Un orage mardi soir à Rouen comme à Paris, un autre annoncé pour mercredi soir à Paris comme à Rouen. Entre les deux, une belle journée pour mon escapade du mercredi. Dans le train de sept heures vingt-six, je reprends On s’est déjà vu quelque part ? de Nuala O’Faolain, tandis que dans le carré le plus proche une mère joue bruyamment aux cartes avec ses deux filles et qu’outre couloir un enrhumé à grosses jambes poilues ne cesse de se moucher.
C’est encore le mois d’août à Paris, peu de monde dans le bus Vingt-Neuf. J’y suis même le seul passager lorsque je descends à Bastille Beaumarchais.
Tous les livres d’Émile sont sur table lorsque j’arrive au Marché d’Aligre mais aucun ne peut me convenir.
Je marche jusqu’au boulevard Voltaire et entre chez Re-Read peu après l’ouverture. Je montre mes six livres légers à la séduisante employée. Elle en refuse un et me donne un euro soixante-quinze pour les autres. Je fais le tour de la boutique. Rien pour moi.
Je prends l’air frais sur un banc puis retourne à Ledru-Rollin où j’attends le lever de rideau de Book-Off. « Je suis au truc des livres », déclare au téléphone une qui est représentative de la clientèle du jour. Pour parfaire mon humeur maussade, je ressors sans le moindre livre.
La gentille serveuse est de retour chez Au Diable des Lombards, vêtue d’un dos nu. Cela me permet de constater qu’elle est tatouée, hélas. Je déjeune d’un croustillant de poulet curry et d’un magret de canard pommes sautées.
Quelques nuages d’orage sont visibles à l’horizon lorsque je rejoins le Book-Off de la rue Saint-Martin. Bien sûr, il fait toujours trop chaud dans son sous-sol. Je fais vite et remonte avec seulement deux livres à un euro : De la musique de Jacques Drillon (Gallimard) et Tout pour l’amour, récits érotiques chinois traduits et présentés par André Lévy (Picquier poche).
Je rejoins Chez Vigouroux pour un café lecture à trente mètres de l’entrée du métro Sainte Opportune. Je suis prêt à y plonger si dans le ciel cela tourne mal. À ma gauche, deux artistes terminent de déjeuner. Ils parlent d’un spectacle à Tatihou. Quand l’un se lève pour payer, l’autre lui dit « Laisse, on va mettre ça sur le compte de Mélusine ». Cette fée a bon dos.
Cela tient côté ciel et ma lecture se poursuit tranquillement. Nuala O’Faolain vieillissant, ce qu’elle raconte est moins palpitant : alcool et solitude.
C’est dans le train de seize heures quarante que je lis la postface où elle raconte comment ont été reçues ses confessions familiales lors de leur parution en Irlande. Devant moi, une mère avec son sept huit ans. Un agité dont elle ne s’occupe pas, préférant se tripoter le smartphone.
Supportons, supportons, ces nombreux cornichons, comme aurait pu dire Noël Godin, dit Le Gloupier, dit L’Entartreur, mort ce dimanche à l’âge de quatre-vingts ans.
C’est encore le mois d’août à Paris, peu de monde dans le bus Vingt-Neuf. J’y suis même le seul passager lorsque je descends à Bastille Beaumarchais.
Tous les livres d’Émile sont sur table lorsque j’arrive au Marché d’Aligre mais aucun ne peut me convenir.
Je marche jusqu’au boulevard Voltaire et entre chez Re-Read peu après l’ouverture. Je montre mes six livres légers à la séduisante employée. Elle en refuse un et me donne un euro soixante-quinze pour les autres. Je fais le tour de la boutique. Rien pour moi.
Je prends l’air frais sur un banc puis retourne à Ledru-Rollin où j’attends le lever de rideau de Book-Off. « Je suis au truc des livres », déclare au téléphone une qui est représentative de la clientèle du jour. Pour parfaire mon humeur maussade, je ressors sans le moindre livre.
La gentille serveuse est de retour chez Au Diable des Lombards, vêtue d’un dos nu. Cela me permet de constater qu’elle est tatouée, hélas. Je déjeune d’un croustillant de poulet curry et d’un magret de canard pommes sautées.
Quelques nuages d’orage sont visibles à l’horizon lorsque je rejoins le Book-Off de la rue Saint-Martin. Bien sûr, il fait toujours trop chaud dans son sous-sol. Je fais vite et remonte avec seulement deux livres à un euro : De la musique de Jacques Drillon (Gallimard) et Tout pour l’amour, récits érotiques chinois traduits et présentés par André Lévy (Picquier poche).
Je rejoins Chez Vigouroux pour un café lecture à trente mètres de l’entrée du métro Sainte Opportune. Je suis prêt à y plonger si dans le ciel cela tourne mal. À ma gauche, deux artistes terminent de déjeuner. Ils parlent d’un spectacle à Tatihou. Quand l’un se lève pour payer, l’autre lui dit « Laisse, on va mettre ça sur le compte de Mélusine ». Cette fée a bon dos.
Cela tient côté ciel et ma lecture se poursuit tranquillement. Nuala O’Faolain vieillissant, ce qu’elle raconte est moins palpitant : alcool et solitude.
C’est dans le train de seize heures quarante que je lis la postface où elle raconte comment ont été reçues ses confessions familiales lors de leur parution en Irlande. Devant moi, une mère avec son sept huit ans. Un agité dont elle ne s’occupe pas, préférant se tripoter le smartphone.
Supportons, supportons, ces nombreux cornichons, comme aurait pu dire Noël Godin, dit Le Gloupier, dit L’Entartreur, mort ce dimanche à l’âge de quatre-vingts ans.



