Le Journal de Michel Perdrial
Le Journal de Michel Perdrial



Loïc Boyer
Je suis l’auteur de textes courts qui furent publiés depuis mil neuf cent quatre-vingt-quinze dans des revues littéraires en France (Supérieur Inconnu, Supplément d’Ame, Nouvelle Donne, Le Bord de l’Eau, Pris de Peur, l’Art du Bref, Sol’Air, Gros Textes, Salmigondis, Verso, Décharge, Bulle, Filigranes, Diérèse, Martobre, Comme ça et Autrement, (Cahier d’) Ecritures, La Nef des Fous), en Belgique (Traversées, Ecrits Vains, L’Arbre à Plumes, Inédit Nouveau, Bleu d’Encre), au Canada (Les Saisons Littéraires) et en Italie (Les Cahiers du Ru).
Les courageuses Editions du Chardon ont publié en mil neuf cent quatre-vingt-dix-neuf Erotica, un recueil de vingt-huit de ces textes, illustré par Isabelle Pio et Antoine Lopez et préfacé par Sarane Alexandrian, toujours disponible auprès de moi.
Je suis également l’auteur d’une pièce de théâtre et de plusieurs romans ou récits à ce jour inédits.
Depuis le onze novembre deux mille six, je publie mon Journal via Internet, un temps sous-titré Persiflages, moquages et autres énervages mâtinés de complimentages et de contentages. Sa première partie est lisible chez Eklablog, la deuxième ici.
Je vis au centre de Rouen dans un ancien monastère où autrefois les Sœurs de la Miséricorde se vouaient à l’éducation des jeunes filles.







Rss

Dernières lectures de lit avant départ en vadrouille

2 avril 2024


C’est le hasard qui décide de mes achats de livres chez Book-Off (je ne sais pas ce que je vais y trouver à un euro) et c’est aussi le hasard qui décide de mes choix de livres lus au lit (ceux qui se trouvent en haut de la pile).
Ainsi mes trois dernières lectures de lit ont été La familia grande de Camille Kouchner, Adieu Andromède de Christiane Rochefort et Au diable Pauvert de Brigitte Lozerec’h.
D’abord La familia grande de Camille Kouchner dans lequel celle-ci raconte les agissements incestueux de son beau-père Olivier Duhamel, mais le reste de la famille en prend aussi pour son grade, son père Bernard Kouchner, sa mère Evelyne Pisier et sa tante Marie-France Pisier. La propriété où cela se passe est à Sanary et le livre commence ainsi :
Ma mère est morte le 9 février 2017. Toute seule à l’hôpital de Toulon. Dans son dossier médical, il est indiqué : «  elle décède en présence de ses proches », mais aucun de ses enfants n’était là.
Ensuite Adieu Andromède de Christiane Rochefort qui regroupe les derniers textes de l’écrivaine connue entre autre pour La Porte du fond, récit de son inceste. La quatrième de couverture m’apprend qu’elle vivait entre Hyères et Toulon. L’un de ses textes a pour titre Vie et malheur de la rue Courbe. Il commence ainsi :
A chaque fois que, en mai, j’arrivais à Toulon, je passais rue Courbe, je garais l’auto sur le terre-plein, je sortais.
Je levais le nez, et je restais là à les contempler : virevoltant plongeant à pleine vitesse remontant à la verticale, tournant par centaines entre les hautes maisons ocre, trissant le cri de chasse, faisant un festin de moustiques pour la nichée (le service des citadins en prime), piquant sur les nids, repartant, n’arrêtant jamais.
Elle parle des martinets qui de mai à août travaillent à réparer leurs nids et à en faire de nouveau.  Hélas :
En mai 89, rue Courbe, je me gare comme d’habitude. Le cœur me manque : plus de maisons ocre.
Christiane Rochefort est morte chez elle à La Garde, commune de la rade de Toulon, le vingt-quatre avril mil neuf cent quatre-vingt-dix-huit.
Enfin Au diable Pauvert de Brigitte Lozerec’h, connue pour L’Intérimaire, roman qui fit son effet à sa parution, racontant son histoire d’inceste avec ses grands frères et cousins. L’écrivaine a partagé la vie de l’éditeur, d’abord amante puis aidante :
J’ai pris le train pour Toulon avec l’intention de rester quelques jours seulement. Il m’attendait sur le quai, sa tête dépassant celle des passagers comme celle de l’échassier dépasse les roseaux. Une petite heure après, nous franchissions le portail de sa propriété. 
Elle restera avec lui et il finira par lui proposer le mariage.
Après son troisième avécé, Pauvert est conduit à l’hôpital militaire Sainte-Anne à Toulon où il est victime d’acharnement thérapeutique. Grâce à un neveu médecin, il en est extrait : 
De l’hôpital militaire il passe à l’hôpital civil de Toulon. L’hôpital Sainte-Musse, comme un paquebot blanc tout neuf, échoué au pied de la vague géante de calcaire du mont Faron que l’on croirait au point de déferler sur la ville, avait été inauguré trois ou quatre ans plus tôt.
C’est là qu’est mort Jean-Jacques Pauvert le vingt-sept septembre deux mille quatorze.
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Ces trois lectures de hasard ont pour point commun Toulon. Cette triple occurrence est une triple coïncidence car juste après, je prends le train pour Toulon.