Treize heures quarante-cinq chez l’ophtalmologue

19 juin 2020


Ce mercredi dix-sept juin, je rejoins à pied la Clinique Mathilde et y arrive peu avant treize heures quarante-cinq, l’heure de mon rendez-vous chez l’ophtalmologue. J’enfile le masque obligatoire. Un homme en tenue de pompier filtre les arrivées. N’entrent là que celles et ceux qui y sont attendus. Le lavage des mains au gel hydro alcoolique est exigé.
-Y nous font chier avec ces trucs-là, ronchonne une vieille.
-Restez polie madame, lui répond le vigile, on est mercredi, il peut y avoir des enfants.
Il vit encore dans le monde d’avant-guerre, quand les moutards allaient à l’école.
Plutôt que d’être à plusieurs dans un ascenseur, je monte seul par l’escalier et arrive au deuxième étage singulièrement essoufflé.
La secrétaire m’apprend que c’est une remplaçante qui me recevra. Après une courte attente, je suis appelé par l’associée subalterne dénommée orthoptiste. Elle est chargée des examens préalables, une tâche répétitive qui m’ennuierait prodigieusement si j’avais à l’effectuer. Elle ne me dit pas un mot. Il faut que je l’interroge pour connaître ma tension oculaire. Autour de quinze pour chaque œil, ce qui est dans la normalité.
La remplaçante n’est pas une débutante. Elle me confirme la bonne tension oculaire, pour le maintien de laquelle je mets une goutte de médicament soir et matin. C’est rassurant, me dit-elle. Elle m’indique que ma forte myopie complique la lecture des examens du glaucome. Et il en manque, que n’a pas transmis mon ancienne ophtalmo de ville. Il faudra les faire dans six mois. Elle ne me parle pas d’opération, n’évoque même pas le début de cataracte. Je ne peux m’empêcher de penser que c’est parce qu’elle n’a point d’intérêt financier dans cette entreprise qu’est la Clinique Mathilde.
Mes verres de lunettes ayant été abîmés par le soleil, je lui demande de m’en prescrire de nouveaux. Sitôt sorti, j’ôte le masque.
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Cette infirmière parisienne de cinquante-cinq ans qui se fait violemment arrêter après avoir fait des doigts d’honneur aux Policiers et leur avoir lancé des pierres, montre qu’il ne faut plus participer aux manifestations depuis que celles-ci sont confisquées par l’Armée Noire, l’effet de foule risquant de vous entraîner à des actes d’une totale stupidité.
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Philippe Torreton, comédien : « Pourquoi on peut s'asseoir côte à côte dans un train et pas au théâtre : expliquez-moi. »
Je t’explique Philippe, dans un train on n’a qu’un seul proche voisin, au théâtre deux, d’où un risque doublé d’être assis à côté d’un malade. D’autre part, si ton voisin de train tousse, tu peux changer de place ou même choisir de voyager debout, au théâtre non.