Perpignan (seize) : Amélie-les-Bains-Palalda

16 avril 2026


Il a l’accent de Cioran donc je le suppose Roumain, un Roumain unijambiste à deux béquilles dans le Sankéo qui va vers la Gare Multimodale ce mercredi matin. Il élucubre sur l’électronique des bus qui rentre directement dans le cerveau de tout le monde. « Y a que moi qui le sais. » Chez les autres voyageurs : indifférence, sourire ou exaspération. Je me range dans la première catégorie.
C’est plus tranquille dans le liO Cinq Cent Trente de huit heures dix bien qu’il soit presque complet. Cette fois, je le quitte à l’arrêt Camping d’Amélie-les-Bains afin de jouir de la vue sur Palalda, ce bourg de toute beauté accroché au versant d’en face.
Je descends ensuite par le bord de route jusqu’au centre d’Amélie où coule le Tech. L’aimable employé de l’Office du Tourisme me donne l’horaire du minibus qui part de la Gare Routière pour un circuit à un euro qui vous fait passer à Palalda.
Dans celui de dix heures vingt-cinq, quatre autochtones rentrent chez eux. Je suis le seul à descendre à l’arrêt Église, celle de Palalda. Elle est un peu plus haut et fermée. Près d’elle, les tours de l’ancien château féodal, la Mairie et une chapelle. Je marche un peu dans les rues descendantes mais ne voulant pas avoir à trop remonter, je ne vais pas loin, préférant m’asseoir au soleil du temps estival revenu dans le petit jardin du Rosaire entre l’Église et la Mairie.
Je rentre avec le minibus d’onze heures dix, sans avoir à repayer, avec lequel je fais le reste de la boucle. Un vieux couple, avec canne pour elle, rentre des courses, avec sac et chariot. Arrivés à leur résidence, lui et elle ont du mal à descendre. La peur de l’avenir proche doit les habiter. Je termine seul avec le chauffeur après moult détours et visite un peu Amélie dont toutes les rues montent. Je ne vais pas plus haut que l’Église.
Du terminus de la Gare Routière une rue pentue descend au restaurant L’Autentic, place de la Républic. Il bénéficie d’une terrasse de bord de l’eau sous les platanes. Au menu du jour : planche de charcuterie catalane, tête de veau sauce gribiche, verrine de pomme caramélisée et sa chantilly, avec bruit de cascade, pour vingt-deux euros quatre-vingt-dix. Il est servi par une gentille jolie petite serveuse qui se démène aidée par le patron. La tête de veau sauce gribiche, pas un plat de curiste, ni approuvé par mon médecin, mais c’est tellement bon.
Je prends le café à la terrasse du Grand Café de Paris où je suis seul. Il est servi avec une madeleine (un euro soixante seulement). Je photographie l’immeuble d’en face dont le dernier étage est cerné d’un balcon métallique en manque de peinture dont le dessous sert de support aux hirondelles pour y construire leurs nids.
Je rentre avec le même car liO qu’hier. Cette fois il a un quart d’heure de retard. Une partie des voyageurs n’est guère reluisante. L’un s’endort pendant le trajet et me tombe sur les genoux lors un virage.
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La commune d’Amélie-les-Bains-Palalda fut créée en mil neuf cent quarante-deux par la fusion d’Amélie-les-Bains et de Palalda.
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À Amélie-les-Bains-Palalda : un lieu d’exposition nommé Casa Restany (Pierre Restany est né ici), un mur de mosaïque d’après les dessins créés par les élèves de maternelle en mil neuf cent quatre-vingt-dix-neuf (il est surmonté d’une publicité pour le Casino) et au fronton de la Mairie parmi les drapeaux, l’arc-en-ciel.