Secrets de Pains est ouvert en ce Lundi de Pâques. C’est l’aubaine des esseulés levés tôt. Un pain au chocolat et un allongé se paient deux euros soixante-dix dans la machine à sous. Il est loisible de les consommer sur une chaise haute face à la vitre en regardant la ville se réveiller peu à peu.
Aujourd’hui, je désire aller en bord de mer. Le bus Trois y conduit, même les jours fériés, que l’on prend au pied de la statue de François Arago. Je monte dans le premier, celui de neuf heures neuf. Il mène à Canet-Plage (commune de Canet-en-Roussillon). Cette plage de sable fin est située à douze kilomètres de Perpignan et fait douze kilomètres de long.
Je marche en direction de la grande roue sur la promenade qui longe la large plage. « On s’en doute, le front de mer est du genre bétonné », regrette mon vieux Guide du Routard datant de deux mille seize. Certains immeubles ne manquent pas de charme et témoignent d’une l’architecture inventive. Quelques-uns sont décrépits. Des appartements sont à vendre. Un abruti fait voler son drone sur la plage. Un homme appelle le petit Nathan qui n’attend pas.
Arrivé à l’entrée du port de plaisance où se trouve la grande roue, immobile à cette heure, je reviens sur mes pas. À mi-chemin, je m’assois sur un banc en béton face à la mer lointaine en attendant que derrière mon dos ouvre la solderie Maxi-Livres, une survivance de la franchise disparue. J’y vois beaucoup de daube et plutôt chère. Je poursuis jusqu’au joli carrousel dont la sono diffuse des succès d’hier joués à l’accordéon Sous aucun prétexte Étoile des neiges Itsi bitsi petit bikini. Une ambiance qui me rappelle celle de Stella Plage dans le Pas-de-Calais et j’aime ça.
À onze heures, je vais boire un café à la mieux située des terrasses de l’endroit, celle de la Brasserie Le France, où il coûte deux euros. Le verre d’eau, c’est directement à la fontaine. S’il faut travailler, je m’en passerai. Le soleil tente de percer les nuages, en vain. Comme je suis bien là, à lire Casanova, j’y reste jusqu’à l’heure du repas. Au menu du jour férié : œuf poché à la truffe, agneau de Pâques et tarte de poires aux amandes. Le tout pour vingt-quatre euros quatre-vingt-dix. Un bon pain rustique accompagne cette bonne nourriture.
On ne verra pas le soleil aujourd’hui dans cet endroit paisible et désuet. Je retourne lire le dos au carrousel puis vais boire un café verre d’eau dans une gargote « arabe » située dans une rue perpendiculaire à la mer, par où je suis arrivé ce matin, mon point de repère étant un bâtiment recouvert entièrement d’un filet protégeant contre les chutes de pierres. Celle que je pense être la patronne est bien embêtée. Elle s’est battue avec quelqu’une et il y avait des caméras. « Rien que pour les appareils auditifs, j’en ai pour la peau des fesses. Et il y a la Rolex. Comment veux-tu que je paye. Je crois que je vais aller la voir et lui dire que j’ai pas les moyens. »
*
Vu depuis le bus au centre de Canet-en-Roussillon : un lycée nommé Rosa Luxemburg.
Aujourd’hui, je désire aller en bord de mer. Le bus Trois y conduit, même les jours fériés, que l’on prend au pied de la statue de François Arago. Je monte dans le premier, celui de neuf heures neuf. Il mène à Canet-Plage (commune de Canet-en-Roussillon). Cette plage de sable fin est située à douze kilomètres de Perpignan et fait douze kilomètres de long.
Je marche en direction de la grande roue sur la promenade qui longe la large plage. « On s’en doute, le front de mer est du genre bétonné », regrette mon vieux Guide du Routard datant de deux mille seize. Certains immeubles ne manquent pas de charme et témoignent d’une l’architecture inventive. Quelques-uns sont décrépits. Des appartements sont à vendre. Un abruti fait voler son drone sur la plage. Un homme appelle le petit Nathan qui n’attend pas.
Arrivé à l’entrée du port de plaisance où se trouve la grande roue, immobile à cette heure, je reviens sur mes pas. À mi-chemin, je m’assois sur un banc en béton face à la mer lointaine en attendant que derrière mon dos ouvre la solderie Maxi-Livres, une survivance de la franchise disparue. J’y vois beaucoup de daube et plutôt chère. Je poursuis jusqu’au joli carrousel dont la sono diffuse des succès d’hier joués à l’accordéon Sous aucun prétexte Étoile des neiges Itsi bitsi petit bikini. Une ambiance qui me rappelle celle de Stella Plage dans le Pas-de-Calais et j’aime ça.
À onze heures, je vais boire un café à la mieux située des terrasses de l’endroit, celle de la Brasserie Le France, où il coûte deux euros. Le verre d’eau, c’est directement à la fontaine. S’il faut travailler, je m’en passerai. Le soleil tente de percer les nuages, en vain. Comme je suis bien là, à lire Casanova, j’y reste jusqu’à l’heure du repas. Au menu du jour férié : œuf poché à la truffe, agneau de Pâques et tarte de poires aux amandes. Le tout pour vingt-quatre euros quatre-vingt-dix. Un bon pain rustique accompagne cette bonne nourriture.
On ne verra pas le soleil aujourd’hui dans cet endroit paisible et désuet. Je retourne lire le dos au carrousel puis vais boire un café verre d’eau dans une gargote « arabe » située dans une rue perpendiculaire à la mer, par où je suis arrivé ce matin, mon point de repère étant un bâtiment recouvert entièrement d’un filet protégeant contre les chutes de pierres. Celle que je pense être la patronne est bien embêtée. Elle s’est battue avec quelqu’une et il y avait des caméras. « Rien que pour les appareils auditifs, j’en ai pour la peau des fesses. Et il y a la Rolex. Comment veux-tu que je paye. Je crois que je vais aller la voir et lui dire que j’ai pas les moyens. »
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Vu depuis le bus au centre de Canet-en-Roussillon : un lycée nommé Rosa Luxemburg.