Cette fin d’année scolaire marque le vingtième anniversaire de mon départ à la retraite. Un anniversaire que je fête avec discrétion. Il n’est pas toujours bien vu de dire que l’on a cessé de travailler à l’âge de cinquante-cinq ans. Ce qui n’est plus possible pour les professeurs des écoles (la faute à Jospin). On passe pour un privilégié. Ce « privilège » était censé compenser un salaire qui laisse à désirer.
C’est une des raisons qui faisait que l’on devenait instituteur. L’autre étant le « privilège » d’avoir de longues vacances (lesquelles sont grignotées petit à petit). À celles et ceux qui me jalousent d’avoir cesser de travailler si tôt, je réponds sur ce que je répondais à celles et ceux qui me jalousaient d’être si souvent en vacances (ce sont les mêmes) : « Que n’as-tu fait comme moi ? » Il suffisait d’avoir le bac pour passer le concours d’entrée à l’École Normale ou, après avoir été instituteur remplaçant, être automatiquement titularisé.
Il m’arrive toujours, au bout de vingt ans, de rêver que je suis encore instituteur. Souvent, ce rêve me met dans des situations angoissantes. Par exemple : en sortie scolaire, je m’aperçois que j’ai perdu un de mes élèves.
Vingt ans de retraite, ça se fête intérieurement. Pourtant, ce n’est pas la joie. Cela se paie cher : de cette horreur nommée la vieillesse.
C’est une des raisons qui faisait que l’on devenait instituteur. L’autre étant le « privilège » d’avoir de longues vacances (lesquelles sont grignotées petit à petit). À celles et ceux qui me jalousent d’avoir cesser de travailler si tôt, je réponds sur ce que je répondais à celles et ceux qui me jalousaient d’être si souvent en vacances (ce sont les mêmes) : « Que n’as-tu fait comme moi ? » Il suffisait d’avoir le bac pour passer le concours d’entrée à l’École Normale ou, après avoir été instituteur remplaçant, être automatiquement titularisé.
Il m’arrive toujours, au bout de vingt ans, de rêver que je suis encore instituteur. Souvent, ce rêve me met dans des situations angoissantes. Par exemple : en sortie scolaire, je m’aperçois que j’ai perdu un de mes élèves.
Vingt ans de retraite, ça se fête intérieurement. Pourtant, ce n’est pas la joie. Cela se paie cher : de cette horreur nommée la vieillesse.



