Au Diable des Lombards, je me restaure ce premier mercredi de février ensoleillé de grosses crevettes mayonnaise et d’un cordon bleu maison sauce normande purée puis je vais à la pêche aux livres à un euro dans le sous-sol du Book-Off de Saint-Martin.
J’en remonte avec dans mon panier Iotékha’ de Robert Lalonde (Boréal Compact), Dans la nuit de Bicêtre de Marie Didier (L’un et l’autre Gallimard), Françoise Frenkel, portrait d’une inconnue de Corine Defrance (L’Arbalète Gallimard) doté d’un envoi de l’auteure « Pour Olivia de Fournas, ce récit de la vie d’une femme à travers l’Europe. Bonne lecture ! », Honoré de Balzac de Pierre Sipriot (L’Archipel) je voulais lire sa bio depuis ma relecture de Lettres à Madame Hanska l’année dernière, La Reine du silence de Marie Nimier (Folio), la fille de Roger, en course pour les Municipales de Val-de-Reuil, y évoque son père, et Sur les pas des Allemands et des Autrichiens en exil à Sanary, 1933 – 1945 édité par la Ville de Sanary-sur-Mer, un livre qui m’aurait été utile lorsque je parcourais les rues de cette ville à la recherche des villas les ayant abrités, Sanary dont il est question en boucle sur les chaînes d’info depuis qu’hier un collégien a poignardé sa prof d’arts plastiques.
Je rejoins L’Opportun et La Boîte verte de Michel Walberg, lui aussi souvent dans les cafés où Trônent, mafflus, pansus, les Assis, renouvelant à intervalles métronomiques le gros rouge des ballons où ils se mirent. Celui-ci a la bouche tordue, presque dans la joue, et une jambe de bois. Celui-là le nez et les joues couverts d’efflorescences, et le cheveu rare et roux. Un autre plonge la courbure de son nez dans l’écume d’un demi. Une femme entre deux âges et deux vins rognonne au coin d’une table. L’Opportun est moins pittoresque. A cette heure, on n’y boit que du café. Le serveur est tout réjoui car à midi, il avait déjà quinze euros de tips grâce aux touristes étrangers. « Deux petits-déjeuners, ça fait dix-sept euros. Ils te donnent vingt euros. Ils te disent de garder le reste. » Une femme entre qui veut « manger gratuit ». « Ah non ! Pas gratuit. Au revoir Madame. » Le cuisinier et lui se demandent pourquoi ne revient pas celui qui a oublié son sac à dos noir avec dedans un ordinateur. Mon voisin lit aussi, une biographie de Pissarro.
A la Gare Saint-Lazare, où j’attends le seize heures quarante du retour, près de moi sont deux « Africains ». L’un ouvre sa boîte verte et compte des billets de cinquante euros. « Trois fois dix ».
*
J’allais à New York à l’École française du Saint-Esprit. J’y allais, fils de surréalistes, avec Jean-Jacques Lebel, fils de surréalistes, et Aube Breton, fille du Paraclet même du surréalisme, André Breton. Il arrivait que ce fut le Paraclet même qui me conduisît à l’école ou m’en ramenât. J’ai gardé de lui l’image d’un homme plein de bontés, particulièrement s’il m’alimentait au sortir des classes de chocolats, fourrés de crème de coco, un délice pareil à son sourire. (Michel Waldberg La Boîte verte)
J’en remonte avec dans mon panier Iotékha’ de Robert Lalonde (Boréal Compact), Dans la nuit de Bicêtre de Marie Didier (L’un et l’autre Gallimard), Françoise Frenkel, portrait d’une inconnue de Corine Defrance (L’Arbalète Gallimard) doté d’un envoi de l’auteure « Pour Olivia de Fournas, ce récit de la vie d’une femme à travers l’Europe. Bonne lecture ! », Honoré de Balzac de Pierre Sipriot (L’Archipel) je voulais lire sa bio depuis ma relecture de Lettres à Madame Hanska l’année dernière, La Reine du silence de Marie Nimier (Folio), la fille de Roger, en course pour les Municipales de Val-de-Reuil, y évoque son père, et Sur les pas des Allemands et des Autrichiens en exil à Sanary, 1933 – 1945 édité par la Ville de Sanary-sur-Mer, un livre qui m’aurait été utile lorsque je parcourais les rues de cette ville à la recherche des villas les ayant abrités, Sanary dont il est question en boucle sur les chaînes d’info depuis qu’hier un collégien a poignardé sa prof d’arts plastiques.
Je rejoins L’Opportun et La Boîte verte de Michel Walberg, lui aussi souvent dans les cafés où Trônent, mafflus, pansus, les Assis, renouvelant à intervalles métronomiques le gros rouge des ballons où ils se mirent. Celui-ci a la bouche tordue, presque dans la joue, et une jambe de bois. Celui-là le nez et les joues couverts d’efflorescences, et le cheveu rare et roux. Un autre plonge la courbure de son nez dans l’écume d’un demi. Une femme entre deux âges et deux vins rognonne au coin d’une table. L’Opportun est moins pittoresque. A cette heure, on n’y boit que du café. Le serveur est tout réjoui car à midi, il avait déjà quinze euros de tips grâce aux touristes étrangers. « Deux petits-déjeuners, ça fait dix-sept euros. Ils te donnent vingt euros. Ils te disent de garder le reste. » Une femme entre qui veut « manger gratuit ». « Ah non ! Pas gratuit. Au revoir Madame. » Le cuisinier et lui se demandent pourquoi ne revient pas celui qui a oublié son sac à dos noir avec dedans un ordinateur. Mon voisin lit aussi, une biographie de Pissarro.
A la Gare Saint-Lazare, où j’attends le seize heures quarante du retour, près de moi sont deux « Africains ». L’un ouvre sa boîte verte et compte des billets de cinquante euros. « Trois fois dix ».
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J’allais à New York à l’École française du Saint-Esprit. J’y allais, fils de surréalistes, avec Jean-Jacques Lebel, fils de surréalistes, et Aube Breton, fille du Paraclet même du surréalisme, André Breton. Il arrivait que ce fut le Paraclet même qui me conduisît à l’école ou m’en ramenât. J’ai gardé de lui l’image d’un homme plein de bontés, particulièrement s’il m’alimentait au sortir des classes de chocolats, fourrés de crème de coco, un délice pareil à son sourire. (Michel Waldberg La Boîte verte)



