Un samedi de mi-février

16 février 2026


Après une journée de pluie et avant une nouvelle précipitation, je saisis, ce samedi, l’occasion d’un semblant de soleil pour faire une photo des premières rares fleurs du jardin, des jonquilles qui ne dureront pas. Dommage qu’il soit trop tôt pour que je puisse en bénéficier depuis le banc.
Le soleil est toujours là quand je lis au Rocher de Cancale. C’est peut-être la dernière fois que je vois Martine, la patronne. « Bientôt la quille ! », lui dit un habitué. « Si tout va bien, c’est pour vendredi. Dernière ligne droite. » Son départ était annoncé pour ce dimanche. Il est déjà repoussé de quelques jours. Il n’est donc pas impossible qu’elle soit encore là dimanche prochain. En attendant, elle distille quelques formules dont elle a le secret. Comme celle-ci : « On est sali par la boue et rincé par le purin. » Peu dans la clientèle évoquent la fête du jour, la Saint-Valentin, faute de présent et par crainte du futur : « Quand on se recase à nos âges, faut se méfier. »
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Rue Saint-Romain, un jeune homme au téléphone : « Hier, j’ai fait huit commandes sur Amazon à cause du stress. Que des conneries. Et là, il me reste que trois cents euros sur mon compte au milieu du mois. »
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Une tempête Nils à laquelle la Normandie a échappé, et dont le nom a dû peiner celle qui ne m’écrit plus.