Curieux couple que celui d’à côté de mon logis Air Bibi. Elle et lui rentrent à vingt-trois heures et s’agitent pendant une heure, marchant en tous sens, ouvrant et fermant portes et placards, puis rebelote de quatre heures à cinq heures du matin. Que font-ils ? Pas l’amour, c’est sûr (en quoi c’est un couple moderne). Quand je sors à sept heures vingt, je vois deux gros sacs poubelle devant leur porte.
En cette fin septembre, il fait presque noir dans la première côte. Heureusement, j’ai mes yeux de lynx (pour combien de temps encore ?). La seconde côte est éclairée. Certains lampadaires, quand je passe dessous, augmentent leur lumière.
Le patron est de retour à L’Apéro’z, plus volubile que jamais. Il raconte en boucle ses vacances à Belle-Île. « Tu connais Belle-Île ? C’est beau. Tu devrais y aller. » Le jour se lève sur un ciel gris pour cette journée qui sera celle de mon ultime passage à Trégastel (Tu connais Trégastel ? C’est beau. Tu devrais y aller).
Descendu du bus TilT place Sainte-Anne je marche en bord de côte entre la baie Sainte-Anne et Coz Pors en passant par la base de la presqu’île Renote et adieu Trégastel. Au moment où je rejoins le point de départ du Macareux, une classe maternelle descend d’un car pour une visite de l’Aquarium Marin. Il doit s’agir d’une moyenne section. Une photo devant la statue de la pieuvre avant d’entrer ? La maîtresse explique à certains que s’ils se mettent derrière la statue, on ne les verra pas sur la photo. Cela me rappelle des souvenirs. Si c’est une école catholique, ces enfants ne couperont pas à la grimpette jusqu’au Père Éternel.
Descendu du Macareux, je me dirige vers L’Ardoise. « Ah, Monsieur Michel ! » « Bonjour, Monsieur Étienne. » « Je te donne ta table préférée ? » J’apprécie toujours quand quelqu’un ou quelqu’une de bien plus jeune que moi prend l’initiative de me tutoyer.
Il fait encore plus gris quand je vais m’asseoir sur le terre-plein pour attendre midi avec Boulgakov. Celui-ci est aux prises avec la canaille soviétique puante et servile. Dommage qu’il ajoute farcie de juifs.
À L’Ardoise, la formule du jour, c’est sauté de bœuf thaï et moelleux au chocolat. Cela fort bon comme toujours. Le panneau lumineux de la ville affiche dix-neuf degrés. On ne les sent pas, la faute à un petit vent.
Le soleil ferait bien d’apparaître, me dis-je en m’asseyant à la terrasse du Café du Port. Il le fait enfin à treize heures quarante-cinq. À une table voisine, une femme, à propos de je ne sais quoi, déclare : « C’est pas un jugement mais je trouve ça nul. »
En cette fin septembre, il fait presque noir dans la première côte. Heureusement, j’ai mes yeux de lynx (pour combien de temps encore ?). La seconde côte est éclairée. Certains lampadaires, quand je passe dessous, augmentent leur lumière.
Le patron est de retour à L’Apéro’z, plus volubile que jamais. Il raconte en boucle ses vacances à Belle-Île. « Tu connais Belle-Île ? C’est beau. Tu devrais y aller. » Le jour se lève sur un ciel gris pour cette journée qui sera celle de mon ultime passage à Trégastel (Tu connais Trégastel ? C’est beau. Tu devrais y aller).
Descendu du bus TilT place Sainte-Anne je marche en bord de côte entre la baie Sainte-Anne et Coz Pors en passant par la base de la presqu’île Renote et adieu Trégastel. Au moment où je rejoins le point de départ du Macareux, une classe maternelle descend d’un car pour une visite de l’Aquarium Marin. Il doit s’agir d’une moyenne section. Une photo devant la statue de la pieuvre avant d’entrer ? La maîtresse explique à certains que s’ils se mettent derrière la statue, on ne les verra pas sur la photo. Cela me rappelle des souvenirs. Si c’est une école catholique, ces enfants ne couperont pas à la grimpette jusqu’au Père Éternel.
Descendu du Macareux, je me dirige vers L’Ardoise. « Ah, Monsieur Michel ! » « Bonjour, Monsieur Étienne. » « Je te donne ta table préférée ? » J’apprécie toujours quand quelqu’un ou quelqu’une de bien plus jeune que moi prend l’initiative de me tutoyer.
Il fait encore plus gris quand je vais m’asseoir sur le terre-plein pour attendre midi avec Boulgakov. Celui-ci est aux prises avec la canaille soviétique puante et servile. Dommage qu’il ajoute farcie de juifs.
À L’Ardoise, la formule du jour, c’est sauté de bœuf thaï et moelleux au chocolat. Cela fort bon comme toujours. Le panneau lumineux de la ville affiche dix-neuf degrés. On ne les sent pas, la faute à un petit vent.
Le soleil ferait bien d’apparaître, me dis-je en m’asseyant à la terrasse du Café du Port. Il le fait enfin à treize heures quarante-cinq. À une table voisine, une femme, à propos de je ne sais quoi, déclare : « C’est pas un jugement mais je trouve ça nul. »



