Les dernières infos sur la grève du métro parisien de demain sont bonnes (pour moi). Aucune incidence sur le trafic. De quoi me tranquilliser. Un peu, car tout voyage est pour moi une source d’inquiétude.
C’est mon dernier jour à Perros-Guirec. Avant de rejoindre le Ranolien et de parcourir encore une fois la Côte de Granit Rose jusqu’au centre de Ploumanac’h, je petit-déjeune à L’Apéro’z tenu ce lundi matin par un employé qui a mis la télé sur une chaîne d’info répétée. Il me faut subir les dithyrambes sur la visite de Léon le Pape.
Comme chaque matin, en sortant du bar, j’ouvre la minuscule boîte à livres devant l’église Saint-Jacques et pour une fois y vois un livre que je peux prélever : Un roman russe d’Emmanuel Carrère en Folio. Je ne l’aurais peut-être pas payé un euro mais comme je n’ai plus rien à lire…
Le soleil est là quand le bus TilT de neuf heures dix me dépose au Ranolien, un temps idéal pour bien regarder ce que je ne verrai plus car il est certain que je ne reviendrai pas à Perros-Guirec, non que ça m’ait déplu, bien au contraire, mais le temps m’est compté et ce petit coin des Côtes d’Armor trop enclavé. En cours de chemin, trouvant ouvert le hangar de la Société Nationale de Sauvetage en Mer, je photographie la poupe du bateau vert et blanc nommé Président Toutain.
À l’arrivée à Saint-Guirec, j’ai le temps d’une pause sur un banc au-dessus de la plage et de son oratoire avant d’aller attendre le Macareux de dix heures quarante. Autrefois, les filles célibataires ou les veuves attendaient la marée basse pour piquer une aiguille ou une épingle sur le saint en bois de cet oratoire, particulièrement sur son nez. Si, après la marée haute, l’objet pointu était resté planté, elles étaient certaines de se marier avant la fin de l'année. La statue en bois ayant été remplacée par une statue en granit, la tradition s’est perdue.
Je descends de ce minibus à l’arrêt Le Port, m’apprête à réserver une table à L’Ardoise mais la formule du jour, tagliatelles saumon et île flottante, m’en dissuade (j’aurais pourtant aimé dire au revoir à Étienne mais tant pis). Je marche jusqu’à l’autre bout dans l’intention de réserver au Bistrot de la Rade pour son nouveau menu de la semaine : je le trouve en vacances. Je marche à nouveau jusqu’à l’autre bout et le Café du Port. Son menu du jour est toujours le même, avec son émincé de poulet très mince. Je réserve quand même car il n’y a rien d’autre, une table à l’intérieur car le soleil a disparu et un vent frais s’est levé. Tout cela m’amène à me dire que je pars au bon moment.
En attendant midi, je m’assois sur le banc d’en face, dans mon dos le Café du Port, devant moi le Port et j’ouvre Un roman russe, rassuré de découvrir que ça m’intéresse suffisamment pour ne pas avoir envie de l’abandonner au bout de vingt pages.
Ce sera un burgueur à seize euros cinquante avec peu de viande, ni dessert ni café. Je rentre tôt afin organiser mon départ.
C’est mon dernier jour à Perros-Guirec. Avant de rejoindre le Ranolien et de parcourir encore une fois la Côte de Granit Rose jusqu’au centre de Ploumanac’h, je petit-déjeune à L’Apéro’z tenu ce lundi matin par un employé qui a mis la télé sur une chaîne d’info répétée. Il me faut subir les dithyrambes sur la visite de Léon le Pape.
Comme chaque matin, en sortant du bar, j’ouvre la minuscule boîte à livres devant l’église Saint-Jacques et pour une fois y vois un livre que je peux prélever : Un roman russe d’Emmanuel Carrère en Folio. Je ne l’aurais peut-être pas payé un euro mais comme je n’ai plus rien à lire…
Le soleil est là quand le bus TilT de neuf heures dix me dépose au Ranolien, un temps idéal pour bien regarder ce que je ne verrai plus car il est certain que je ne reviendrai pas à Perros-Guirec, non que ça m’ait déplu, bien au contraire, mais le temps m’est compté et ce petit coin des Côtes d’Armor trop enclavé. En cours de chemin, trouvant ouvert le hangar de la Société Nationale de Sauvetage en Mer, je photographie la poupe du bateau vert et blanc nommé Président Toutain.
À l’arrivée à Saint-Guirec, j’ai le temps d’une pause sur un banc au-dessus de la plage et de son oratoire avant d’aller attendre le Macareux de dix heures quarante. Autrefois, les filles célibataires ou les veuves attendaient la marée basse pour piquer une aiguille ou une épingle sur le saint en bois de cet oratoire, particulièrement sur son nez. Si, après la marée haute, l’objet pointu était resté planté, elles étaient certaines de se marier avant la fin de l'année. La statue en bois ayant été remplacée par une statue en granit, la tradition s’est perdue.
Je descends de ce minibus à l’arrêt Le Port, m’apprête à réserver une table à L’Ardoise mais la formule du jour, tagliatelles saumon et île flottante, m’en dissuade (j’aurais pourtant aimé dire au revoir à Étienne mais tant pis). Je marche jusqu’à l’autre bout dans l’intention de réserver au Bistrot de la Rade pour son nouveau menu de la semaine : je le trouve en vacances. Je marche à nouveau jusqu’à l’autre bout et le Café du Port. Son menu du jour est toujours le même, avec son émincé de poulet très mince. Je réserve quand même car il n’y a rien d’autre, une table à l’intérieur car le soleil a disparu et un vent frais s’est levé. Tout cela m’amène à me dire que je pars au bon moment.
En attendant midi, je m’assois sur le banc d’en face, dans mon dos le Café du Port, devant moi le Port et j’ouvre Un roman russe, rassuré de découvrir que ça m’intéresse suffisamment pour ne pas avoir envie de l’abandonner au bout de vingt pages.
Ce sera un burgueur à seize euros cinquante avec peu de viande, ni dessert ni café. Je rentre tôt afin organiser mon départ.