Je me sens tout p’tit désormais au Son du Cor qui, dans le cadre de travaux, a renouvelé sa terrasse. Encore plus de tables basses et disparition de la moitié des tables hautes. Dont celles où je m’installais. Celles restantes sont trop vite atteintes par le soleil. Obligé par conséquent ce samedi midi de m’asseoir à une des nouvelles tables basses, lesquelles sont munies de chaises peu à ma taille. En résumé : après ces travaux : le dedans est mieux qu’avant, le dehors non. Le café est étonnamment resté à un euro soixante.
C’est là que je commence à lire Lettres de Marcel Proust, un gros livre publié chez Plon qui m’a été offert par un fidèle lecteur avec qui je prends un café de temps à autre. Chronologie oblige, les lettres du début ne sont pas les plus intéressantes. Hormis celle-ci, bien connue (si elle n’était pas authentifiée par les spécialistes, elle me semblerait suspecte), écrite le jeudi soir dix-sept mai mil huit cent quatre-vingt-huit (Marcel a bientôt dix-sept ans) :
Mon cher petit grand’père
Je viens réclamer de ta gentillesse la somme de 13 francs que je voulais demander à Mr Nathan, mais que Maman préfère que je te demande. Voici pourquoi. J’avais si besoin de voir une femme pour cesser mes mauvaises habitudes de masturbation que papa m’a donné 10 francs pour aller au bordel. Mais 1° dans mon émotion, j’ai cassé un vase de nuit, 3 francs 2° dans cette même émotion je n’ai pas pu baiser. Me voilà donc comme devant attendant à chaque heure davantage 10 francs pour me vider et en plus ces 3 francs de vase. Mais je n’ose pas redemander sitôt de l’argent à papa et j’ai espéré que tu voudrais bien venir à mon secours dans cette circonstance qui tu le sais est non seulement exceptionnelle mais encore unique : il n’arrive pas deux fois dans la vie d’être trop troublé pour pouvoir baiser.
Je t’embrasse mille fois et n’ose te remercier d’avance.
Au jardin, je reprends la lecture de C’est encore moi qui vous écris de Marie (ex Raphaële) Billetdoux, ses lettres envoyées et reçues ainsi que des documents personnels de toute nature. Cela m’intéresse beaucoup plus que les missives de Proust.
Un petit vide-greniers rouennais ce dimanche, celui de la Pucelle. Il ne me revient en mémoire qu’à huit heures. J’y vais quand même, me disant qu’il est trop tard pour espérer quelque livre. Peu d’exposants sont présents. Parmi eux, quelqu’un de ma connaissance avec qui j’échange quelques mots. Il me reste à voir la vendeuse d’à côté, qui justement sort des livres d’un sac. J’y vois les deux Bouquins Laffont Œuvres de Dino Buzzati. « C’est combien vos livres ? », lui demandé-je sans montrer lesquels m’intéressent. « Un euro. » « Je prends ces deux-là », lui dis-je. N’arriver qu’à huit heures et m’attarder à parler m’ont permis d’être au bon endroit au bon moment.
C’est là que je commence à lire Lettres de Marcel Proust, un gros livre publié chez Plon qui m’a été offert par un fidèle lecteur avec qui je prends un café de temps à autre. Chronologie oblige, les lettres du début ne sont pas les plus intéressantes. Hormis celle-ci, bien connue (si elle n’était pas authentifiée par les spécialistes, elle me semblerait suspecte), écrite le jeudi soir dix-sept mai mil huit cent quatre-vingt-huit (Marcel a bientôt dix-sept ans) :
Mon cher petit grand’père
Je viens réclamer de ta gentillesse la somme de 13 francs que je voulais demander à Mr Nathan, mais que Maman préfère que je te demande. Voici pourquoi. J’avais si besoin de voir une femme pour cesser mes mauvaises habitudes de masturbation que papa m’a donné 10 francs pour aller au bordel. Mais 1° dans mon émotion, j’ai cassé un vase de nuit, 3 francs 2° dans cette même émotion je n’ai pas pu baiser. Me voilà donc comme devant attendant à chaque heure davantage 10 francs pour me vider et en plus ces 3 francs de vase. Mais je n’ose pas redemander sitôt de l’argent à papa et j’ai espéré que tu voudrais bien venir à mon secours dans cette circonstance qui tu le sais est non seulement exceptionnelle mais encore unique : il n’arrive pas deux fois dans la vie d’être trop troublé pour pouvoir baiser.
Je t’embrasse mille fois et n’ose te remercier d’avance.
Au jardin, je reprends la lecture de C’est encore moi qui vous écris de Marie (ex Raphaële) Billetdoux, ses lettres envoyées et reçues ainsi que des documents personnels de toute nature. Cela m’intéresse beaucoup plus que les missives de Proust.
Un petit vide-greniers rouennais ce dimanche, celui de la Pucelle. Il ne me revient en mémoire qu’à huit heures. J’y vais quand même, me disant qu’il est trop tard pour espérer quelque livre. Peu d’exposants sont présents. Parmi eux, quelqu’un de ma connaissance avec qui j’échange quelques mots. Il me reste à voir la vendeuse d’à côté, qui justement sort des livres d’un sac. J’y vois les deux Bouquins Laffont Œuvres de Dino Buzzati. « C’est combien vos livres ? », lui demandé-je sans montrer lesquels m’intéressent. « Un euro. » « Je prends ces deux-là », lui dis-je. N’arriver qu’à huit heures et m’attarder à parler m’ont permis d’être au bon endroit au bon moment.