Je retourne à La Source ce jeudi boire l’allongé avec le pain au chocolat de la petite boulangerie dont j’ignore le nom de la même rue. Tandis que le patron sort la terrasse, je suis seul en salle.
De là, je descends au bord du Canal de la Basse, mince cours d’eau urbain, pour prendre avec vue sur le Canigou le bus Trois à l’arrêt Arago. Son terminus est Canet Sud.
C’est là que je descends et trouve la mer avec l’aide de deux autochtones. Je mets un pied devant l’autre sur la longue promenade Charles-Trenet. À ma droite, la plage de sable fin que des engins de chantier s’emploient à remettre en état avant l’arrivée des vacanciers du printemps. À ma gauche, des immeubles franchement laids. Arrivé au carrousel, je poursuis jusqu’au Port. Je fais le tour d’une partie en photographiant les quelques bateaux qui sortent de la banalité.
Il y a quand même là deux petits bateaux de pêche amarrés derrière des cahutes métalliques où les pêcheurs vendent une maigre récolte. Sur l’un de ces bateaux, un homme avec une épuisette. Je lui demande la permission avant de faire une photo. « Que au bateau », me répond-il. « Vous êtes dessus », lui fais-je remarquer. « Allez-y, c’est pas grave », conclut-il.
Après cette longue marche, un banc de béton me recueille au bord du chenal qu’une drague cure. J’observe les rares entrées et sorties.
À onze heures, direction Brasserie Le France où je peux choper une table de premier rang côté plage pour un café sans verre d’eau et Casanova. Je demande au serveur si je pourrai la garder pour le déjeuner. C’est oui, me dit-il, en m’apportant le noir breuvage accompagné d’un mini croissant offert. Une femme part furieuse car elle a entendu depuis les toilettes un serveur parler d’elle en l’appelant « la pétasse qui voulait du sucre ».
Si j’ai choisi un jeudi pour retourner à Canet-Plage, c’est que ce jour-là on sert le couscous royal avec légumes à volonté pour le prix de seize euros cinquante à Brasserie Le France. Il y a un monde fou ce midi. Servi l’un des premiers, je n’ai pas à trouver que c’est long, comme beaucoup, et obtiens assez facilement le supplément de légumes.
Un bus Trois arrive à treize heures dix-huit pour me ramener à l’arrêt Wilson de Perpignan. Un trentenaire qui porte son casque sur sa casquette demande à y mettre sa bicyclette. Refus du chauffeur qui avance l’absence d’assurance pour ce genre de transport. Ma voisine trentenaire me dit qu’il aurait dû le laisser monter. Je lui réponds que lorsqu’on a un vélo, on pédale. « Je pense qu’il va attendre le prochain », me dit-elle. « Le prochain, c’est dans une demi-heure, il y serait avant s’il avait le courage de pédaler. »
Il est quatorze heures quand j’arrive au bout de ma rue. Presque en face est le raccourci qui débouche sur la vaste place de la République, carrée et entourée de terrasses. Je choisis la première ayant des tables à l’ombre pour un café verre d’eau lecture, celle de la brasserie Les 3 Minots.
*
Un livre que je ne connaissais pas : Le Tramway de Claude Simon (Éditions de Minuit), un récit qui se déroule entre Canet et Perpignan autour de la ligne qui réunissait jadis les deux communes.
De là, je descends au bord du Canal de la Basse, mince cours d’eau urbain, pour prendre avec vue sur le Canigou le bus Trois à l’arrêt Arago. Son terminus est Canet Sud.
C’est là que je descends et trouve la mer avec l’aide de deux autochtones. Je mets un pied devant l’autre sur la longue promenade Charles-Trenet. À ma droite, la plage de sable fin que des engins de chantier s’emploient à remettre en état avant l’arrivée des vacanciers du printemps. À ma gauche, des immeubles franchement laids. Arrivé au carrousel, je poursuis jusqu’au Port. Je fais le tour d’une partie en photographiant les quelques bateaux qui sortent de la banalité.
Il y a quand même là deux petits bateaux de pêche amarrés derrière des cahutes métalliques où les pêcheurs vendent une maigre récolte. Sur l’un de ces bateaux, un homme avec une épuisette. Je lui demande la permission avant de faire une photo. « Que au bateau », me répond-il. « Vous êtes dessus », lui fais-je remarquer. « Allez-y, c’est pas grave », conclut-il.
Après cette longue marche, un banc de béton me recueille au bord du chenal qu’une drague cure. J’observe les rares entrées et sorties.
À onze heures, direction Brasserie Le France où je peux choper une table de premier rang côté plage pour un café sans verre d’eau et Casanova. Je demande au serveur si je pourrai la garder pour le déjeuner. C’est oui, me dit-il, en m’apportant le noir breuvage accompagné d’un mini croissant offert. Une femme part furieuse car elle a entendu depuis les toilettes un serveur parler d’elle en l’appelant « la pétasse qui voulait du sucre ».
Si j’ai choisi un jeudi pour retourner à Canet-Plage, c’est que ce jour-là on sert le couscous royal avec légumes à volonté pour le prix de seize euros cinquante à Brasserie Le France. Il y a un monde fou ce midi. Servi l’un des premiers, je n’ai pas à trouver que c’est long, comme beaucoup, et obtiens assez facilement le supplément de légumes.
Un bus Trois arrive à treize heures dix-huit pour me ramener à l’arrêt Wilson de Perpignan. Un trentenaire qui porte son casque sur sa casquette demande à y mettre sa bicyclette. Refus du chauffeur qui avance l’absence d’assurance pour ce genre de transport. Ma voisine trentenaire me dit qu’il aurait dû le laisser monter. Je lui réponds que lorsqu’on a un vélo, on pédale. « Je pense qu’il va attendre le prochain », me dit-elle. « Le prochain, c’est dans une demi-heure, il y serait avant s’il avait le courage de pédaler. »
Il est quatorze heures quand j’arrive au bout de ma rue. Presque en face est le raccourci qui débouche sur la vaste place de la République, carrée et entourée de terrasses. Je choisis la première ayant des tables à l’ombre pour un café verre d’eau lecture, celle de la brasserie Les 3 Minots.
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Un livre que je ne connaissais pas : Le Tramway de Claude Simon (Éditions de Minuit), un récit qui se déroule entre Canet et Perpignan autour de la ligne qui réunissait jadis les deux communes.