Ayant quelques livres à vendre, je rejoins ce samedi après-midi la rue Beauvoisine afin de les proposer à la bouquinerie Théo-Phil. À l’origine spécialisée dans les livres religieux et philosophiques, elle a étendu son domaine. Je la trouve fermée. Pire que cela : défunte. Sur sa porte un panneau rouge d’agence immobilière l’indique à vendre. Aucune explication du libraire n’est affichée. Les livres sont en place comme si elle était ouverte. Dépité, je me demande quoi faire de mon sac.
La bouquinerie Les Mondes Magiques étant un peu plus haut, malgré le peu d’envie que j’ai d’y aller, je m’y présente. Je demande à son libraire, perché sur une chaise haute de ce qui fut autrefois le bar, s’il achète en ce moment. « Non, me répond-il du ton aimable qui le caractérise, je viens de rentrer un grand stock de livres. » Effectivement, la boutique est encombrée d’ouvrages empilés par terre.
Me voilà bien. Il n’y a plus désormais aucune bouquinerie de la ville de Rouen où je puisse espérer revendre des livres qui ne sont pas suffisamment en bon état pour être proposés au kilo à la sympathique libraire du Bibliovore.
*
Auparavant, ce même jour, déjeuner au Rocher de Cancale à Sotteville-lès-Rouen avec celle qui était la directrice de la dernière école maternelle où j’ai enseigné. Je l’avais avertie que la patronne, Martine, et son cuisinier de mari partaient en retraite le quinze février après cinquante-cinq ans de labeur, et qu’en conséquence, si on voulait être sûr de boire encore une fois un americano presque aussi bon que celui que savait faire sa mère, il ne fallait pas traîner.
La bouquinerie Les Mondes Magiques étant un peu plus haut, malgré le peu d’envie que j’ai d’y aller, je m’y présente. Je demande à son libraire, perché sur une chaise haute de ce qui fut autrefois le bar, s’il achète en ce moment. « Non, me répond-il du ton aimable qui le caractérise, je viens de rentrer un grand stock de livres. » Effectivement, la boutique est encombrée d’ouvrages empilés par terre.
Me voilà bien. Il n’y a plus désormais aucune bouquinerie de la ville de Rouen où je puisse espérer revendre des livres qui ne sont pas suffisamment en bon état pour être proposés au kilo à la sympathique libraire du Bibliovore.
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Auparavant, ce même jour, déjeuner au Rocher de Cancale à Sotteville-lès-Rouen avec celle qui était la directrice de la dernière école maternelle où j’ai enseigné. Je l’avais avertie que la patronne, Martine, et son cuisinier de mari partaient en retraite le quinze février après cinquante-cinq ans de labeur, et qu’en conséquence, si on voulait être sûr de boire encore une fois un americano presque aussi bon que celui que savait faire sa mère, il ne fallait pas traîner.