Toulon sous la pluie, c’est d’abord un marché réduit à presque rien. « Comme d’habitude ? » me demande le boulanger à qui je ne dis pas que c’est la dernière fois. Peu de monde à la Réale quand j’y arrive pour le café. Cela tombe sans cesse, parfois assez fort, parfois très fort. Impossible de prévoir quand vient une accalmie ou une aggravation. Ce nouvel épisode méditerranéen est prévu pour durer trois jours. Je rentre donc au bon moment, d’autant plus que demain jeudi, c’est jour de grève dans les trains.
Il pleut moyennement vers dix heures quand je me rapproche de la Gare. Je trouve refuge en face d’icelle au Terminus « depuis 1859 » pour un café verre d’eau à un euro quatre-vingts. Il me semble avoir déjeuné dans cette brasserie à l’ancienne avant un départ une fois précédente. « On peut pas avoir le plat du jour avant midi, me dit le serveur, mais une tarte salée oui. » Mon Tégévé étant à onze heures cinquante, je me tâte puis décide que oui.
Cette tarte salée et sa salade sont à onze euros quatre-vingt-dix. À côté de moi, une Rouennaise qui vient régulièrement à Toulon raconte sa vie à son autre voisin en manque de confidences. Elle lui fait une description mirifique de Rouen. Je suis ravi de ne pas la connaître. Elle prend le Tégévé de treize heures, je ne risque pas de l’avoir comme voisine. Ma tarte et sa salade suffisent à me nourrir.
Que de monde à la Gare attendant le Tégévé. C’est comme si elles et eux fuyaient l’épisode méditerranéen. Ce train est à l’heure et, comme je suis à contresens, je vois s’éloigner les montagnes varoises. Je revois la mer puis c’est Marseille où il pleut aussi. Ma voisine descend, remplacée par une autre tout aussi discrète qui lit un livre de Fred Vargas. Dernière vue sur la mer, le port des ferries, puis nous remontons la France. Des vaches, des arbres aux couleurs automnales et même un peu de soleil. Plus loin, de jolis coteaux et le ciel tout bleu. Quel beau temps, on dirait le Sud. Ça se couvre à l’approche de Paris. Une nouveauté : le passage au-dessus du train du téléphérique de Créteil. Impressionnant, il faudra que j’aille l’essayer au printemps.
Une place assise dans le métro Quatorze et me voici à la Gare Saint-Lazare où j’ai un bon moment à attendre avant le dix-sept heures quarante pour Rouen. Il fait nuit et froid lorsque je monte dans le train Nomad où je m’installe dans la voiture Cinq avec une place à côté pour mes bagages.
Cette voiture Cinq se remplit plus vite que d’autres fois et arrive ce qui devaient arriver. Il n’y a plus que le siège où sont mes bagages de disponible. Une femme à tresses et à lunettes se présente qui me la demande. « Vous êtes dans quelle voiture ? » lui demandé-je, espérant qu’elle s’est trompée. « C’est placement libre ici, me répond-elle, j’étais dans la voiture Trois à côté d’un clochard qui pue. » Je glisse donc plus ou moins ma valise sous le siège et elle s’installe tandis que je cale mon sac à dos entre mes jambes et ressors mon petit carnet noir. « Vous êtes écrivain ? » me demande-t-elle. « Oui et non, lui réponds-je, je publie ce que j’écris sur les Internets mais autrefois j’ai été publié dans des revues. Si vous voulez lire ce que j’écris, je peux vous donner mon nom. » Elle le tape sur son smartphone, ce qui lui permet de me dire que j’aime l’opéra. Où a-t-elle vu ça ? Sans doute sur un résumé de ma vie faite par l’intelligence artificielle. Nous parlons un peu de l’Opéra de Rouen puis elle se plonge dans son ordinateur un gros casque sur les oreilles et notre conversation cesse. À l’arrivée, nous nous souhaitons mutuellement une bonne soirée.
Il pleut moyennement vers dix heures quand je me rapproche de la Gare. Je trouve refuge en face d’icelle au Terminus « depuis 1859 » pour un café verre d’eau à un euro quatre-vingts. Il me semble avoir déjeuné dans cette brasserie à l’ancienne avant un départ une fois précédente. « On peut pas avoir le plat du jour avant midi, me dit le serveur, mais une tarte salée oui. » Mon Tégévé étant à onze heures cinquante, je me tâte puis décide que oui.
Cette tarte salée et sa salade sont à onze euros quatre-vingt-dix. À côté de moi, une Rouennaise qui vient régulièrement à Toulon raconte sa vie à son autre voisin en manque de confidences. Elle lui fait une description mirifique de Rouen. Je suis ravi de ne pas la connaître. Elle prend le Tégévé de treize heures, je ne risque pas de l’avoir comme voisine. Ma tarte et sa salade suffisent à me nourrir.
Que de monde à la Gare attendant le Tégévé. C’est comme si elles et eux fuyaient l’épisode méditerranéen. Ce train est à l’heure et, comme je suis à contresens, je vois s’éloigner les montagnes varoises. Je revois la mer puis c’est Marseille où il pleut aussi. Ma voisine descend, remplacée par une autre tout aussi discrète qui lit un livre de Fred Vargas. Dernière vue sur la mer, le port des ferries, puis nous remontons la France. Des vaches, des arbres aux couleurs automnales et même un peu de soleil. Plus loin, de jolis coteaux et le ciel tout bleu. Quel beau temps, on dirait le Sud. Ça se couvre à l’approche de Paris. Une nouveauté : le passage au-dessus du train du téléphérique de Créteil. Impressionnant, il faudra que j’aille l’essayer au printemps.
Une place assise dans le métro Quatorze et me voici à la Gare Saint-Lazare où j’ai un bon moment à attendre avant le dix-sept heures quarante pour Rouen. Il fait nuit et froid lorsque je monte dans le train Nomad où je m’installe dans la voiture Cinq avec une place à côté pour mes bagages.
Cette voiture Cinq se remplit plus vite que d’autres fois et arrive ce qui devaient arriver. Il n’y a plus que le siège où sont mes bagages de disponible. Une femme à tresses et à lunettes se présente qui me la demande. « Vous êtes dans quelle voiture ? » lui demandé-je, espérant qu’elle s’est trompée. « C’est placement libre ici, me répond-elle, j’étais dans la voiture Trois à côté d’un clochard qui pue. » Je glisse donc plus ou moins ma valise sous le siège et elle s’installe tandis que je cale mon sac à dos entre mes jambes et ressors mon petit carnet noir. « Vous êtes écrivain ? » me demande-t-elle. « Oui et non, lui réponds-je, je publie ce que j’écris sur les Internets mais autrefois j’ai été publié dans des revues. Si vous voulez lire ce que j’écris, je peux vous donner mon nom. » Elle le tape sur son smartphone, ce qui lui permet de me dire que j’aime l’opéra. Où a-t-elle vu ça ? Sans doute sur un résumé de ma vie faite par l’intelligence artificielle. Nous parlons un peu de l’Opéra de Rouen puis elle se plonge dans son ordinateur un gros casque sur les oreilles et notre conversation cesse. À l’arrivée, nous nous souhaitons mutuellement une bonne soirée.