Le Journal de Michel Perdrial
Le Journal de Michel Perdrial



Loïc Boyer
Je suis l’auteur de textes courts qui furent publiés depuis mil neuf cent quatre-vingt-quinze dans des revues littéraires en France (Supérieur Inconnu, Supplément d’Ame, Nouvelle Donne, Le Bord de l’Eau, Pris de Peur, l’Art du Bref, Sol’Air, Gros Textes, Salmigondis, Verso, Décharge, Bulle, Filigranes, Diérèse, Martobre, Comme ça et Autrement, (Cahier d’) Ecritures, La Nef des Fous), en Belgique (Traversées, Ecrits Vains, L’Arbre à Plumes, Inédit Nouveau, Bleu d’Encre), au Canada (Les Saisons Littéraires) et en Italie (Les Cahiers du Ru).
Les courageuses Editions du Chardon ont publié en mil neuf cent quatre-vingt-dix-neuf Erotica, un recueil de vingt-huit de ces textes, illustré par Isabelle Pio et Antoine Lopez et préfacé par Sarane Alexandrian, toujours disponible auprès de moi.
Je suis également l’auteur d’une pièce de théâtre et de plusieurs romans ou récits à ce jour inédits.
Depuis le onze novembre deux mille six, je publie mon Journal via Internet, un temps sous-titré Persiflages, moquages et autres énervages mâtinés de complimentages et de contentages. Sa première partie est lisible chez Eklablog, la deuxième ici.
Je vis au centre de Rouen dans un ancien monastère où autrefois les Sœurs de la Miséricorde se vouaient à l’éducation des jeunes filles.







Rss

Après ma lecture d’Hollie McNish pendant la canicule

14 juillet 2026


Sur France Culture, le samedi vingt-trois septembre deux mille vingt-trois, Manou Farine a dialogué en français pendant une demi-heure avec Hollie McNish dans Poésie et ainsi de suite, une émission titrée Hollie McNish, sa vie mode d'emploi puis le samedi vingt-sept septembre deux mille vingt-cinq, dans Samedi fiction, des comédiennes ont lu des textes d’elle pendant une heure, textes tirés de Je souhaite seulement que tu fasses quelque chose de toi. Deux émissions que j’ai mises à disposition des oreilles de mes ami(e)s du réseau social Effe Bé (dans l’indifférence générale). Si j’avais été à l’écoute, j’aurais découvert Hollie avant que le hasard ne me propose son livre à un euro chez Book-Off.
Quelques prélèvements :
dans le bureau du dirlo
il a dit / que ma jupe / déconcentrait / les gars / portez-là / sous le genou / longueur légale / comme une nonne / j’ai dit : / certains / garçons / ont des / pantalons / si moulants / monsieur / que je vois / presque / la forme / de leur / bite / et pourtant j’arrive quand même à obtenir de bonnes notes.
mise à jour de la honte
si nous voulons sauver la planète
peut-être faudrait-il nous demander :
la vierge qui se rafraîchit
avec de l’eau en bouteille
est-elle toujours plus sainte
que la pute
qui remplit une gourde ?
quand je serai morte est-ce que vous allez enfin fermer vos gueules ? (court extrait)
quand j’étais jeune fille
mon ami a dit à tout le monde qu’il
m’avait niquée avec ses doigts dans le jardin
pendant une fête à la maison ce week-end
alors qu’en réalité il pleurait
à cause d’un problème dans sa famille
il s’est excusé au lycée
j’ai accepté de ne pas dire la vérité
nous sommes restés des amis proches
conte d’hiver
(à tous ceux qui adorent quand il neige)
comme les empreintes des doigts
et l’apparence des chattes
il n’y a pas deux flocons de neige qui soient les mêmes
S’habiller (court extrait)
Le monde animal, m’a fait remarquer Helen Mort, mon éditrice, a été divisé selon une classification binaire qui vaut pour l’habillement humain : les prédateurs pour les petites personnes ayant un pénis, les proies pour les petites personnes ayant une vulve.
À propos des enfants qui vous demandent de marcher trois mètres devant eux (court extrait)
À présent, me voilà debout devant les portes de l’école, à regarder les enfants rejoindre leurs mères - principalement des mères avec quelques pères et grands-parents et gardes d’enfants, mais surtout des mères. Je les observe : des mères qui ont couru, je le sais, sortant tout juste d’un énième examen de l’utérus ; des mères qui ont passé la matinée à se faire rabaisser par leur patron parce qu’elles bossent à temps partiel ; des mères qui prennent leur courage à deux mains pour demander à bénéficier d’horaires à la carte ; des mères qui ont abandonné leurs projets de carrière, leur indépendance financière et leur corps, ces corps qui fonctionnaient bien mieux avant que maintenant ; des mères qui dans certains cas semblent avoir oublié que personne ne leur interdit de laisser leurs enfants de temps à autre pour sortir ; des mères qui semblent ne plus avoir de prénom.
Devenir une femme (court extrait)
Quand j’ai commencé à lire des poèmes en public, à l’orée de ma trentaine, le premier article en ligne qui a parlé de moi m’a qualifiée de poète féministe. J’ai failli vomir. Je leur ai demandé de retirer ce mot.  (…)
Cela m’a pris quelques années de plus, et l’amitié de Sabrina Mahfouz et Deanna Rodger en particulier, pour réaliser que je devais me débarrasser de cette honte. Donc oui, ça passe si quelqu’un me qualifie de féministe.
                                                                 *
Je n’ai pas lu Hollie au lit.