Le Journal de Michel Perdrial
Le Journal de Michel Perdrial



Loïc Boyer
Je suis l’auteur de textes courts qui furent publiés depuis mil neuf cent quatre-vingt-quinze dans des revues littéraires en France (Supérieur Inconnu, Supplément d’Ame, Nouvelle Donne, Le Bord de l’Eau, Pris de Peur, l’Art du Bref, Sol’Air, Gros Textes, Salmigondis, Verso, Décharge, Bulle, Filigranes, Diérèse, Martobre, Comme ça et Autrement, (Cahier d’) Ecritures, La Nef des Fous), en Belgique (Traversées, Ecrits Vains, L’Arbre à Plumes, Inédit Nouveau, Bleu d’Encre), au Canada (Les Saisons Littéraires) et en Italie (Les Cahiers du Ru).
Les courageuses Editions du Chardon ont publié en mil neuf cent quatre-vingt-dix-neuf Erotica, un recueil de vingt-huit de ces textes, illustré par Isabelle Pio et Antoine Lopez et préfacé par Sarane Alexandrian, toujours disponible auprès de moi.
Je suis également l’auteur d’une pièce de théâtre et de plusieurs romans ou récits à ce jour inédits.
Depuis le onze novembre deux mille six, je publie mon Journal via Internet, un temps sous-titré Persiflages, moquages et autres énervages mâtinés de complimentages et de contentages. Sa première partie est lisible chez Eklablog, la deuxième ici.
Je vis au centre de Rouen dans un ancien monastère où autrefois les Sœurs de la Miséricorde se vouaient à l’éducation des jeunes filles.







Rss

Vingtième anniversaire

4 juillet 2026


Cette fin d’année scolaire marque le vingtième anniversaire de mon départ à la retraite. Un anniversaire que je fête avec discrétion. Il n’est pas toujours bien vu de dire que l’on a cessé de travailler à l’âge de cinquante-cinq ans. Ce qui n’est plus possible pour les professeurs des écoles (la faute à Jospin). On passe pour un privilégié. Ce « privilège » était censé compenser un salaire qui laisse à désirer.
C’est une des raisons qui faisait que l’on devenait instituteur. L’autre étant le « privilège » d’avoir de longues vacances (lesquelles sont grignotées petit à petit). À celles et ceux qui me jalousent d’avoir cesser de travailler si tôt, je réponds sur ce que je répondais à celles et ceux qui me jalousaient d’être si souvent en vacances (ce sont les mêmes) : « Que n’as-tu fait comme moi ? » Il suffisait d’avoir le bac pour passer le concours d’entrée à l’École Normale ou, après avoir été instituteur remplaçant, être automatiquement titularisé.
Il m’arrive toujours, au bout de vingt ans, de rêver que je suis encore instituteur. Souvent, ce rêve me met dans des situations angoissantes. Par exemple : en sortie scolaire, je m’aperçois que j’ai perdu un de mes élèves.
Vingt ans de retraite, ça se fête intérieurement. Pourtant, ce n’est pas la joie. Cela se paie cher : de cette horreur nommée la vieillesse.