Le Journal de Michel Perdrial
Le Journal de Michel Perdrial



Loïc Boyer
Je suis l’auteur de textes courts qui furent publiés depuis mil neuf cent quatre-vingt-quinze dans des revues littéraires en France (Supérieur Inconnu, Supplément d’Ame, Nouvelle Donne, Le Bord de l’Eau, Pris de Peur, l’Art du Bref, Sol’Air, Gros Textes, Salmigondis, Verso, Décharge, Bulle, Filigranes, Diérèse, Martobre, Comme ça et Autrement, (Cahier d’) Ecritures, La Nef des Fous), en Belgique (Traversées, Ecrits Vains, L’Arbre à Plumes, Inédit Nouveau, Bleu d’Encre), au Canada (Les Saisons Littéraires) et en Italie (Les Cahiers du Ru).
Les courageuses Editions du Chardon ont publié en mil neuf cent quatre-vingt-dix-neuf Erotica, un recueil de vingt-huit de ces textes, illustré par Isabelle Pio et Antoine Lopez et préfacé par Sarane Alexandrian, toujours disponible auprès de moi.
Je suis également l’auteur d’une pièce de théâtre et de plusieurs romans ou récits à ce jour inédits.
Depuis le onze novembre deux mille six, je publie mon Journal via Internet, un temps sous-titré Persiflages, moquages et autres énervages mâtinés de complimentages et de contentages. Sa première partie est lisible chez Eklablog, la deuxième ici.
Je vis au centre de Rouen dans un ancien monastère où autrefois les Sœurs de la Miséricorde se vouaient à l’éducation des jeunes filles.







Rss

Donnons la parole à l’un au bourg

26 avril 2024


Maintenant que je suis rentré à Rouen, il est urgent que je donne la parole à l’un au bourg qui se fait appeler Le Major ou Play With Cathedral.
Ça commence le seize avril, par un mail qu’il m’envoie, intitulé « info » : « Vu sur Instagram. Ne me remerciez pas, en vous informant je fais juste mon travail de citoyen. La solidarité entre rouennais doit être sans faille. Bon courage! ». En lien, dû à lui-même, un nouveau montage photo grossier me montrant encore collant une affiche pour Macron, sur un panneau municipal cette fois.
Puis le dix-sept avril, nouveau mail intitulé « ben oui » qui reprend un extrait de mon Journal : « ... Un montage dû à un bricoleur qui s’est assis un jour sur la flèche de la Cathédrale et n’en a plus bougé (au point que la pointe a fini par atteindre son cerveau).... Je suis le dernier avec qui il faut s'amuser. A chaque mot de travers sur mon compte répondra un nouveau montage que le net avalera et diffusera. Sans compter que pour le moment je n'ai pas remplacé l'affiche et ce n'est pas le choix qui manque. Bonnes vacances. »
Puis le même jour, nouveau mail intitulé « Archives bien tenues, retour obtenu » une copie d’écran de la première partie de mon Journal (publiée chez Eklablog) en date du dix décembre deux mille douze, texte à lui consacré et intitulé Au quart d’heure de célébrité de Play With Cathedral.
Puis le dix-neuf avril, nouveau mail intitulé « Dernier message promis juré craché. Sinon, en Enfer! », trop long pour j’en donne l’intégralité, extrait : « Voilà, une fois tous ces éléments mis à plat, ce qui vous met théoriquement (?) à l'abri de toutes traîtrises de ma part, nous pouvons nous ignorer mutuellement jusqu'à ce que mort s'en suive. On verra bien qui de nous gagnera en premier le repos éternel (je suis de 53) mais sans vouloir être désagréable ou offensant, je n'ai pas consulté, pour ma part, de généraliste depuis presque 3 ans. A tel point qu'épuisé de m'attendre, ce salaud est parti en retraite. Comme dit mon épicier, "Faut faire avec" même si là c'est plutôt sans. Bonne fin de vacances et méfiez vous du vent, à nos âges les ennuis arrivent vite. »
Puis le vingt avril, nouveau mail intitulé « oubli! » : « Je suis bête! J'ai oublié de vous dire que si vous aviez l'envie ou le besoin de créer un compte Instagram c'est pour ma part sous ce nom de PWC et non Le Major. Allez, je file... »
Puis le vingt et un avril, nouveau mail intitulé « Vous relancez la mise? Bonne idée! » après que j’ai écrit dans mon Journal Cette histoire de Vincent, ça donnerait des idées, mais il y a longtemps que j’ai jeté le livre dédicacé de celui auquel je pense. et qu’il a lu ça comme si obligatoirement il s’agissait du livre signé Alain Aubourg : « Vous? Jeter un livre? Alors qu'il peut rapporter 0.50 ou 1€? Vous n'êtes pas du genre à passer à coté d'une telle affaire! Un sou c'est un sou! D'autant qu'avec la vie dispendieuse que vous menez (restaurants, pensions de vacances qui s'ajoutent au loyer courant de votre monastère, transports à gogo...) vous ne pouvez vous permettre de louper la moindre occasion de rentrée d'argent. Votre idée de petite vacherie glissée en douce dans votre dernier billet m'en a donné une autre. D'autant que je suis prêt avec un nouveau montage qui devrait au minimum vous faire criser et, au maximum, Criser. Alors, petite phrase contre morceau de montage, je trouve ce troc très amusant. Au bout d'un certain nombre d'échanges dont je déciderais arbitrairement la quantité (je suis l'offensé, c'est mon privilège), je publierais le puzzle reconstitué un peu partout sur la toile (internet). Cela vous va comme jeu? Je n'ai aucunement besoin de votre réponse; je me contenterais de m'imposer la pénible lecture de vos états d'âme dans lesquels vous avez pour habitude de distiller votre fiel comme on cracherait une glaire sur les pompes d'un quidam. Considérez moi comme un modeste morceau de votre karma. D'autant qu'encore fumeur de divers trucs je ne vous dit pas comme j'ai les poumons encombrés. »
Puis le même jour, nouveau mail intitulé « encore un oubli » : « Ah! Je n'ai pas la tête aussi bien faite que la votre. D'où les oublis. Donc, je suis bipolaire, tout peut basculer en tous sens, à tous moments. Particularité qui présente au moins l'avantage de période UP par rapport à des personnes normales continuellement DOWN. »
Puis le vingt-deux avril, nouveau mail extrêmement long intitulé « Suite de luxe », extraits : « Vous auriez tort de ne faire simplement que vous amuser de cette petite histoire qui s'écrit à deux (moi aussi je vis seul et pratique la masturbation – ça retarde les ennuis de prostate et évacue des tensions). Car en fait je peux publier ce que je veux, quand je veux, à propos de qui je veux et surtout sans aucun prétexte. Vive la presse libre ! D'autant que vous partez avec un handicap sérieux qui est la réputation que vous vous êtes taillée dans cette ville, et peut-être ailleurs ?  En effet si par exemple demain je mets en ligne un montage vous ridiculisant ou vous mettant dans une situation compliquée par rapport à vos convictions (que j’ai du mal à cerner), qui à Rouen viendra se plaindre que Perdrial galope sur internet en faisant rire tout le monde ? Qui m’en voudra à part vous ? Si je sortais un peu de chez moi ou si j'étais un peu mondain, je suis certain que j'aurai en retour de cette publication quelques encouragements ou félicitations : « Putain ! tu y as claqué la gueule c'est cool ! ». (…) Donc oui je suis une tête de con, guilty, mais une tête de con souvent sympathique, voire drôle à l’occasion, toujours actif et bourré de compétences. Alors que de votre côté si je peux me permettre sans vouloir trop vous offenser, vous êtes une tête de con tout court. Ah ! Ce jour où au Son du Cor je suis allé vers vous en terrasse vous saluer et vous proposer de m’assoir à votre table pour prendre un café. Je n’avais pas remarqué que vous étiez connecté en ligne direct à la banquise, ce qui m’a valu une réponse -30° centigrade dans la gueule : « JE SUIS EN TRAIN DE LIRE ». Quand j’y repense je mets toujours une petite laine. Vous voyez, je ne brode pas sur des ragots dont je me tape, j’ai mes propres expériences de vous. Et je lis votre difficile parcours de fin de vie. (…) En conclusion : Ne jouez pas au plus fin. On discute, enfin moi surtout, et la mer pour l’instant est calme. Il ne tient qu’à vous que la houle se creuse. Merci également de noter que j’ai des cartes cachées, des stratégies diverses selon la nature du terrain et que si je suis un piètre joueur de poker, je suis en revanche un excellent joueur de Go. PS: Et puis matez les jeunes femmes si vous voulez mais ne l'écrivez pas, ça fait mauvais genre. »
Puis le même jour, trois nouveaux mails montrant des détails d’un futur nouveau montage photo destiné à me dénigrer, accompagnés de ceci : « Je piaffe d'impatience et espère une bêtise, un écart de votre part. Pensez aussi à ouvrir un dossier intitulé "Harcèlement/PWC/Major/ piècesàconviction etdiversdocumentstome1 +annotations" et faites bien toutes les copies nécessaires. Pour vous lire je vous sais procédurier même pour des gains ridicules. J'en ai ouvert un de mon coté (informatique pour ma part, je vis avec mon temps) que j'ai nommé sobrement "MP"; rien de procédurier pour ma part; juste un dossier que j'ouvre quand j'ai envie de me marrer ou pour extraire un original photo pour vous charcuter (c'est une image). »
Puis le vingt-trois avril, nouveau mail intitulé « nokidforme » avec un photo montage consécutif à mon propos avoir un enfant nuit gravement au niveau intellectuel. Rien de méchant, cela pourrait même me faire sourire si ça ne venait pas de lui.
Puis le vingt-quatre avril, nouveau mail intitulé « Lettre de Papa » dans lequel il vante sa paternité et sa descendance, et qui s’achève par « Je lis toujours avec tristesse vos sales réflexions sur les parents devenus subitement cons ou bien gâteux. Aussi vos écrits à propos d'enfants que vous jugez insupportables pour ne pas dire quasi-mongoliens. Dans votre monde donc il n'existe que ça, que cette population d'abrutis pourvus d'enfants plus ou moins abrutis. Vous ne voyez rien d'autre. »
Puis le vingt-cinq avril, nouveau mail intitulé « Tais-toi! Tu déranges le monsieur... », contenant un bout d’article que je n’ai pas lu.
                                                                           *
Peu m’importe d’être l’objet des montages photos d’Alain Aubourg. Ce qui m’ennuie c’est quand d’aucuns, peu méfiants, y voient une image de la réalité vraie. Alors que ce sont des défèque-niouzes qui, en tant que tels, ne portent tort qu’à celui qui les produit.
S’en prendre aux photos des personnes, manipuler leur image pour les enlaidir ou les ridiculiser, une vieille pratique de l’extrême droite et d’une certaine extrême gauche adepte du totalitarisme.
                                                                           *
Je n’ai répondu à aucun de ces mails (quatorze en dix jours) mais je ne prends pas à la légère ce harcèlement et les menaces à demi-mots que contiennent certains des messages. Ce pourquoi je les rends publics, avant d’aller prochainement déposer une main courante contre leur auteur au Commissariat qui porte le nom de la rue où il habite.