Perros-Guirec (quinze) : Ploumanac’h (trois)

16 septembre 2026


Un magnifique lever du jour derrière l’église Saint-Jacques ce mardi matin, mélange de l’orange du soleil et du noir des nuages. De la pluie est annoncée par Météo France. Ce que confirment les locaux : « Bientôt la flotte » « Il en faut ». Je suis à L’Apéro’z où je reprends Mémoires de la princesse Daschkoff. La voici veuve à vingt ans partant en voyage à l’étranger avec ses deux enfants et son petit personnel.
Ce jour est celui du retour à Ploumanac’h. Descendu du bus TilT au carrefour, je prends une variante pour rejoindre le Port, un chemin dans la lande agrémenté de quelques gros rochers aux formes torturées et d’un tronc d’arbre de même style. Je vais jusqu’au bout de ce Port pour voir de près le moulin à marée (Ploumanac’h et Trégastel ont chacun le leur). C’est une bâtisse en pierre dont il faudrait voir l’intérieur mais c’est fermé. En revenant sur mes pas, je fais quelques photos de bateaux, puis je rejoins Ty Jobic.
Une marchande de poissons occupe la partie abritée de la terrasse. Je m’installe à l’intérieur par crainte que ça mouille. Cela me permet de bénéficier de la conversation des piliers de comptoir : « Ils vont bientôt nous mettre le billet suivable, ça va faire mal » pendant que je lis la princesse Daschkoff Après être restée un peu moins de trois semaines à Paris, je partis pour Aix, en Provence. J’eus le plaisir d’y trouver toutes choses prêtes pour me recevoir dans une fort belle maison située près de l’établissement des Eaux et appartenant au marquis Guidon. Dommage qu’elle ne retienne rien d’intéressant de ses rencontres avec Diderot et Voltaire.
À onze heures moins le quart, il se met à pleuvoir. « Il va peut-être faire beau, ça va se lever » dit-on au comptoir. Personne n’achète à la marchande de la mer. Elle remballe à onze heures et demie. « Le Grand Bleu pêche locale », est-il écrit sur son véhicule.
Vers midi la pluie cesse. Je retrouve mon chemin buissonnier pour rejoindre l’abri de bus TilT. Cette lande est encore plus belle au printemps quand les genêts sont en fleurs.
En retard bien sûr est le bus du retour. Je me dirige tout droit sur le Café Breton pour connaître le plat de la semaine. Las, le ravalement de façade d’à côté n’est pas en pause. Le bruit est horrifique et j’en ai déjà subi un encore pire ce matin en attendant le bus de neuf heures dix. Demi-tour, je marche jusqu’à L’Ardoise où le plat du jour est le cabillaud. Cela ne m’enchante pas. Il y a, un peu en retrait, un restaurant nommé Le 4 qui propose un menu à vingt-cinq euros qui me fait envie : tartare aux deux poissons, onglet de bœuf gratin dauphinois et tarte Tatin. Une table est encore disponible à treize heures vingt sous la pergola avec vue sur le Port et clientèle bourgeoise. Une gentille patronne et une cuisine moins élaborée qu’au Bistrot de la Rade, c’est mon point de vue à l’issue.
Une dizaine de mètres me séparent du Café du Port. Le soleil étant revenu, je m’installe en terrasse pour me faire chauffer le dos.
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Rentré, la nouvelle de la mort de Catherine Ringer m’attriste. C’est le cancer qui l’a assassinée, foudroyant. C’est un autre cancer, foudroyant, qui avait tué Fred Chichin.
Je me souviens du concert des Rita Mitsouko lors de l’Armada de Rouen. C’était en deux mille trois. J’y assistais avec celle qui me tenait la main et qui vit désormais à Asnières.
Je me souviens aussi de la terrasse du restaurant Le Paris, boulevard Richard-Lenoir, où un mercredi midi je fêtais l’anniversaire de celle qui m’avait aussi tenu la main et qui vit à Montreuil. C’était il y a deux ans. Catherine Ringer était avec un ami à elle à la table d’à côté.