Le froid est de mise au lever du jour ce mardi. Pas envie de me peler à la terrasse du Maryland. L’intérieur de ce troquet n’étant pas fréquentable, je choisis le confort de La Réale pour prendre mon petit-déjeuner et organiser ma dernière journée dans la rade de Toulon. Elle consiste à dire au revoir (ou à faire mes adieux) à Saint-Mandrier et aux Sablettes. La conversation des habitués de La Réale est bloquée sur la météo : le froid de ce matin, la pluie de demain (ce qui ne m’arrange pas, je dois marcher jusqu'à la Gare, aucun bus ne me permettant d’y aller facilement).
La trompette des militaires qui lèvent le drapeau devant la Préfecture Maritime à huit heures précises donne aussi le signal du départ au bateau bus pour Saint-Mandrier.
À l’arrivée, je fais un dernier tour du Port puis entre à l’intérieur du bar tabac Le Mistral pour un nouveau café. « Vous savez qu’il fait pas chaud ce matin » « Oui, ça y est, on y va » Ainsi échange-t-on chez les habituées (que des femmes). Je cherche dans le volume Deux de la Correspondance de Paul Léautaud un propos sur la vieillesse que j’ai oublié de noter quand je l’avais sous les yeux. Je finis par le retrouver : Vieillir est affreux, et la vieillesse l’est encore plus. Et, il paraît qu’il y a des hommes qui la supportent sérieusement. Je ne suis pas de ceux-là. Je suis à l’extrême opposé, et sans aucun sentiment d’acceptation. C’est dans une lettre à Gabriel Brunet écrite le vendredi huit octobre mil huit cent quarante-huit.
En face est l’arrêt de bus Bar Tabac où, à neuf heures trente, je monte dans le bus Dix-Huit qui va vers Les Sablettes. J’en descends à Marigau afin de faire une dernière fois la balade côtière entre Sainte-Asile et Saint-Elme.
Il y a heureusement des bancs au soleil sur la promenade des Sablettes. Je m’assois sur l’un, face à la structure en bois de la Bibliothèque Effet Mer qui est ouverte de juin à août, et je regarde qui passe. Une jolie coureuse me sourit que je ne risque pas de rattraper. Un homme promène son chat en laisse, ce qui suscite la curiosité d’autrui. « C’est pas comme un chien qu’il faut s’arrêter tout le temps pour pisser », explique-t-il avec sa syntaxe personnelle. Quand le soleil se met à donner davantage apparaissent les petites mouches énervantes.
La vie est une fête m’accueille à l’une des tables ensoleillées de sa terrasse réduite. Dans le menu de ce jour, je choisis la crème de butternut marrons lard grillé, la volaille crème fourragère frites maison et la pomme au four boule de glace vanille.
Seules deux tables sont occupées à la terrasse du Prôvence Plage quand j’y arrive. J’ai le choix de l’emplacement pour jouir de mon dernier café verre d’eau aux Sablettes sous un soleil bien revenu.
Je rentre avec le quinze heures dix, dernière traversée sur un petit bateau bleu. Jamais de retard pour les bus comme pour les bateaux bus, le Réseau Mistral est géré par la Régie Autonome des Transports Parisiens.
*
Un que j’aurais revu avec plaisir : le frère de Momo qui m’abordait lors de mes deux séjours précédents en prétendant que Momo avait fait des travaux chez moi ou autres fariboles. Je ne peux savoir ce qu’il est devenu.
La trompette des militaires qui lèvent le drapeau devant la Préfecture Maritime à huit heures précises donne aussi le signal du départ au bateau bus pour Saint-Mandrier.
À l’arrivée, je fais un dernier tour du Port puis entre à l’intérieur du bar tabac Le Mistral pour un nouveau café. « Vous savez qu’il fait pas chaud ce matin » « Oui, ça y est, on y va » Ainsi échange-t-on chez les habituées (que des femmes). Je cherche dans le volume Deux de la Correspondance de Paul Léautaud un propos sur la vieillesse que j’ai oublié de noter quand je l’avais sous les yeux. Je finis par le retrouver : Vieillir est affreux, et la vieillesse l’est encore plus. Et, il paraît qu’il y a des hommes qui la supportent sérieusement. Je ne suis pas de ceux-là. Je suis à l’extrême opposé, et sans aucun sentiment d’acceptation. C’est dans une lettre à Gabriel Brunet écrite le vendredi huit octobre mil huit cent quarante-huit.
En face est l’arrêt de bus Bar Tabac où, à neuf heures trente, je monte dans le bus Dix-Huit qui va vers Les Sablettes. J’en descends à Marigau afin de faire une dernière fois la balade côtière entre Sainte-Asile et Saint-Elme.
Il y a heureusement des bancs au soleil sur la promenade des Sablettes. Je m’assois sur l’un, face à la structure en bois de la Bibliothèque Effet Mer qui est ouverte de juin à août, et je regarde qui passe. Une jolie coureuse me sourit que je ne risque pas de rattraper. Un homme promène son chat en laisse, ce qui suscite la curiosité d’autrui. « C’est pas comme un chien qu’il faut s’arrêter tout le temps pour pisser », explique-t-il avec sa syntaxe personnelle. Quand le soleil se met à donner davantage apparaissent les petites mouches énervantes.
La vie est une fête m’accueille à l’une des tables ensoleillées de sa terrasse réduite. Dans le menu de ce jour, je choisis la crème de butternut marrons lard grillé, la volaille crème fourragère frites maison et la pomme au four boule de glace vanille.
Seules deux tables sont occupées à la terrasse du Prôvence Plage quand j’y arrive. J’ai le choix de l’emplacement pour jouir de mon dernier café verre d’eau aux Sablettes sous un soleil bien revenu.
Je rentre avec le quinze heures dix, dernière traversée sur un petit bateau bleu. Jamais de retard pour les bus comme pour les bateaux bus, le Réseau Mistral est géré par la Régie Autonome des Transports Parisiens.
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Un que j’aurais revu avec plaisir : le frère de Momo qui m’abordait lors de mes deux séjours précédents en prétendant que Momo avait fait des travaux chez moi ou autres fariboles. Je ne peux savoir ce qu’il est devenu.