Le Journal de Michel Perdrial
Le Journal de Michel Perdrial



Loïc Boyer
Je suis l’auteur de textes courts qui furent publiés depuis mil neuf cent quatre-vingt-quinze dans des revues littéraires en France (Supérieur Inconnu, Supplément d’Ame, Nouvelle Donne, Le Bord de l’Eau, Pris de Peur, l’Art du Bref, Sol’Air, Gros Textes, Salmigondis, Verso, Décharge, Bulle, Filigranes, Diérèse, Martobre, Comme ça et Autrement, (Cahier d’) Ecritures, La Nef des Fous), en Belgique (Traversées, Ecrits Vains, L’Arbre à Plumes, Inédit Nouveau, Bleu d’Encre), au Canada (Les Saisons Littéraires) et en Italie (Les Cahiers du Ru).
Les courageuses Editions du Chardon ont publié en mil neuf cent quatre-vingt-dix-neuf Erotica, un recueil de vingt-huit de ces textes, illustré par Isabelle Pio et Antoine Lopez et préfacé par Sarane Alexandrian, toujours disponible auprès de moi.
Je suis également l’auteur d’une pièce de théâtre et de plusieurs romans ou récits à ce jour inédits.
Depuis le onze novembre deux mille six, je publie mon Journal via Internet, un temps sous-titré Persiflages, moquages et autres énervages mâtinés de complimentages et de contentages. Sa première partie est lisible chez Eklablog, la deuxième ici.
Je vis au centre de Rouen dans un ancien monastère où autrefois les Sœurs de la Miséricorde se vouaient à l’éducation des jeunes filles.







Rss

Lanceur d’alerte

23 décembre 2022


Ma lecture de train et de café lors de mon dernier mercredi parisien : Une éducation polonaise de Louis Begley dans la collection Les Cahiers Rouges de chez Grasset. L’auteur y narre sous forme romancée sa vie d’enfant juif caché à Varsovie au temps des nazis, protégé qu’il fut notamment par Zosia, la jeune fille chargée de sa garde.
J’alerte sur ce qu’on y lit page trente-huit :
Mais j’étais un grand garçon maintenant et, avec elle, je ne serais jamais seul. Je lui répondais que j’avais encore peur et tirait sur sa chemise de nuit pour être encore plus étroitement en contact avec elle, pour être en quelque sorte à l’intérieur de son odeur et de sa chaleur. Elle se mettait à rire. J’étais un petit coquin et je devais apprendre à me bien tenir. Mais, en attendant, elle me faisait des chatouilles jusqu’à ce que je sois convaincu que le géant ne viendrait pas cette nuit-là, et cela marcha si bien que nous tombâmes d’accord : désormais, quand j’irais dans son lit, elle remonterait sa chemise ou me laisserait me couler dessous et je pourrais la toucher autant que j’en avais envie si je promettais de ne jamais la chatouiller. Elle, en revanche, pourrait me chatouiller autant qu’elle le voulait. Nous respectâmes ce pacte. Souvent, après qu’elle s’était endormie, je restais très tranquille, les yeux fermés, et je passais les mains sur ses seins et sur son ventre. Ses fesses nues étaient appuyées sur mes jambes. Mon cœur battait très fort…
Sans doute cette jeune fille faisait-elle semblant de dormir. Quel modèle elle donne à celles qui pourraient tomber sur ce livre et sont aujourd’hui gardeuses de jeunes garçons. Le risque existe qu’à son exemple elles se livrent à de troubles jeux avec les enfants à elles confiés.
Cette Zosia n’est plus là pour répondre de ses actes répréhensibles mais Louis Begley est encore vivant, âgé de quatre-vingt-neuf ans. Qu’attend Innocence en Danger (organisation qui a pignon avenue des Champs-Elysées) pour demander à la justice de faire interdire Une éducation polonaise et condamner son éditeur français Grasset ?
Comme elle vient de demander l’interdiction des livres Petit Paul, Les Melons de la Colère et La décharge mentale de Bastien Vivès pour des faits imaginés et la condamnation de ceux qui les ont édités, Glénat et Les Requins Marteaux.
Les Melons de la Colère et La décharge mentale, deux livres que je me procure ce jeudi matin chez Au Grand Nulle Part (j’avais déjà Petit Paul, acheté lors des précédents ennuis du bédéiste). Les deux sympathiques gérants de cette librairie spécialisée ne pensent pas que cette plainte puisse aboutir. D’abord il n’y a pas de quoi et puis ce sont des titres sortis il y a longtemps. Je n’en suis pas si sûr, le climat étant devenu si malsain.
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Apparenter l’enfance et l’innocence, faut-il être niais.