
L’une de mes dernières lectures sur le banc du jardin est Des bibliothèques pleines de fantômes de Jacques Bonnet. Il y évoque les rapports étranges entre le bibliomane et ses milliers de livres : Les mêmes rapports qu’entre le jardinier et une plante grimpante envahissante : la plante se développe d’elle-même d’une manière invisible à l’œil nu mais avec un progrès néanmoins constatable au bout de quelques semaines ; l’homme, à moins de la couper, ne pouvant qu’indiquer la direction qu’il souhaite lui voir prendre. (…) Nous avons choisi ses thèmes et ses axes de développement mais ne pouvons qu’observer qu’elle a envahi tous les murs de la pièce, grimpé jusqu’au plafond, annexé une à une les autres pièces en expulsant tout ce qui la dérange.
À quelque chose malheur est bon, comme dit Madame Michu. L’hiver prochain sera pour moi celui de ma reprise de pouvoir, sécateur en main, sur la plante grimpante envahissante.
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Il se passe parfois quelque chose à Rouen. Quatre petites bibliothèques de quartier : Capucins, Saint-Sever, Grand Mare et Châtelet ont été rebaptisées. Elles portent désormais des noms de femmes : Amélie Bosquet, Aretha Franklin, Madeleine Riffaud et Emilie du Châtelet.
Emilie du Châtelet (ah ah ah). Dommage qu’on n’ait pas eu en réserve pour les deux premières une Capucine et une Sévère. Pour la Grand Mare, on avait bien une Marie-Andrée à la Mairie mais elle n’habite pas le quartier.