Un mercredi de ciel gris à Paris (un)

20 août 2021


Un ciel gris, une menace de pluie, un billet à huit euros et une réservation en voiture Treize pour ma troisième et dernière escapade parisienne d’août. En prime, j’ai droit à la présence de Génération Cinquante en deux exemplaires. Je me réfugie en voiture Quatorze où le calme n’est troublé que par un ronfleur intermittent. J’ai pour lecture Syllogismes de l’amertume de Cioran.
Ce mercredi, vu l’état de mon pied gauche, il s’agit de marcher le moins possible. Le bus Vingt et Un m’emmène au Quartier Latin.
J’arrive devant chez Gibert cinq minutes avant l’ouverture, où de nombreux employés entrent au dernier moment. Monté au premier étage, je cherche les livres convoités et cette fois j’ai la chance de trouver un exemplaire d’occasion de L’Esprit de Paris, l’énorme ouvrage publié aux Editions du Sandre qui regroupe l’ensemble des chroniques consacrées à la ville par Léon-Paul Fargue. Il est proposé à vingt-deux euros quatre-vingts au lieu de trente-cinq. Je ne peux laisser passer l’occasion. L’espoir de trouver à l’avenir un tel livre à vil prix est trop mince. Il en est de même pour un autre livre que je désirais d’occasion et que je trouve à vingt euros quatre-vingts au lieu de trente-deux, Vivre de mes rêves. Sous ce titre repoussoir se cache, publiée chez Bouquins, la correspondance d’Anton Tchekhov. Suffisamment chargé, je prends le bus Quatre-Vingt-Sept jusqu’à Ledru-Rollin.
Après une exploration infructueuse des rayonnages de chez Book Off, il est presque midi. En cette fin août, celle qui travaille à Paris s’offre une semaine de congé mais n’a pas souhaité que l’on déjeune ensemble. Je m’installe donc au plus près, à une table donnant sur l’extérieur, au Péhemmu chinois. J’y déjeune de mon habituel menu à dix-huit euros quarante. « Ça fait du bien aussi de lever un peu le pied », entends-je dire dans la rue. Un propos que je peux faire mien, au sens propre.
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Chez Book-Off, à un euro, pour qui aime se faire des illusions : La vie commence à 60 ans de Bernard Ollivier (Libretto Phébus).
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Sur une télévision, je vois Macron serrant les mains de pompiers et de gendarmes, suivi de Darmanin qui fait de même, adieu geste barrière.