Le Journal de Michel Perdrial
Le Journal de Michel Perdrial



Loïc Boyer
Je suis l’auteur de textes courts qui furent publiés depuis mil neuf cent quatre-vingt-quinze dans des revues littéraires en France (Supérieur Inconnu, Supplément d’Ame, Nouvelle Donne, Le Bord de l’Eau, Pris de Peur, l’Art du Bref, Sol’Air, Gros Textes, Salmigondis, Verso, Décharge, Bulle, Filigranes, Diérèse, Martobre, Comme ça et Autrement, (Cahier d’) Ecritures, La Nef des Fous), en Belgique (Traversées, Ecrits Vains, L’Arbre à Plumes, Inédit Nouveau, Bleu d’Encre), au Canada (Les Saisons Littéraires) et en Italie (Les Cahiers du Ru).
Les courageuses Editions du Chardon ont publié en mil neuf cent quatre-vingt-dix-neuf Erotica, un recueil de vingt-huit de ces textes, illustré par Isabelle Pio et Antoine Lopez et préfacé par Sarane Alexandrian, toujours disponible auprès de moi.
Je suis également l’auteur d’une pièce de théâtre et de plusieurs romans ou récits à ce jour inédits.
Depuis le onze novembre deux mille six, je publie mon Journal via Internet, un temps sous-titré Persiflages, moquages et autres énervages mâtinés de complimentages et de contentages. Sa première partie est lisible chez Eklablog, la deuxième ici.
Je vis au centre de Rouen dans un ancien monastère où autrefois les Sœurs de la Miséricorde se vouaient à l’éducation des jeunes filles.







Rss

La chute de Rakuten France

28 août 2026


« Une page se tourne pour Rakuten France : Conformément à l’article 11.1 "Résiliation" de nos Conditions Générales d’Utilisation (les "CGU"), nous vous informons de l’arrêt définitif de nos services de mise en relation entre acheteurs et vendeurs sur notre plateforme, et par conséquent de l’impossibilité d’y effectuer des ventes ou des achats auprès de vendeurs, tant professionnels que non-professionnels, à compter du 30 septembre 2026, 23h59. » Tel est le message que j’ai reçu il y a quelque temps.
Cette page qui se tourne est en réalité un livre qui se ferme, un dépôt de bilan, la faillite de la branche française de Rakuten, maison japonaise.
En vingt ans de présence sur ce site (Price Minister puis Rakuten), j’aurai acheté quelques dizaines de livres et j’en aurai vendu presque dix mille. À l’heure de la fermeture, il m’en reste environ mille huit cents à vendre. C’est dire que ça ne m’arrange pas.
L’une de mes dernières lectures sur le banc du jardin est Des bibliothèques pleines de fantômes de Jacques Bonnet. Il y évoque les rapports étranges entre le bibliomane et ses milliers de livres : Les mêmes rapports qu’entre le jardinier et une plante grimpante envahissante : la plante se développe d’elle-même d’une manière invisible à l’œil nu mais avec un progrès néanmoins constatable au bout de quelques semaines ; l’homme, à moins de la couper, ne pouvant qu’indiquer la direction qu’il souhaite lui voir prendre. (…) Nous avons choisi ses thèmes et ses axes de développement mais ne pouvons qu’observer qu’elle a envahi tous les murs de la pièce, grimpé jusqu’au plafond, annexé une à une les autres pièces en expulsant tout ce qui la dérange.
À quelque chose malheur est bon, comme dit Madame Michu. L’hiver prochain sera pour moi celui de ma reprise de pouvoir, sécateur en main, sur la plante grimpante envahissante.
                                                             *
Il se passe parfois quelque chose à Rouen. Quatre petites bibliothèques de quartier : Capucins, Saint-Sever, Grand Mare et Châtelet ont été rebaptisées. Elles portent désormais des noms de femmes : Amélie Bosquet, Aretha Franklin, Madeleine Riffaud et Emilie du Châtelet.
Emilie du Châtelet (ah ah ah). Dommage qu’on n’ait pas eu en réserve pour les deux premières une Capucine et une Sévère. Pour la Grand Mare, on avait bien une Marie-Andrée à la Mairie mais elle n’habite pas le quartier.