Le ciel est bleu d’un côté, gris de l’autre, ce qui ne m’aide pas ce lundi matin à savoir si c’est une bonne idée d’aller en montagne. On verra, me dis-je, perché chez Secrets de Pains où sont en panne la machine à café, la machine à paninis et le four à viennoiseries. Cela me vaut deux pains au chocolat pour le prix d’un, car ils sont mal cuits dans le four à pain, et un allongé bricolé avec une cafetière de secours.
Par le premier bus venu, je monte à la Gare Multimodale afin de prendre une dernière fois le même car liO terminus Prades. Dans cette bourgade, je profite de la présence d’une Gare en activité mais pas débordée pour prendre mon billet de train de demain matin puis je vais boire un café à la terrasse de L’Express en attendant le car liO Cinq Cent Vingt-Trois de dix heures dont le terminus est Mosset (on prononce Mossette).
C’est un minicar encore plus petit que le minicar qui va à Vernet-les-Bains. Par une route pleine de virages, il monte jusqu’aux Thermes et ça continue à grimper jusqu’au village de Molitg-les-Bains où j’ai demandé au chauffeur de me déposer. Molitg (on prononce plus ou moins Molitge) est petit et endormi. Je vais voir de près la belle église romane Sainte-Marie et le Château médiéval et puis la visite est terminée.
Je demande au seul autochtone visible, qui jette ses bouteilles en verre dans le conteneur destiné à cet usage, s’il y a moyen de rejoindre les Thermes sans marcher au bord de la route. « Oui », me dit-il. Un peu plus loin sur la droite commence un chemin descendant. Une pancarte le promet ensoleillé. C’est un bon raccourci avec vue sur le Canigou qui devient route pour piétons et me met à l’arrêt des cars Les Thermes près duquel j’ai repéré en passant un café restaurant ouvert : Le Royal.
J’y bois un café verre d’eau à un euro cinquante en terrasse puis descends un petit bout de route pour avoir la belle vue sur les Thermes. « Vous aurez un banc là-bas », m’a dit le jeune patron du café. Il y en a même plusieurs dans l’allée qui mène à ces Thermes, un bâtiment rose comme il se doit, pas trop laid, incluant le Grand Hôtel où un chef renommé opère en cuisine. En face là-haut, les ruines de la forteresse médiévale de Paracolls. En contrebas, les gorges de la Castellane.
Un clair carillon sonne midi. Au Royal, on ne mange qu’à la carte. Je me risque à l’assiette du chef, un tas de choses variées autour d’un peu d’agneau pour vingt et un euros. « Vous n’avez pas d’allergie ? Vous faites la cure ? » « Ah, non non non ! » « Très bien ! » Des curistes, il y en a qui mangent ici. Ils discutent entre eux et ont leur opinion sur la nouvelle tentative d’assassinat de Trump : « C’est que du bidon, c’est pour se faire de la pub. »
Je ne suis pas déçu de mon assiette du chef que je trouve néanmoins un peu chère mais la volubilité du patron finit par me fatiguer. Des nuages noirs sont apparus et un peu de vent se fait sentir quand je reprends place sur un banc de curistes. Je surveille ma montre. Il ne s’agirait pas de louper le Cinq Cent Vingt-Trois du retour qui passe ici à treize heures quarante-deux.
Dans ce minicar sont présentes, devant moi une vieille qui va à l’hôpital, et à ma gauche une jeune vêtue d’une robe fendue qui dévoile sa jambe jusqu’en haut et je me dis que si le chauffeur qui conduit vite rate l’un des virages de la descente vers Prades, ce sera sur cette agréable image que je quitterai la vie.
Aucun accident ne s’étant produit, je mets pied à terre à la Gare de Prades. Alors que le chauffeur du minicar a prédit l’orage pour seize heures, le patron de L’Express l’annonce pour quinze heures. J’y prends mon dessert, un gâteau au chocolat, avec un café (quatre euros cinquante) avant de monter dans le car liO de quatorze heures quarante-trois pour Perpignan, pas sûr d’arriver avant l’orage. C’est pourtant ce qui se produit, car dans la vallée, le ciel bleu est de mise.
*
Pablo Casals résida à Molitg après avoir quitté l’Espagne franquiste, accueilli dans une maison du hameau des Thermes par la famille Barthélémy. À partir de mil neuf cent cinquante, les plus grands musiciens le retrouvèrent chaque été à Prades pour ce qui prit le nom de Festival Pablo Casals. En mil neuf cent cinquante-huit, il fut à l'initiative de la construction de la tombe d'Antonio Machado à Collioure.
*
Le dicton du jour : Quand passe le curiste, sa femme est cinquante pas derrière.
Par le premier bus venu, je monte à la Gare Multimodale afin de prendre une dernière fois le même car liO terminus Prades. Dans cette bourgade, je profite de la présence d’une Gare en activité mais pas débordée pour prendre mon billet de train de demain matin puis je vais boire un café à la terrasse de L’Express en attendant le car liO Cinq Cent Vingt-Trois de dix heures dont le terminus est Mosset (on prononce Mossette).
C’est un minicar encore plus petit que le minicar qui va à Vernet-les-Bains. Par une route pleine de virages, il monte jusqu’aux Thermes et ça continue à grimper jusqu’au village de Molitg-les-Bains où j’ai demandé au chauffeur de me déposer. Molitg (on prononce plus ou moins Molitge) est petit et endormi. Je vais voir de près la belle église romane Sainte-Marie et le Château médiéval et puis la visite est terminée.
Je demande au seul autochtone visible, qui jette ses bouteilles en verre dans le conteneur destiné à cet usage, s’il y a moyen de rejoindre les Thermes sans marcher au bord de la route. « Oui », me dit-il. Un peu plus loin sur la droite commence un chemin descendant. Une pancarte le promet ensoleillé. C’est un bon raccourci avec vue sur le Canigou qui devient route pour piétons et me met à l’arrêt des cars Les Thermes près duquel j’ai repéré en passant un café restaurant ouvert : Le Royal.
J’y bois un café verre d’eau à un euro cinquante en terrasse puis descends un petit bout de route pour avoir la belle vue sur les Thermes. « Vous aurez un banc là-bas », m’a dit le jeune patron du café. Il y en a même plusieurs dans l’allée qui mène à ces Thermes, un bâtiment rose comme il se doit, pas trop laid, incluant le Grand Hôtel où un chef renommé opère en cuisine. En face là-haut, les ruines de la forteresse médiévale de Paracolls. En contrebas, les gorges de la Castellane.
Un clair carillon sonne midi. Au Royal, on ne mange qu’à la carte. Je me risque à l’assiette du chef, un tas de choses variées autour d’un peu d’agneau pour vingt et un euros. « Vous n’avez pas d’allergie ? Vous faites la cure ? » « Ah, non non non ! » « Très bien ! » Des curistes, il y en a qui mangent ici. Ils discutent entre eux et ont leur opinion sur la nouvelle tentative d’assassinat de Trump : « C’est que du bidon, c’est pour se faire de la pub. »
Je ne suis pas déçu de mon assiette du chef que je trouve néanmoins un peu chère mais la volubilité du patron finit par me fatiguer. Des nuages noirs sont apparus et un peu de vent se fait sentir quand je reprends place sur un banc de curistes. Je surveille ma montre. Il ne s’agirait pas de louper le Cinq Cent Vingt-Trois du retour qui passe ici à treize heures quarante-deux.
Dans ce minicar sont présentes, devant moi une vieille qui va à l’hôpital, et à ma gauche une jeune vêtue d’une robe fendue qui dévoile sa jambe jusqu’en haut et je me dis que si le chauffeur qui conduit vite rate l’un des virages de la descente vers Prades, ce sera sur cette agréable image que je quitterai la vie.
Aucun accident ne s’étant produit, je mets pied à terre à la Gare de Prades. Alors que le chauffeur du minicar a prédit l’orage pour seize heures, le patron de L’Express l’annonce pour quinze heures. J’y prends mon dessert, un gâteau au chocolat, avec un café (quatre euros cinquante) avant de monter dans le car liO de quatorze heures quarante-trois pour Perpignan, pas sûr d’arriver avant l’orage. C’est pourtant ce qui se produit, car dans la vallée, le ciel bleu est de mise.
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Pablo Casals résida à Molitg après avoir quitté l’Espagne franquiste, accueilli dans une maison du hameau des Thermes par la famille Barthélémy. À partir de mil neuf cent cinquante, les plus grands musiciens le retrouvèrent chaque été à Prades pour ce qui prit le nom de Festival Pablo Casals. En mil neuf cent cinquante-huit, il fut à l'initiative de la construction de la tombe d'Antonio Machado à Collioure.
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Le dicton du jour : Quand passe le curiste, sa femme est cinquante pas derrière.