La stridulation d’une sorte de grillon urbain se fait entendre lorsque j’ouvre la fenêtre côté rue des Boucheries alors qu’il fait encore nuit. Toulon est la seule ville du Var où sont encore annoncées des averses par Météo France. Descendant le cours Lafayette, je m’inquiète du ciel noir au-dessus de la rade.
Effectivement, ça tombe un peu tandis que je petit-déjeune au Maryland. Je décide d’aller quand même aux Sablettes ce jeudi et cela avec le bateau bus de huit heures trente. Alors que je suis à bord, une grosse averse me signifie que je n’aurais pas dû. Je ne descends pas et fais le trajet dans l’autre sens sous une autre averse.
À l’arrivée, il pleut toujours. Je trouve refuge à la terrasse bien abritée de La Réale. Je lis là un moment Léautaud en attendant que ça s’améliore. Regardez autour de vous, tous les livres qui paraissent, les gens vivent au milieu des livres et ne savent que les piller, ou les imiter. écrit-il à Eugène Monfort en mil neuf cent six. « Après-midi peu nuageux », disent les locaux.
Et même avant, car, vers dix heures trente, je peux aller zoner dans le dédale des ruelles que je connais par cœur, faire des courses de survie chez Utile, les déposer dans mon logis temporaire et repartir pour le quai où tout est déjà sec, hormis quelques flaques.
Le temps ensoleillé et chaud est de retour quand, pour déjeuner, je choisis L’Air du Temps, entre MaxiLivres et le Grand Café de la Rade, avec vue sur la Gare Maritime et sur qui passe. En formule à seize euros cinquante sont proposées une blanquette de veau et une île flottante. C’est un repas vite servi et suffisamment bon.
Sorti de là, je me mets à la recherche de la Maison de la Photographie que la gentille jeune fille de l’Office de Tourisme a pointé sur mon plan. Elle est bien cachée, place du Globe, et présente l’exposition gratuite Martin Parr Short & Sweet sur deux niveaux. Des photos en noir et blanc aux photos en couleur, des années quatre-vingt-dix à nos jours, cinq séries sont exposées The Small World, Dance, Beaches, Establishments et Fashion explorant, comme on le sait, les univers du tourisme mondialisé, des loisirs collectifs, des sociabilités balnéaires, des codes vestimentaires ou des rituels sociaux. L’installation Common Sense clôt le parcours, une immersion dans l’univers visuel du photographe : gros plans, objets de consommation, textures et fragments du quotidien. Nous sommes une demi-douzaine de visiteurs visiteuses dont un couple qui pourrait figurer sur une image du défunt et que je photographie discrètement.
Le temps est de nouveau menaçant lorsque je veux prendre un café. Aussi je choisis une table abritée à L’Escale. « Le vent est moche », commente le serveur qui a l’air d’en connaître long sur le sujet. Je reprends ma lecture des lettres de Léautaud. On se traîne au petit bonheur, passant son temps à se dire demain, en pensant à hier, c’est la vie. Dire qu’il y a des gens qui trouvent cela triste ! ces gens ne savent pas se remuer, trouver les occasions de plaisir. Ce n’est pourtant pas difficile. écrit Paul Léotaud à Paul Blondeau en mil neuf cent sept. Vers quatorze heures quarante-cinq, la pluie est de retour et se font saucer des groupes de vieux et de vieilles qui attendent le prochain tour de rade, celui de quinze heures, plus de Gendarmes à l’embarquement.
À la première accalmie, je choisis de rentrer. Peu après mon logeur arrive avec du matériel de chez Free pour mettre en marche l’immense téléviseur que je ne pouvais pas faire fonctionner jusqu’à présent.
*
Dans le bateau bus Les Sablettes Toulon : une jeune fille qui lit Lolita.
Effectivement, ça tombe un peu tandis que je petit-déjeune au Maryland. Je décide d’aller quand même aux Sablettes ce jeudi et cela avec le bateau bus de huit heures trente. Alors que je suis à bord, une grosse averse me signifie que je n’aurais pas dû. Je ne descends pas et fais le trajet dans l’autre sens sous une autre averse.
À l’arrivée, il pleut toujours. Je trouve refuge à la terrasse bien abritée de La Réale. Je lis là un moment Léautaud en attendant que ça s’améliore. Regardez autour de vous, tous les livres qui paraissent, les gens vivent au milieu des livres et ne savent que les piller, ou les imiter. écrit-il à Eugène Monfort en mil neuf cent six. « Après-midi peu nuageux », disent les locaux.
Et même avant, car, vers dix heures trente, je peux aller zoner dans le dédale des ruelles que je connais par cœur, faire des courses de survie chez Utile, les déposer dans mon logis temporaire et repartir pour le quai où tout est déjà sec, hormis quelques flaques.
Le temps ensoleillé et chaud est de retour quand, pour déjeuner, je choisis L’Air du Temps, entre MaxiLivres et le Grand Café de la Rade, avec vue sur la Gare Maritime et sur qui passe. En formule à seize euros cinquante sont proposées une blanquette de veau et une île flottante. C’est un repas vite servi et suffisamment bon.
Sorti de là, je me mets à la recherche de la Maison de la Photographie que la gentille jeune fille de l’Office de Tourisme a pointé sur mon plan. Elle est bien cachée, place du Globe, et présente l’exposition gratuite Martin Parr Short & Sweet sur deux niveaux. Des photos en noir et blanc aux photos en couleur, des années quatre-vingt-dix à nos jours, cinq séries sont exposées The Small World, Dance, Beaches, Establishments et Fashion explorant, comme on le sait, les univers du tourisme mondialisé, des loisirs collectifs, des sociabilités balnéaires, des codes vestimentaires ou des rituels sociaux. L’installation Common Sense clôt le parcours, une immersion dans l’univers visuel du photographe : gros plans, objets de consommation, textures et fragments du quotidien. Nous sommes une demi-douzaine de visiteurs visiteuses dont un couple qui pourrait figurer sur une image du défunt et que je photographie discrètement.
Le temps est de nouveau menaçant lorsque je veux prendre un café. Aussi je choisis une table abritée à L’Escale. « Le vent est moche », commente le serveur qui a l’air d’en connaître long sur le sujet. Je reprends ma lecture des lettres de Léautaud. On se traîne au petit bonheur, passant son temps à se dire demain, en pensant à hier, c’est la vie. Dire qu’il y a des gens qui trouvent cela triste ! ces gens ne savent pas se remuer, trouver les occasions de plaisir. Ce n’est pourtant pas difficile. écrit Paul Léotaud à Paul Blondeau en mil neuf cent sept. Vers quatorze heures quarante-cinq, la pluie est de retour et se font saucer des groupes de vieux et de vieilles qui attendent le prochain tour de rade, celui de quinze heures, plus de Gendarmes à l’embarquement.
À la première accalmie, je choisis de rentrer. Peu après mon logeur arrive avec du matériel de chez Free pour mettre en marche l’immense téléviseur que je ne pouvais pas faire fonctionner jusqu’à présent.
*
Dans le bateau bus Les Sablettes Toulon : une jeune fille qui lit Lolita.



