Beaucoup de boutiques rouennaises se ressemblent en ce début novembre. Une épidémie de panneaux en bois qui met les étalagistes au chômage. Cette profession existe-t-elle encore, je n’en suis pas sûr. Cash Express fait preuve d’originalité en préférant les panneaux métalliques. C’est du plus bel effet. À mon Crédit à Bricoles de la rue de la Jeanne, on en reste au bois. Malgré l’éclairage, à l’intérieur il fait sombre comme dans une église. Il y a toujours de l’argent béni dans la tirette.
Un peu plus haut dans cette rue, L’Armitière ne suit pas cette mode. On ne pille pas une librairie pour revendre son butin un bon prix. On n’aurait pas d’amateurs. Les seules qui l’ont été étaient des spécialistes du manga. La littérature est au premier étage, indique un panneau. Je monte l’escalier en me tenant à la rampe. On se demande pendant longtemps à quoi servent les rampes d’escalier. On a la réponse le jour où on est vieux. Je ne sais où est l’espace consacré aux bandes dessinées. Depuis peu, il est confié aux deux gars du Grand Nulle Part, la librairie spécialisée dans la bédé de la rue du Général-Leclerc qui a fermé ses portes pour être transférée dans les locaux de L’Armitière. Cela a été présenté comme une association. Dans les faits, l’une a absorbé l’autre qui portait bien son nom.
Ce qui me conduit à L’Armitière, c’est l’occasion. Victime de la faillite de Rakuten, je me retrouve avec un tas de livres dont je ne sais quoi faire. Or, L’Armitière, avec des décennies de retard sur Gilbert Joseph, s’est mise à la vente de livres d’occasion à côté des neufs. Une étiquette jaune en bas du dos les signale (comme chez Gibert). Le prix de ces occasions est ébouriffant. Tel livre au prix neuf de vingt et un euros est d’occasion à seize euros quatre-vingts. Je ne risque pas de me laisser tenter.
Sur les tables sont des livres « coup de cœur du libraire », le plus souvent de la libraire. L’un d’eux est ainsi décrit : « Un roman phénoménal d’une délicatesse et d’une finesse d’analyse extraordinaires. Une œuvre monumentale sublime. » Comment peut-on écrire de pareilles inepties ? Il y a là une libraire qui y était déjà au temps où je fréquentais ce lieu. Elle fut ensuite la responsable de la succursale de L’Armitière au Musée des Beaux-Arts (cette librairie a été reprise par le Musée). Je préfère m’adresser à une autre pour connaitre les modalités d’achat des livres revendus ensuite en occasion. « Ce n’est qu’à certaines dates, une fois par mois, me dit-elle, on vous prévient par mail. Le prix d’achat est calculé par un logiciel, celui qu’utilise Gibert à Paris et l’argent, c’est en bon d’achat. » Me voilà édifié. Ce n’est pas ici qu’on me verra avec un sac de livres à vendre.
*
Virer Raphaël Glucksmann d’une manifestation au prétexte qu’il n’est pas assez de gauche, un exploit dont sont fiers les tenants de la France Insoumise. Cette manifestation était composée pour une bonne partie de gens qui ne sont pas vraiment de gauche puisque adhérents ou sympathisants des syndicats réformistes. S’il avait fallu tous les virer, il y aurait eu deux fois moins de manifestants.
Les disciples de Mélenchon sont prêts à tout pour qu’il soit au second tour de la Présidentielle face à Le Pen. C’est-à-dire pour qu’elle l’emporte puisque jamais les Droitistes et les Centristes de Droite ne voteront pour lui.
En ce début novembre, je ne sais plus pour qui je voterai au premier tour. Si même j’y voterai. Jusqu’à peu, je me disais qu’il n’y avait qu’un pour empêcher Le Pen Mélenchon au second tour et que donc, pour éviter la victoire de Le Pen, je voterais pour lui, Édouard Philippe. Aujourd’hui, il est dans les choux. Glucksmann l’est aussi. Les autres n’existent pas.
Je veux bien me salir les mains, comme je l’ai fait en votant Chirac puis Macron (deux fois) pour échapper à Le Pen père et fille, mais il faut que ça serve à quelque chose.
Un peu plus haut dans cette rue, L’Armitière ne suit pas cette mode. On ne pille pas une librairie pour revendre son butin un bon prix. On n’aurait pas d’amateurs. Les seules qui l’ont été étaient des spécialistes du manga. La littérature est au premier étage, indique un panneau. Je monte l’escalier en me tenant à la rampe. On se demande pendant longtemps à quoi servent les rampes d’escalier. On a la réponse le jour où on est vieux. Je ne sais où est l’espace consacré aux bandes dessinées. Depuis peu, il est confié aux deux gars du Grand Nulle Part, la librairie spécialisée dans la bédé de la rue du Général-Leclerc qui a fermé ses portes pour être transférée dans les locaux de L’Armitière. Cela a été présenté comme une association. Dans les faits, l’une a absorbé l’autre qui portait bien son nom.
Ce qui me conduit à L’Armitière, c’est l’occasion. Victime de la faillite de Rakuten, je me retrouve avec un tas de livres dont je ne sais quoi faire. Or, L’Armitière, avec des décennies de retard sur Gilbert Joseph, s’est mise à la vente de livres d’occasion à côté des neufs. Une étiquette jaune en bas du dos les signale (comme chez Gibert). Le prix de ces occasions est ébouriffant. Tel livre au prix neuf de vingt et un euros est d’occasion à seize euros quatre-vingts. Je ne risque pas de me laisser tenter.
Sur les tables sont des livres « coup de cœur du libraire », le plus souvent de la libraire. L’un d’eux est ainsi décrit : « Un roman phénoménal d’une délicatesse et d’une finesse d’analyse extraordinaires. Une œuvre monumentale sublime. » Comment peut-on écrire de pareilles inepties ? Il y a là une libraire qui y était déjà au temps où je fréquentais ce lieu. Elle fut ensuite la responsable de la succursale de L’Armitière au Musée des Beaux-Arts (cette librairie a été reprise par le Musée). Je préfère m’adresser à une autre pour connaitre les modalités d’achat des livres revendus ensuite en occasion. « Ce n’est qu’à certaines dates, une fois par mois, me dit-elle, on vous prévient par mail. Le prix d’achat est calculé par un logiciel, celui qu’utilise Gibert à Paris et l’argent, c’est en bon d’achat. » Me voilà édifié. Ce n’est pas ici qu’on me verra avec un sac de livres à vendre.
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Virer Raphaël Glucksmann d’une manifestation au prétexte qu’il n’est pas assez de gauche, un exploit dont sont fiers les tenants de la France Insoumise. Cette manifestation était composée pour une bonne partie de gens qui ne sont pas vraiment de gauche puisque adhérents ou sympathisants des syndicats réformistes. S’il avait fallu tous les virer, il y aurait eu deux fois moins de manifestants.
Les disciples de Mélenchon sont prêts à tout pour qu’il soit au second tour de la Présidentielle face à Le Pen. C’est-à-dire pour qu’elle l’emporte puisque jamais les Droitistes et les Centristes de Droite ne voteront pour lui.
En ce début novembre, je ne sais plus pour qui je voterai au premier tour. Si même j’y voterai. Jusqu’à peu, je me disais qu’il n’y avait qu’un pour empêcher Le Pen Mélenchon au second tour et que donc, pour éviter la victoire de Le Pen, je voterais pour lui, Édouard Philippe. Aujourd’hui, il est dans les choux. Glucksmann l’est aussi. Les autres n’existent pas.
Je veux bien me salir les mains, comme je l’ai fait en votant Chirac puis Macron (deux fois) pour échapper à Le Pen père et fille, mais il faut que ça serve à quelque chose.