C’est le jour du renouvellement des baux, celui de ma fête et de mon retour à Rouen : bus TilT, train BreizhGo, Tégévé, métro parisien et train Nomad. Je ne pars pas tôt.
Encore une fois je monte jusqu’à Ty Coz et L’Apéro’z. Peu d’habitués dans ce dernier et un seul touriste (moi-même). Le contraste est grand avec le début du mois. Celui-ci aura été globalement beau. Ce qui a été une chance pour moi n’en est pas une pour la planète (la sécheresse et cetera).
À L’Apéro’z, on est tout remué. Jean-Claude, un habitué retraité, est mort. Ça faisait neuf jours qu’on ne l’avait pas vu et qu’on s’en inquiétait. Une crise cardiaque. Seul chez lui. Je vois qui c’est. Je l’avais repéré avec sa petite toque sur la tête. Au début du mois, il portait une trace de coup sur le visage. Il s’était battu avec un type qu’il hébergeait gratuitement pour le mettre dehors. Cette mort est-elle la conséquence de cette bagarre ? Nul ne l’envisage ici, à part moi.
Un dernier regard au beau ciel orangé derrière l’église Saint-Jacques et je redescends. À neuf heures quinze, le père de ma logeuse toque à la porte. Je lui remets les clés, quitte la Résidence de la Salle et descends la côte de la Salle jusqu’au banc abrité face au plan d’eau du Linkin où je lis un peu d’Un roman russe. Le bus TilT pour Lannion n’est qu’à neuf heures cinquante-huit. Il est à l’heure et son chauffeur ne me demande pas de mettre ma valise dans la soute.
En face de la Gare de Lannion est la brasserie Breizh Shelter où je m’installe en terrasse avec un café à deux euros, un verre d’eau et ma lecture qui heureusement me sied car j’en ai pour un moment ici. L’étonnant, c’est que je sois le seul client de cet abri breton jusqu’à onze heures et demie quand arrive un autre solitaire. Mon livre a appartenu à un certain M. Biolley. Il a souligné quelques mots et mis des traits dans les marges. Je ne pourrai donc pas le garder.
Un peu avant midi arrive une fille à valise avec une micro jupe plissée et des jambes tatouées. Je me trouve à l’entrée des toilettes en même temps qu’elle. Je la laisse passer car, me dit-elle, « J’ai mon covoiturage dans cinq minutes. » Il est des fois où on regrette de ne plus conduire. Je déjeune à l’intérieur de cette agréable brasserie, service rapide, cuisine correcte, d’un stèque à cheval et d’un café gourmand pour dix-huit euros puis je vais attendre le train BreizhGo de treize heures trente-quatre pour Plouaret Trégor.
J’y arrive à quatorze heures, une heure avant le passage dans ce coin perdu du Tégévé venant de Brest. Une carotte de tabac clignote à cent mètres sur la gauche, c’est aussi un café nommé L’Express avec un patron très aimable. Du plafond pendent des collants à mouches pas changés depuis longtemps. À ma gauche, une femme surnommée Gigi perd sa retraite dans les jeux à gratter tout en mangeant un panini. Mon café à un euro cinquante bu, je poursuis ma lecture.
Un Tégévé magnifiquement à l’heure quitte ce bourg peu attrayant. J’ai place en première dans une voiture peu chargée. Le calme est total. Je lis et parfois lève les yeux : un moulin à vent, un lama, une jolie blonde contrôleuse. À partir de la page quatre-vingt-dix, plus de traits au stylo dans mon livre, ce qui laisse à penser que le sieur Biolley n’a pas été plus loin. Peu avant l’arrivée à Paris, le chef de bord nous annonce quelques soucis sur la ligne Treize du métro. J’opte pour la Douze, ce qui fait beaucoup marcher dans les couloirs, même si le tapis roulant aide bien.
Je réussis à m’asseoir dans une rame chargée où il fait une chaleur éprouvante. Je retrouve cette même chaleur dans la Gare Saint-Lazare où je dois patienter pour enfin terminer mon voyage avec le train Nomad de dix-neuf heures quarante.
Il arrive du Havre et repart dans l’autre sens à l’heure mais il se traîne dans la nuit noire. Nous arrivons avec quinze minutes de retard. La faute à un « train de marchandises » devant nous. C’est l’explication, très normande, du chef de bord.
Encore une fois je monte jusqu’à Ty Coz et L’Apéro’z. Peu d’habitués dans ce dernier et un seul touriste (moi-même). Le contraste est grand avec le début du mois. Celui-ci aura été globalement beau. Ce qui a été une chance pour moi n’en est pas une pour la planète (la sécheresse et cetera).
À L’Apéro’z, on est tout remué. Jean-Claude, un habitué retraité, est mort. Ça faisait neuf jours qu’on ne l’avait pas vu et qu’on s’en inquiétait. Une crise cardiaque. Seul chez lui. Je vois qui c’est. Je l’avais repéré avec sa petite toque sur la tête. Au début du mois, il portait une trace de coup sur le visage. Il s’était battu avec un type qu’il hébergeait gratuitement pour le mettre dehors. Cette mort est-elle la conséquence de cette bagarre ? Nul ne l’envisage ici, à part moi.
Un dernier regard au beau ciel orangé derrière l’église Saint-Jacques et je redescends. À neuf heures quinze, le père de ma logeuse toque à la porte. Je lui remets les clés, quitte la Résidence de la Salle et descends la côte de la Salle jusqu’au banc abrité face au plan d’eau du Linkin où je lis un peu d’Un roman russe. Le bus TilT pour Lannion n’est qu’à neuf heures cinquante-huit. Il est à l’heure et son chauffeur ne me demande pas de mettre ma valise dans la soute.
En face de la Gare de Lannion est la brasserie Breizh Shelter où je m’installe en terrasse avec un café à deux euros, un verre d’eau et ma lecture qui heureusement me sied car j’en ai pour un moment ici. L’étonnant, c’est que je sois le seul client de cet abri breton jusqu’à onze heures et demie quand arrive un autre solitaire. Mon livre a appartenu à un certain M. Biolley. Il a souligné quelques mots et mis des traits dans les marges. Je ne pourrai donc pas le garder.
Un peu avant midi arrive une fille à valise avec une micro jupe plissée et des jambes tatouées. Je me trouve à l’entrée des toilettes en même temps qu’elle. Je la laisse passer car, me dit-elle, « J’ai mon covoiturage dans cinq minutes. » Il est des fois où on regrette de ne plus conduire. Je déjeune à l’intérieur de cette agréable brasserie, service rapide, cuisine correcte, d’un stèque à cheval et d’un café gourmand pour dix-huit euros puis je vais attendre le train BreizhGo de treize heures trente-quatre pour Plouaret Trégor.
J’y arrive à quatorze heures, une heure avant le passage dans ce coin perdu du Tégévé venant de Brest. Une carotte de tabac clignote à cent mètres sur la gauche, c’est aussi un café nommé L’Express avec un patron très aimable. Du plafond pendent des collants à mouches pas changés depuis longtemps. À ma gauche, une femme surnommée Gigi perd sa retraite dans les jeux à gratter tout en mangeant un panini. Mon café à un euro cinquante bu, je poursuis ma lecture.
Un Tégévé magnifiquement à l’heure quitte ce bourg peu attrayant. J’ai place en première dans une voiture peu chargée. Le calme est total. Je lis et parfois lève les yeux : un moulin à vent, un lama, une jolie blonde contrôleuse. À partir de la page quatre-vingt-dix, plus de traits au stylo dans mon livre, ce qui laisse à penser que le sieur Biolley n’a pas été plus loin. Peu avant l’arrivée à Paris, le chef de bord nous annonce quelques soucis sur la ligne Treize du métro. J’opte pour la Douze, ce qui fait beaucoup marcher dans les couloirs, même si le tapis roulant aide bien.
Je réussis à m’asseoir dans une rame chargée où il fait une chaleur éprouvante. Je retrouve cette même chaleur dans la Gare Saint-Lazare où je dois patienter pour enfin terminer mon voyage avec le train Nomad de dix-neuf heures quarante.
Il arrive du Havre et repart dans l’autre sens à l’heure mais il se traîne dans la nuit noire. Nous arrivons avec quinze minutes de retard. La faute à un « train de marchandises » devant nous. C’est l’explication, très normande, du chef de bord.



